
Double Face, de Zachary Lambert et Gabriel Lemelin. Cet objet s'est vendu 2500 $. En déconstruisant la structure d'un tourne-disque pour n'en révéler que le cœur, l'objet s'affranchit du superflu. Chaque composante exposée célèbre la mécanique du son.
— Charles-Antoine Lauzon
L'édition 2026 de L'Objet, l’exposition‑encan annuelle de l'École d'architecture de l'Université Laval, s'est tenue le 20 mars au Musée de la civilisation. Devant quelque 500 personnes réunies dans le vaste hall d'entrée, les 38 œuvres créées par 69 étudiantes et étudiants de la maîtrise professionnelle en architecture ont toutes été acquises.
«Les billets se sont envolés en moins de trois heures, souligne l’étudiante Noémie Lemay, coprésidente du comité de L’Objet. Toutes les œuvres, exposées sur la passerelle du Musée, ont été acquises avec un prix moyen de 200 $. Deux ou trois objets sont ressortis du lot, notamment Double Face, qui a reçu le montant le plus élevé de la soirée, soit 2500 $.»
Imaginé par Zachary Lambert et Gabriel Lemelin, Double Face se présente comme un tourne-disque dont la structure a été décomposée au point où il ne reste que les éléments qui émettent le son. Selon les deux concepteurs, cette œuvre se veut «une invitation à ralentir, une pause contemplative au milieu du tumulte». «Chaque composante exposée, expliquent-ils, célèbre la mécanique du son, transformant le rituel de l'écoute en une expérience de présence absolue. Dans ce dépouillement volontaire, la fonction devient poésie.»
«La crise de l'objet» pour thème

Quelques-uns des objets vendus à l'encan du 20 mars au Musée de la civilisation. En haut, de gauche à droite: J'aime une fleur – la crise matérielle, une oeuvre poétique composée d'une fleur et d'une brique, de Donovan Dubé, Antoine Landry et Samuel Veillette; 1er juillet – la crise du logement, meuble mobile, de Rose Boucher-Edmond, Hubert Homocea-Légaré, David Lessard et Simone Leblanc; Lampe ouin-ouin – la crise d'enfance, lampe rechargeable, portative, accrochable et inclinable, de Thomas Bolduc et Baptiste Lussier. En bas, de gauche à droite: Chantal – la crise sonore, enceinte murale composée d'une plaque de verre activée par des onduleurs, de Raphaëlle Brouw et Xavier Caron; Novembre, lampe inspirée du sablier qui traduit la nécessité de la pause, de la remise en question et du repos en temps de crise, de Félix Chabot et Christophe Laplante; Patat-à-porter – la crise du plastique, une patate sortie de terre se transforme d'abord en amidon, puis en bioplastique, de Noémie Lemay, Robin Dubord et Ines El Mergaou.
— Charles-Antoine Lauzon
Cette année, l'exposition-encan avait pour thème «La crise de l'objet». «Ce thème évoquait plusieurs crises, notamment économique et environnementale, poursuit la coprésidente. Le comité de L'Objet voulait voir comment les participantes et participants pouvaient interpréter cette réalité et comment ils pouvaient la transformer en objets tangibles.»
Dans plusieurs cas, l'étape de fabrication des objets s'est déroulée à la menuiserie de l'École d'architecture. Les étudiantes et étudiants avaient aussi accès à un laboratoire de fabrication numérique. Selon Noémie Lemay, les participantes et participants «suivaient le même processus que celui de la création architecturale, mais à plus petite échelle.» «La démarche, dit-elle, était plus tangible, plus réelle sans les ordinateurs. Il y a eu des moments difficiles, mais nous les avons surmontés. Nous avons fabriqué de nos mains des objets sortis de nos têtes. Tous les étudiants en architecture sont créatifs. Je qualifierais une bonne partie des 38 œuvres d'uniques et d'audacieuses. Beaucoup n'ont jamais été faites.»
Qu'il s'agisse d'une machine à café artisanale, d'un jeu d'échecs, d'une chaise métallique, d'une lampe colorée, d'une table basse ou d'une sculpture cinétique, la créativité était au rendez-vous à L'Objet 2026. Toutes les œuvres réalisées pour cet événement phare sont fonctionnelles.
Voir les objets conçus et réalisés dans le cadre de L'Objet 2026

























