
Romans, essais, poésie, nouvelles: les lectrices et lecteurs avides de découvertes ont de quoi nourrir leur curiosité cet été.
— Yan Doublet - Université Laval
Que ce soit pour accompagner les vacances, les fins de journée au soleil ou les moments de repos bien mérités, la lecture demeure un incontournable de l'été. Nous vous proposons ici une sélection d'œuvres récentes signées par des autrices et auteurs issus de l'Université Laval.
Souffler sur les braises (Hurtubise), par Gabrielle Gagné

Kinésiologue et préparatrice physique pour l'équipe de cheerleading Rouge et Or, Gabrielle Gagné fait son entrée dans le monde de la littérature avec un roman qui explore des thèmes on ne peut plus actuels: la santé mentale, la quête de sens et les changements climatiques.
Olivia, une jeune ergothérapeute, prend soin des autres, mais vit énormément de stress et de pression de performance. Submergée par ce quotidien devenu insoutenable, elle plaque tout et prend la route de la Côte-Nord, au grand dam de sa mère. Dans un café des Escoumins, puis une cabane isolée au pied des monts Groulx, elle vit le moment présent et amorce une profonde remise en question. Au fil des rencontres, tant amoureuse qu'amicales, Olivia oscille entre désir de liberté et besoin d'attachement.
En toile de fond, la nature gronde, avec la chaleur et les feux de forêt qui approchent dangereusement. Un décor à l'image des tensions intérieures qui traversent la protagoniste.
Mêlant récit et passages poétiques, ce premier roman de Gabrielle Gagné propose une écriture sensible qui trouvera écho chez plusieurs.
— Extrait du livre
Baby Shower (L'instant même), par Catherine Côté

À l'origine, Baby Shower est une pièce de théâtre créée en 2024 à Premier Acte, puis reprise en tournée en 2026. Dans ce texte, on assiste à une fête prénatale organisée par la sœur de la future maman, qui ne peut avoir d'enfants. L'action se déroule dans une maison de banlieue décorée de ballons et de banderoles, décor festif qui contraste avec les tensions qui émergent entre les invitées.
Les dialogues dévoilent rapidement des rapports complexes entre les protagonistes. Chacune a son mot à dire sur la grossesse, la maternité et les choix de vie des autres. Sous des dehors drôles et légers, leurs échanges font apparaître des jalousies mal enfouies, des blessures et des jugements. Les blagues fusent, se mêlent aux reproches et aux piques, et transforment la fête en un véritable champ de bataille verbal où l'on rit parfois jaune.
À travers ces échanges au vitriol, Catherine Côté explore la pression sociale entourant la maternité, le deuil périnatal, l'amitié et le couple. Formée en arts littéraires à l'Université Laval et en jeu au Conservatoire d'art dramatique de Québec, l'autrice met à profit sa double formation pour livrer un texte rythmé, taillé pour la scène.
— Extrait
Fabriquer des mythes: une introduction au scénario de fiction (Presses de l'Université Laval), par Pierre Greco

Chargé de cours au baccalauréat en art et science de l'animation, Pierre Greco est une figure bien établie du cinéma d'animation. On lui doit notamment Le coq de St-Victor, premier long métrage d'animation francophone entièrement réalisé à Québec, ainsi que Nelly et Simon: Mission Yéti, qui a connu un grand rayonnement à l'international.
Dans cet ouvrage, il rassemble plusieurs conseils aux aspirants scénaristes. Comment trouver une histoire porteuse? Par où amorcer le processus d'écriture? Comment créer des dialogues crédibles et susciter une véritable émotion chez le public? Autant de questions auxquelles l'auteur répond en s'appuyant sur des techniques éprouvées, issues de films marquants tels que Retour vers le futur, Alien, Psycho, Thelma et Louise, Le Dîner de cons ou encore C.R.A.Z.Y.
En plus de nombreuses références cinématographiques, Pierre Greco met à contribution sa propre expérience de scénariste. Il revient sur ses choix créatifs, les défis rencontrés et les leçons tirées de sa pratique, offrant un regard à la fois concret et personnel sur le métier.
Écrit dans un style accessible, cet ouvrage constitue un guide précieux pour les étudiantes et étudiants en cinéma, mais saura aussi séduire les cinéphiles et toute personne curieuse de mieux comprendre les coulisses du 7ᵉ art.
— Extrait
La fille au jumpsuit (Hurtubise), par Marie-Renée Lavoie

Celles et ceux qui avaient apprécié la désopilante trilogie Autopsie d'une femme plate, Diane demande un recomptage et Boires et déboires d'une déchicaneuse retrouveront avec plaisir l'univers de Marie-Renée Lavoie dans ce nouveau roman, qui se situe un peu dans le même ton que les précédents.
La fille au jumpsuit met en scène Sylvaine, 37 ans, dont l'existence s'est doucement figée dans une routine sans relief. Célibataire depuis plusieurs années, bien entourée mais habitée par un sentiment de stagnation, elle s'accroche à un détail en apparence anodin: une salopette, achetée tout récemment, qui lui glisse des mains avant d'être emportée par le courant boueux d'une rivière. Cet incident devient le point de bascule du récit. Au fil de situations cocasses, Sylvaine amorce un virage qui la pousse à introduire de nombreux changements dans sa vie.
Marie-Renée Lavoie est titulaire d'une maîtrise en littérature québécoise. Parmi ses nombreux romans à succès, on lui doit La petite et le vieux, adapté au cinéma.
— Extrait
Les éclats de ma marraine gothique (L'instant même), par Pierre-Luc Gagné

Agent de gestion des études à la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique, Pierre-Luc Gagné développe, en parallèle de sa carrière à l'Université, une œuvre littéraire tournée vers les formes de l'intime. Livre après livre, il explore une écriture profondément personnelle, ancrée dans son histoire et celle de sa famille. Avec Les éclats de ma marraine gothique, son cinquième ouvrage, il poursuit cette démarche avec une intensité renouvelée.
Dans ce récit écrit sous forme de fragments, l'auteur fait revivre Liette, sa marraine disparue. Il s'attarde aux détails du quotidien comme aux failles plus profondes, là où se croisent la perte, la filiation et la reconstruction de soi. Pierre-Luc Gagné capte avec justesse et sans complaisance ces moments fragiles où l'écriture devient un moyen de traverser la douleur.
À la fois sobre et lumineux, Les éclats de ma marraine gothique se situe entre la confession et la lettre d'amour. Plus qu'un récit de deuil, le livre trouve une résonance profonde, en touchant à ce qu'il y a de plus universel dans l'expérience de la perte.
— Extrait
Le vol fragile des croyances (Tête première), par Mattia Scarpulla

Docteur en études littéraires, Mattia Scarpulla fait de l'identité un moteur central de son œuvre. Ses romans mettent souvent en scène les pérégrinations de personnages en Italie, son pays d'origine, en France, où il a vécu quelques années, et au Canada, où il demeure maintenant. Avec ce nouveau titre, il explore le thème de l'identité sous un angle renouvelé.
Au cœur du récit, la non-binarité: Andrea se cherche, tente de vivre au masculin et au féminin, tout en remettant en question la pertinence même de cette dualité. Une rencontre inattendue dans un autobus bouleverse sa trajectoire et précipite son départ de l'Italie pour l'Île Verte, au Québec, où l'accueillera un groupe d'âmes bienveillantes en marge des normes. Ce roman, qui se déroule sur une période de plusieurs décennies, aborde le combat pour être accepté tel que l'on est, mais aussi le rôle de l'amitié et des familles choisies.
L'écriture de Mattia Scarpulla se distingue par une grande musicalité: il y insuffle des mots et des expressions italiennes qui traversent le texte comme des échos poétiques. Même lorsque leur sens exact nous échappe, le contexte permet de les saisir, et cette porosité des langues fait subtilement écho à la fluidité des identités au cœur du récit.
— Extrait
i bémol (L'instant même), par Gilles Pellerin

Titulaire d'une maîtrise en littérature, Gilles Pellerin s'impose depuis des décennies comme une figure marquante du paysage littéraire. Auteur prolifique de romans, d'essais et d'anthologies, son œuvre, traduite en plusieurs langues, lui a valu de nombreuses distinctions. Pour celles et ceux qui ne le connaissent pas encore, ce recueil de nouvelles constitue une porte d'entrée idéale dans son univers singulier.
Dans i bémol, l'auteur propose une série de textes brefs, parfois réduits à une demi-page, mais d'une grande densité. On y croise, entre autres, un homme évoquant une relation amoureuse née sur un banc de parc autour d'une passion commune pour les livres, un autre persuadé de lire les caprices de la météo dans le visage d'un collègue, ou encore une femme savourant sa liberté retrouvée après une rupture avec un ex devenu vedette de téléromans.
À travers ces récits, Gilles Pellerin démontre un sens aigu de l'observation et une capacité rare à faire surgir l'essentiel dans l'infime. Un recueil à la fois discret et percutant, qui confirme la finesse d'une plume maîtrisée.
— Extrait
Reines des ondes, reines des cœurs. L'élection de Miss Radio-Télévision au Québec, 1939-1972 (Septentrion), par Adrien Rannaud

«Oyez! Oyez! Réjouissez-vous, ô peuple. Que vos chants d'allégresse retentissent. Que chacun entre dans la danse. Que chacun répande la bonne nouvelle. Que chacun s'assemble et vienne en diligence prêter foi et hommage à sa Reine.»
C'est en ces mots solennels que le journal Radiomonde annonce, le 15 octobre 1939, l'élection de la toute première Miss Radio, la comédienne Mimi d'Estée. Jusqu'en 1972, une trentaine d'artistes lui succéderont, de Muriel Millard à Janine Sutto, en passant par Michelle Tisseyre, Béatrice Picard, Janette Bertrand et Dominique Michel.
Titulaire d'un doctorat en études littéraires de l'Université Laval et professeur de littérature québécoise à l'Université de Toronto, Adrien Rannaud retrace l'histoire de ce concours populaire qui, pendant plus de trois décennies, a rythmé la vie culturelle du Québec. À travers l'ascension de personnalités du monde de la radio, de la télévision et de la scène, il met au jour un pan méconnu de notre histoire culturelle et du développement du vedettariat.
S'appuyant sur un vaste travail d'archives, l'auteur va au-delà du simple récit mondain. Derrière le glamour, il raconte l'évolution des pratiques culturelles, la place des femmes et les liens entre médias et pouvoir, en replaçant le concours dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, de la Grande Noirceur et de la Révolution tranquille. Le livre esquisse ainsi le portrait d'un Québec en pleine transformation, qui rêve plus grand et cherche, à travers ses vedettes, à affirmer sa modernité.
— Extrait
Souffler un peu (Boréal), par Rémi-Julien Savard

Titulaire d'une maîtrise en littérature, Rémi-Julien Savard propose huit nouvelles ancrées dans la ville de Québec. D'un garage de Limoilou à un café branché du quartier Saint-Roch, en passant par la station de ski de Stoneham, l'auteur met en scène des lieux réels que plusieurs reconnaitront. À travers une galerie de personnages éclectiques, il s'intéresse aux instants banals de la vie quotidienne, révélateurs de tensions intérieures souvent invisibles.
Un mécanicien voit apparaître dans son garage un homme aux prises avec des enjeux de santé mentale, qui devient peu à peu un habitué des lieux. Ailleurs, un souper réunit un déneigeur en quête de travail, un psychologue et leurs conjointes, rencontre banale qui tourne à l'inconfort. Un narrateur revisite la mémoire de son père récemment décédé, ancien joueur de baseball, tandis qu'une autre histoire montre l'amitié qui s'effrite entre des adeptes de ski. Par ces situations en apparence banales, Rémi-Julien Savard expose des malaises, des tensions, des silences et des émotions fortes.
Souffler un peu offre ainsi un regard sensible sur des existences ordinaires, montrant que, même dans les moments les plus simples, peuvent se jouer des transformations profondes.
— Extrait
Regards sur l'œuvre de Raoul Barré (Presses de l'Université de Montréal), par John Harbour

John Harbour met en lumière une figure longtemps restée dans l'ombre, Raoul Barré. Issu de son mémoire de maîtrise en littérature et arts de la scène et de l'écran, ce premier ouvrage entièrement consacré à l'artiste propose de redécouvrir celui qui a joué un rôle clé dans l'histoire de la bande dessinée et de l'animation.
En 1902, Barré publie dans La Presse ce qui est aujourd'hui considéré comme l'une des premières BD québécoises, amorçant un parcours qui le mènera bien au-delà du Québec. Installé aux États-Unis pendant 25 ans, il s'impose dans un milieu en pleine effervescence, contribuant notamment à la célèbre série Felix The Cat et à la fondation de l'un des premiers studios d'animation au monde.
L'ouvrage retrace son parcours et s'intéresse à ses créations des années 1910, réalisées à partir de ses bandes dessinées. On y découvre un inventeur d'images et de récits, qui expérimente autant avec la narration qu'avec les techniques d'animation, cherchant déjà à suggérer le mouvement, le rythme et même le son à une époque où le cinéma est encore muet.
— Extrait

























