4 juin 2026
ULaval en lumière: une ode aux talents artistiques des membres du personnel
De la danse au théâtre, en passant par la musique, le spectacle qui sera présenté le 18 juin met en valeur les penchants artistiques d’une trentaine d’employées et employés de l’Université alors que l’exposition révèle la créativité d’une dizaine d’autres
La Chorale du personnel de l'Université Laval lors de l'édition 2025 de l'événement ULaval en lumière.
— Geneviève Pruneau
Saviez-vous que parmi le personnel de l'Université se cachent plusieurs artistes émergents et reconnus, tant amateurs que professionnels? Quelques-uns de ces amoureux et amoureuses de la scène et des arts visuels sont prêts à vous en mettre plein la vue le 18 juin, à l'occasion de l'événement ULaval en lumière. Sur le thème «Une constellation de talents», l'événement mise cette année sur la diversité.
«Pour l'édition 2026, la variété est vraiment au rendez-vous. Même pour les numéros de musique et de chant, il y a plusieurs styles et même des compositions personnelles. Et du côté des arts visuels, il y a de la peinture acrylique, de l'aquarelle, de l'encre, de la peinture à l'huile, du collage, de la sculpture sur métal et de la sculpture sur bois», révèle le président du comité organisateur de l'événement, Louis-René Rheault, agent de recherche et de planification au Bureau de planification et d'études institutionnelles.
Aussi codirecteur de la Chorale du personnel de l'Université Laval, Louis-René Rheault a dévoilé le répertoire que celle-ci présentera sur la scène du Théâtre de la Cité universitaire. «Il y aura, dit-il, un pot-pourri de quatre chansons de Michel Fugain, une chanson de Jean Leloup et une autre de Coldplay.»
Sous la présidence d'honneur de François Rioux, professeur à la Faculté de musique et membre du groupe The Lost Fingers, le spectacle sera aussi l'occasion d'entendre ce guitariste virtuose interpréter une œuvre de Michel Legrand, accompagné par la chanteuse Stéphanie Laliberté.

François Rioux, professeur à la Faculté de musique et membre du groupe The Lost Fingers, est le président d'honneur de l'événement. Il présentera avec la chanteuse Stéphanie Laliberté une pièce de Michel Legrand.
«Je suis très heureux d'être associé à ce bel événement qui célèbre la musique et les autres arts. Je trouve extraordinaire de valoriser ainsi la pratique des arts chez les membres du personnel et de leur offrir une expérience de scène sur le campus. C'est courageux de monter sur une scène et d'affronter son stress», remarque le musicien de jazz.
De la danse et du théâtre
Julie Lajoie, technicienne en documentation à la Bibliothèque, pratique la danse depuis plus de 20 ans. Elle a notamment appris le tango argentin, la gigue irlandaise, la salsa brésilienne et la danse sociale. Depuis 18 ans, elle se spécialise en danse orientale (aussi appelée baladi).
Durant la pandémie, la danseuse a visionné une vidéo de fusion orientale-japonaise. «Cette vidéo a bouleversé ma vie! C'était une esthétique nouvelle, un univers qui m'appelait», dit-elle. Elle a alors contacté la professeure Nadia Sueoka, qui est devenue sa sensei. Depuis, elle se perfectionne aussi auprès de Ribo, une spécialiste du wa belly. «Elles sont parmi les seules artistes à transmettre cet art hors du Japon. Elles m'enseignent leur culture et leurs connaissances en ligne, en prenant en compte le décalage horaire», confie-t-elle.
Julie Lajoie fera donc découvrir au public d'ULaval en lumière la fusion orientale-japonaise, un style rare qu'elle est la seule à pratiquer à un niveau aussi élevé au Canada. Vêtue d'un kimono traditionnel importé du Japon, mais coupé en deux pour dévoiler le ventre, elle présentera deux numéros, dont l'un avec des éventails japonais. «J'ai hâte de montrer à mes collègues ce que je fais en dehors du travail. Je danse en moyenne plus de 15 heures par semaine. Ils m'entendent beaucoup parler de ma deuxième vie. Là, ils vont pouvoir la voir en quelque sorte», témoigne-t-elle.
Nommée «pôle canadien» de la fusion orientale-japonaise, Julie Lajoie revient tout juste d'une tournée de trois semaines qui l'a menée à Montréal et à Toronto.

La danseuse Julie Lajoie, vêtue d'un kimono traditionnel japonais coupé en deux pièces, pratique le style fusion orientale-japonaise.
Frédéric Sériès, quant à lui, est professeur associé à la Faculté de médecine et comédien à ses heures. Depuis 35 ans, il est membre de la troupe Les fous de la rampe, qui se produit chaque année au profit de la Fondation IUCPQ (autrefois Fondation de l'hôpital Laval). Aujourd'hui, directeur de la troupe, il sera accompagné sur scène de deux comédiennes pour offrir un sketch de Jean-Michel Ribes, tiré de l'œuvre Théâtre sans animaux.
«Le sketch est très sarcastique, très caustique. Du grand humour noir! C'est remarquablement bien écrit, très agréable à jouer parce que très expressif. Et ça décape! On s'amuse beaucoup», indique le metteur en scène.
Les Fous de la rampe répètent actuellement pour leur prochaine pièce Calamity Jane de Jean-Noël Fenwick, qui sera présentée en novembre au Théâtre de la Cité universitaire. «Une première outre-Atlantique!», souligne Frédéric Sériès.

Frédéric Sériès, en costume de scène pour la pièce Calamity Jane
De l'aquarelle et du collage
Nancy Martel, technicienne en documentation à la Bibliothèque, est une artiste polyvalente. Bien qu'elle se consacre présentement surtout à la danse, elle a choisi de participer à ULaval en lumière dans la section des arts visuels, une passion qui l'occupait davantage il y a quelques années. «J'ai encore plusieurs œuvres qui n'ont jamais été exposées», raconte-t-elle.
Pour ULaval en lumière, elle a choisi de présenter Dream on, un grand tableau à l'encre et à l'aquarelle de 2 pieds sur 4 pieds, pour lequel elle s'est inspirée des vanités du 17e siècle.
«En montrant le vivant et la mort, je symbolise la finitude de la vie. Être conscient de cette finitude fait en sorte qu'on peut rêver, avoir des objectifs, avancer, et aussi aimer, parce que s'il n'y a pas de cycle, tout reste stagnant et il y a moins de beauté», explique l'artiste.

Dream on, encre et aquarelle, de Nancy Martel
— Nancy Martel
Luis René Ayala Robledo, directeur du Bureau de la vie étudiante, pratique l'art du collage depuis une dizaine d'années. Ce passe-temps, qui est une grande source de bonheur pour lui, lui donne également l'occasion de construire une réflexion critique sur l'amour.
D'origine mexicaine, il a grandi dans un milieu culturel marqué par la religion catholique, un milieu dans lequel les histoires et les arts populaires associent l'amour au sacrifice, à l'abnégation et à la souffrance. «Au Mexique, dans les films, les chansons et toute la culture populaire, aimer, c'est souvent se donner à l'autre, se dévouer, s'oublier. C'est souffrir pour le bien de l'autre», déclare-t-il.
«Pourtant, ajoute-t-il, s'aimer soi-même n'est pas un acte égoïste, mais une condition essentielle pour aimer sans se perdre.» Dans les collages sélectionnés pour ULaval en lumière, il symbolise cette idée à l'aide d'autels contemporains, où l'iconographie religieuse est détournée vers une prière intime, laïque, où l'amour de soi est valorisé.

Clous de douleur, collage, de Louis René Ayala Robledo
— Luis René Ayala Robledo
ULaval en lumière, en plus d’être un rassemblement festif pour découvrir sous un autre angle le personnel de l’Université Laval, est aussi un plaidoyer en faveur d’une pratique artistique non seulement pour son développement personnel, mais aussi professionnel. «Pratiquer un art a des répercussions sur les compétences professionnelles, notamment celles qui touchent au travail d’équipe, à la communication, à la créativité, à la persévérance, à la rigueur, à la gestion du stress et à la gestion du temps. Se donner des défis à travers les arts, sortir de sa zone de confort, ça change une personne et ça se révèle aussi dans son travail», conclut Louis-René Rheault.

























