
La localité de Havre-Aubert aux îles de la Madeleine a inspiré le chanteur Émile Bilodeau, qui a composé Havre-Aubert, une pièce instrumentale où l’harmonica rappelle la force des vents et des tempêtes qui balayent le golfe du Saint-Laurent. Cette pièce fait partie de la compilation Vie musicale au Québec – Gaspésie–îles de la Madeleine, copréparée par l'étudiant Jean-Hugues Robert et disponible sur la plateforme MUSIQC.
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Vous partez pour la Gaspésie, les îles de la Madeleine, la Côte-Nord, le Saguenay–Lac-Saint-Jean ou Lanaudière? Vous comptez découvrir de nouveaux coins de la région de la Capitale-Nationale? Pourquoi ne pas vous laisser inspirer dans le choix de vos destinations par cinq nouvelles listes de chansons hébergées sur la plateforme MUSIQC?
Ces listes de lecture ont été créées par les étudiantes et étudiants du séminaire d'été du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture au Québec (CRILCQ). Pour explorer le thème «Vie musicale au Québec: musique et régionalité», Sandria P. Bouliane, professeure à la Faculté de musique et responsable du séminaire, a invité les participantes et participants à constituer des compilations musicales géolocalisées.
«Les étudiants avaient une contrainte précise à respecter: le titre des pièces musicales sélectionnées devait faire référence à un lieu repérable sur une carte géographique. Ça pouvait être le nom d'un village, d'une rue, d'un commerce, d'un parc, d'une statue…», explique la professeure Bouliane.
Cette contrainte fait en sorte que les listes de lecture sont éclectiques: le western pouvant côtoyer le hip-hop, le rock ou le folk. «C'est très différent des compilations habituelles où on crée des ambiances musicales, comme "café au lever du soleil". L'idée, c'est de traverser progressivement une région selon sa géographie», souligne la professeure.
Par exemple, pour la région Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, la compilation commence à Cap-Chat et suit la route 132 jusqu'à Gaspé, en passant notamment par Grande-Vallée, Rivière-au-Renard et le parc Forillon, avant de s'envoler vers les îles, puis de revenir parcourir la côte sud de la péninsule gaspésienne. «Et cette liste a pu bénéficier du fait qu'un des étudiants qui l'a cocréée a déjà habité aux îles et qu'il a su mettre en valeur des talents locaux», confie-t-elle.
C'est d'ailleurs l'une des forces des cinq compilations: les classiques du patrimoine musical québécois se mélangent aux créations d'artistes émergents ou moins connus. Par exemple, pour la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, les notoires Jonquière (Plume Latraverse) et La rue principale (Les Colocs) se joignent à Pekuakumi (de l'artiste jeannois émergent Mitaine), à Val-Jalbert (du chanteur Michel Pilon, qui a fait carrière dans les années 1970) et à la pièce instrumentale de piano classique Mistassini (Amélie Fortin). Pour construire l'itinéraire musical de cette région, on retrouve également des chansons de Cœur de pirate (Rivière-Éternité et Arvida), de Gab Bouchard (Roberval) et de Sara Dufour (Dépanneur Pierrette), tout comme de Kashtin (Pakuakumit), de Mike Paul Kuekuatsheu (Ashuapmushuan) et de Chloé Sainte-Marie (Ashuapmushuan). Sur ces listes de lecture, le territoire se raconte aussi bien en français qu'en langues autochtones, la poésie des Premiers Peuples pouvant être portée autant pas ses membres que pas des artistes allochtones.

La communauté atikamekw de Manawan, dans Lanaudière, a inspiré l'auteur-compositeur-interprète Sakay Ottawa.
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Chaque compilation d'une vingtaine d'airs est accompagnée d'une carte interactive, qui permet de visualiser rapidement l'itinéraire et les lieux associés à chaque pièce. «J'avais cette idée de carte en tête, mais ce sont les responsables de MUSIQC qui l'ont concrétisée en développant une nouvelle fonctionnalité sur leur plateforme», déclare Sandria P. Bouliane.
Faire œuvre utile avec les travaux étudiants
«Depuis longtemps, dans mes cours d'histoire de la musique, pour remplacer les évaluations plus traditionnelles, je demande aux étudiants de créer des compilations thématiques. Ça les oblige à écouter et à analyser beaucoup de matériel et à développer des liens logiques entre les œuvres», explique Sandria P. Bouliane, qui a vu naître des dizaines de listes fort intéressantes. «Chaque fois, ajoute-t-elle, ça me désolait de constater que tout ce travail se retrouvait dans le fond de mon tiroir, sans plus grande portée.»
Quand elle a découvert la plateforme MUSIQC, lancée en février 2025, la professeure y a tout de suite vu une occasion de visibilité pour les travaux étudiants. Cette plateforme gratuite propose des compilations accessibles via son service d'écoute préféré: Spotify, Apple Music, YouTube, etc. Elle a donc approché l'équipe de MUSIQC pour que le groupe de recherche Vie musicale au Québec, dont elle est l'une des chercheuses principales, puisse devenir un programmateur de contenu en vue du séminaire d'été du CRILCQ.
C'est ainsi que l'étudiant Jean-Hugues Robert et les étudiantes Rose-Laurence Samson et Joanie Verviers-Deblois de l'Université Laval, en compagnie de trois collègues d'autres universités québécoises, ont pu devenir les auteurs et autrices de listes musicales proposées au grand public. «Pour l'instant, Vie musicale au Québec couvre seulement 5 régions, mais j'ai l'ambition de poursuivre le projet au cours des prochaines années pour couvrir les 17 régions administratives du Québec», affirme la professeure Bouliane.
De plus, un autre projet de listes de lecture pointe à l'horizon. À l'occasion du prochain séminaire de la Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d'expression française en Amérique du Nord (CEFAN), Sandria P. Bouliane entend inviter des étudiantes et étudiants à créer des compilations sur d'autres contrées francophones, comme l'Acadie ou la Louisiane.
Découvrez les cinq compilations de Vie musicale à Québec consacrées à Lanaudière, à la Capitale-Nationale, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, à la Côte-Nord et à Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.
























