Société

Le faubourg dévoile ses secrets

Le Printemps Saint-Jean-Baptiste propose de découvrir les multiples facettes de ce quartier du centre-ville de Québec

Par : Matthieu Dessureault

Collé sur le touristique et patrimonial Vieux-Québec, le quartier Saint-Jean-Baptiste n’a rien à envier à son voisin. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil à la programmation du Printemps Saint-Jean-Baptiste. L’événement, organisé par la Société historique de Québec, vise à mettre en lumière l’histoire, le patrimoine et l’effervescence du quartier.

Jusqu’en juin, plusieurs initiatives sont au menu: conférences virtuelles, publications sur la page Facebook de la Société historique de Québec, concours, quiz dans le journal Le Soleil, photoreportages dans Le Journal de Québec, numéro spécial de la revue Québecensia, visite guidée (si les conditions sanitaires le permettent) et chroniques à l’émission de radio 3600 secondes d’histoire. Des élèves de l’école primaire Saint-Jean-Baptiste seront aussi mis à contribution pour produire un texte ou un dessin sur le thème «J’aime mon quartier».

«Notre programmation touche à l’histoire et au patrimoine, mais aussi aux arts et à plusieurs autres aspects de la vie du quartier. On espère stimuler une réflexion à la fois sur le passé et le futur, sur ce qu’est devenu le quartier et ce qu’il va devenir», indique Émmy Bois, responsable de la programmation et étudiante à la maîtrise en histoire.

Le Printemps Saint-Jean-Baptiste découle d’un événement semblable présenté en 2019 dans le quartier Saint-Sacrement. Interpellés par le sort incertain de l’église du Très-Saint-Sacrement, les organisateurs proposaient à l’époque plusieurs activités pour mettre en valeur l’histoire méconnue du quartier. «Pour la Société historique de Québec, il est important de sensibiliser les gens au fait que le patrimoine ne se limite pas uniquement au Vieux-Québec. Au départ, le Printemps Saint-Sacrement devait être un événement ponctuel pour parler de l’histoire de ce quartier. L’initiative fut un succès. Le conseil de quartier de Saint-Jean-Baptiste nous a approchés pour travailler avec nous, ce qui nous a amenés à créer le Printemps Saint-Jean-Baptiste», explique le président de la Société historique, Alex T. Lamarche, qui prévoit répéter l’expérience ailleurs l’an prochain.

Rappelons que Saint-Jean-Baptiste est l’un des plus anciens quartiers de Québec. La rue Saint-Jean, sa principale artère commerciale, a vu le jour au milieu du 17e siècle. «Une vie a commencé à naître autour de cette rue, pour ensuite se développer aux 18e et 19e siècles avec la création du faubourg. Contrairement au Vieux-Québec, il ne s’agissait pas uniquement d’un quartier d’élites. Saint-Jean-Baptiste réunissait des résidents instruits et prospères – l’architecte Joseph-Ferdinand Peachy, entre autres – et des gens de la classe ouvrière. Déjà à cette époque, on y trouvait une diversité de classes sociales, en plus d’une cohabitation de différents groupes ethniques», raconte Alex T. Lamarche.

L’historien, qui a fait une thèse sur les relations entre les élites anglophones et francophones du Québec, rappelle que le quartier regorge de symboles canadiens-français et de traces du Régime français. Il suffit de penser à l’église Saint-Jean-Baptiste, dont l’architecture a été inspirée de la Trinité de Paris. La rue Saint-Jean, par ailleurs, doit son nom à l’arpenteur français Jean Bourdon (1601-1668), qui avait tracé cette voie pour relier la ville à son fief, situé près de l’actuelle avenue Belvédère.

Vue aérienne du quartier Saint-Jean-Baptiste en 1946.

Un quartier vivant

Outre son histoire riche en surprises, Émmy Bois souligne le caractère très contemporain du quartier. «Quand on pense à Saint-Jean-Baptiste, on pense à l’union entre le passé et le présent. Ce quartier, très dynamique, représente l’effervescence. L’été, dès qu’il fait beau, on se rend sur la rue Saint-Jean pour profiter des cafés, des bars et des autres commerces. C’est là qu’on peut vivre Québec, que l’on soit résident du coin ou non.»

Désireuse de contribuer à cette vitalité, l’étudiante s’est assurée d’offrir de la visibilité aux commerces dans les différentes activités de la programmation. «Le contexte de la crise sanitaire appelait à stimuler l’économie locale. Faire connaître l’histoire de Saint-Jean-Baptiste, c’est aussi faire connaître le quartier tel qu’il est aujourd’hui, avec ses commerçants et ses entreprises», dit Émmy Bois.

Particulièrement animée durant l'été, la rue Saint-Jean offre restaurants, boutiques et commerces de toutes sortes.

L’Université Laval bien représentée

Plusieurs professeurs, diplômés et étudiants de l’Université Laval participent au Printemps Saint-Jean-Baptiste. Entre autres, Alice Guéricolas-Gagné, étudiante à la maîtrise en littérature, offrira une conférence sur son livre Saint-Jambe, qui se déroule dans le quartier, et sur son parcours d’artiste multidisciplinaire.

Le diplômé en histoire Alexandre Prince prépare un numéro spécial de la revue Québecensia qui réunira une dizaine d’articles sur le quartier. Donald Fyson, professeur au Département des sciences historiques, y signera un texte sur l’histoire de la criminalité, en plus de donner une conférence sur le sujet.

La diplômée en muséologie et en histoire de l’art Claude Corriveau, de son côté, nous offre une visite virtuelle de son exposition sur Thaddée Lebel à la Villa Bagatelle. On peut aussi visionner une conférence de l’historien Réjean Lemoine, autre diplômé de l’Université, sur la naissance du faubourg au 18e siècle.

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