
— Getty - Kenneth Cheung
À l'approche de la Journée mondiale sans Facebook le 28 février, une enquête NETendances publiée par l'Académie de la transformation numérique (ATN) de l'Université Laval révèle que les internautes du Québec qui utilisent les réseaux sociaux y consacrent en moyenne 3 heures 41 minutes par jour, soit 51 minutes de plus qu'il y a un an. L'enquête intitulée Réseaux sociaux et divertissement en ligne indique que la progression est particulièrement marquée chez les internautes de 55 ans et plus et chez les hommes, avec des hausses respectives de 77 minutes et de 72 minutes par jour.
TikTok et Instagram font exploser le temps d'écran
Les internautes qui consultent quotidiennement des réseaux axés sur les vidéos verticales et des algorithmes puissants de recommandation, comme TikTok et Instagram, y passent environ deux heures de plus par jour que les autres utilisateurs (3h48 contre 1h47). «Ces plateformes s'appuient sur des algorithmes de recommandation de plus en plus sophistiqués, capables d'anticiper avec précision les contenus susceptibles de capter l'attention, précise la responsable des enquêtes NETendances à l'ATN, Astrid Alemao. Elles optimisent aussi en continu leurs interfaces à l'aide de microajustements testés à grande échelle afin de prolonger le temps passé en ligne».
Les réseaux sociaux omniprésents dans les moments de détente, surtout chez les jeunes adultes
L'enquête révèle que 53% des utilisateurs de réseaux sociaux au Québec les consultent largement lors de moments de détente, une pratique observée dans l'ensemble des groupes d'âge. Les réseaux sociaux sont également fréquemment consultés au lit, tant au coucher (41%) qu'au réveil (38%). Cette intégration est plus marquée chez les 18-34 ans, pour qui les réseaux sociaux s'immiscent dans une grande variété de moments du quotidien: 72% les consultent dès le réveil, 65% au coucher, 52% pendant les repas et 51% dans la salle de bain. «Leur consultation devient un automatisme et le temps total augmente presque sans que l'utilisateur n'en ait pleinement conscience», explique le professeur Alex Baudet, spécialiste des médias numériques et des réseaux sociaux au Département de marketing de l'Université Laval et collaborateur de l'enquête.
Presque la moitié des utilisateurs des médias sociaux tentent de limiter leur usage
Près de la moitié des utilisateurs québécois de réseaux sociaux (47%) déclarent avoir déjà mis en place des mesures pour en réduire l'usage. Les stratégies les plus répandues consistent à désactiver les notifications (25%), à se désabonner de certaines pages ou comptes (21%) ou encore à supprimer une application de réseau social (20%).
Vidéo en ligne: une progression des plateformes canadiennes et québécoises, des signes d'essoufflement chez les géants américains
Crave (25%) et Club Illico (18%) affichent des hausses respectives de 8 et de 3 points de pourcentage en un an. Cette progression permet à Crave de se hisser au troisième rang des plateformes de diffusion en ligne au Québec, devançant désormais Disney+, dont le taux d'abonnement est passé de 24% à 21%. Parallèlement, les grandes plateformes américaines restent relativement stables: Netflix demeure la plus populaire avec 52% d'internautes abonnés, comparativement à 54% l'année précédente, et Amazon Prime Video se situe à 39% (contre 41% l'an dernier).
Musique en ligne: Spotify domine, MUSIQC reste méconnue
Près de la moitié des internautes québécois, soit 47%, disposent d'un abonnement payant pour écouter de la musique en ligne. La plateforme Spotify domine largement, utilisée par 57% des abonnés, loin devant Amazon Music Prime (20%), Apple Music (17%) et YouTube Music (16%). La plateforme francophone MUSIQC, visant à améliorer la découvrabilité de la musique francophone, reste largement méconnue: 73% des internautes n'en ont jamais entendu parler et seulement 7% l'ont utilisée.
Consultez les résultats détaillés et les infographies de l'enquête (PDF)

























