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Vitamine D et démence: pas d'effet protecteur chez les personnes très âgées

Des chercheurs ajoutent une nouvelle preuve au dossier, mais le fin mot de l'histoire reste à écrire

Par : Jean Hamann

Il existe plusieurs bonnes raisons d'avoir un apport suffisant en vitamine D, mais la prévention de la démence n'en ferait pas partie, du moins pas chez les personnes très âgées. C'est ce que suggère une étude publiée par une équipe de l'Université Laval dans le Canadian Journal of Public Health.

Les chercheurs ont suivi pendant plusieurs années un groupe de 661 personnes qui, au moment du recrutement, étaient âgées, en moyenne, de 81 ans et qui étaient exemptes de démence. Ils ont mesuré la concentration sanguine de vitamine D chez ces sujets lors de la rencontre initiale ainsi que 5 ans et 10 ans plus tard. À chaque occasion, ils ont aussi évalué les fonctions cognitives des participants à l'aide d'un outil éprouvé, le Modified Mini-Mental State Examination.

Au cours de la période de suivi, 141 personnes ont développé une forme de démence. Chez 100 d'entre elles, il s'agissait d'alzheimer. Les chercheurs n'ont toutefois trouvé aucune association entre la concentration sanguine de vitamine D et le risque de déclin cognitif, de démence ou d'alzheimer.

La vitamine D est réputée pour ses propriétés neuroprotectrices, anti-inflammatoires et antioxydantes, ce qui laisse croire qu'elle peut protéger contre la neurodégénérescence. «Nos résultats n'appuient pas l'hypothèse d'un effet protecteur de la vitamine D sur les fonctions cognitives, du moins pas dans la population très âgée que nous avons étudiée», résume la responsable de l'étude, Danielle Laurin, de la Faculté de pharmacie et du Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval.

Jusqu'à présent, environ la moitié des études prospectives portant sur la vitamine D et le déclin cognitif a conclu à l'absence de lien alors que l'autre moitié arrive à des constats contraires. Même chose pour les études qui se sont penchées sur la vitamine D et la démence. Selon la professeure Laurin, il existe un mécanisme très plausible pour expliquer comment la vitamine D peut maintenir les fonctions cognitives et prévenir la démence. «Les résultats de notre étude auraient pu être différents avec des sujets plus jeunes», avance-t-elle.

Les autres signataires de l'étude sont Caroline S. Duchaine, Denis Talbot, Mohamed Nafti, Yves Giguère, Sylvie Dodin, André Tourigny et Pierre-Hugues Carmichael. Ils sont rattachés à la Faculté de pharmacie et à la Faculté de médecine.

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