
Paul St-Pierre Plamondon et son équipe lors de leur victoire électorale le 5 octobre 2026.
— Facebook PQ
L'arrivée au pouvoir du Parti québécois (PQ) soulève des questions sur l'évolution de l'action internationale du Québec et sur la place qu'occuperait un éventuel projet souverainiste. Pour mieux comprendre les enjeux diplomatiques que pourrait entraîner ce nouveau contexte politique, ULaval nouvelles a posé trois questions à Jonathan Paquin, directeur de l'École supérieure d'études internationales de l'Université Laval et professeur de science politique.
Un gouvernement péquiste à l'Assemblée nationale, qu'est-ce que cela pourrait changer à l'international pour le Québec?
L'appareil diplomatique du Québec poursuivra sa mission économique en faisant la promotion de nos entreprises et en attirant des investissements étrangers. Mais, en parallèle, il faut s'attendre à ce que l'élection du PQ entraîne des transformations importantes dans la diplomatie québécoise.
Le message que le nouveau premier ministre devrait rapidement transmettre à l'appareil diplomatique québécois, dont ses 34 représentations du Québec réparties dans 19 pays, est de se préparer en prévision d'un éventuel référendum. Rappelons qu'en juin dernier, lors de la parution de son Livre bleu (sa feuille de route vers l'indépendance), le PQ s'est engagé à doubler le nombre de pays dans lesquels le Québec possède une représentation officielle. S'il respecte cet engagement, le nouveau gouvernement pourrait donc ouvrir des représentations dans près de 20 nouveaux pays.
Pourquoi parle-t-on de «protodiplomatie» dans le contexte actuel?
Sous le gouvernement du PQ, le Québec devrait entrer progressivement dans une phase de «protodiplomatie», c'est-à-dire une forme particulière de diplomatie menée par un gouvernement non souverain qui cherche à préparer, faciliter et légitimer l'accession à la souveraineté.
Deux précédents historiques permettent de comprendre ce qui pourrait se mettre en branle au cours du présent mandat. Durant le premier mandat de René Lévesque, de 1976 à 1980, puis sous le gouvernement de Jacques Parizeau, en 1994 et 1995, le Québec avait intensifié ses efforts diplomatiques pour promouvoir la souveraineté et préparer le terrain à une éventuelle reconnaissance internationale du Québec à la suite d'un référendum gagnant.
Lévesque et Parizeau s'étaient notamment rendus en France et ailleurs dans la Francophonie pour promouvoir l'indépendance. Ils avaient également multiplié les contacts aux États-Unis afin de rassurer les marchés financiers et les milieux d'affaires.
Jacques Parizeau avait notamment mis de l'avant son «Grand Jeu», une stratégie qui visait à utiliser la France comme levier afin d'amener les États-Unis à reconnaître un Québec indépendant.
Quel impact un éventuel projet référendaire aurait-il sur les relations entre Québec et Ottawa à l'international?
Il faut garder à l'esprit que, si le gouvernement du PQ devait véritablement s'engager dans un cycle référendaire, les relations avec Ottawa changeraient inévitablement de ton. Le gouvernement fédéral serait aux aguets et mènerait lui aussi une campagne diplomatique à l'international pour contrecarrer les efforts du PQ. C'est précisément ce qui s'était produit sous les gouvernements de Lévesque et de Parizeau.
Propos recueillis par Stéphanie Doyon, chargée de communication à l'École supérieure d'études internationales.

























