
Sur un nowhere (Éditions XYZ), par Patrick B. Couture

Pendant la pandémie, alors qu'il terminait un certificat en philosophie, Patrick B. Couture s'est mis à imaginer un récit de voyage. Quelques mois plus tard, il s'inscrit à la maîtrise en littérature, volet recherche-création, avec une idée en tête: écrire un roman à partir de ce petit bout de texte.
Ainsi est né Sur un nowhere, un roman qui débute dans l'Ouest canadien et se poursuit au Népal et en Inde, sur les traces de jeunes voyageurs à la recherche d'une expérience transformatrice. Désillusion, chicanes, blessures, rencontres malencontreuses, problèmes de visa: leur quête d'aventure ne se déroulera pas du tout comme prévu. Chaque paragraphe porte le nom d'un personnage, qui prend à son tour la parole pour raconter l'histoire au «je».
Avec une écriture rythmée, souvent proche de l'oralité, Patrick B. Couture s'attaque au mythe du voyage qui change une vie. Un roman qui égratigne les clichés du voyage initiatique, avec une bonne dose d'humour au passage, sans pour autant nous enlever le goût de faire nos bagages et partir à la découverte de nouveaux horizons.
— Extrait du livre
ÉLITE MAGIC™ (La Mèche), par Claudie Létourneau et Olivier Laforest

L'une est titulaire d'une maîtrise en littérature, l'autre est inscrit au doctorat en études littéraires. Claudie Létourneau et Olivier Laforest unissent leurs plumes pour cosigner un roman qui plonge avec humour dans l'univers de la recherche universitaire.
Margot, doctorante en littérature, mène une existence plutôt monotone entre sa thèse et son emploi dans un restaurant, où elle passe ses soirées à transporter des plateaux trop lourds. Lorsque son directeur de recherche lui propose d'«aller sur le terrain comme Serge Bouchard», elle se retrouve inscrite à un DEP clandestin en sorcellerie installé dans un ancien commerce de centre commercial. Entre les cours de magie et les mystérieux messages qu'elle reçoit sur l'application Élite Magic™, Margot découvre un univers bien loin de son monde à elle.
À mi-chemin entre la satire et le fantastique, ÉLITE MAGIC™ s'intéresse aux codes, aux parcours et aux mécanismes qui contribuent à la formation de l'élite intellectuelle. Une œuvre qui séduira autant les universitaires que celles et ceux qui aiment les récits où l'humour et l'aventure côtoient l'étrange.
— Extrait
Le Saint-Laurent, source d'émotions (Éditions Sylvain Harvey), par Yvan Bédard et Francis Bélime

Professeur émérite en sciences géomatiques et spécialiste en données cartographiques, Yvan Bédard a arpenté l'estuaire du fleuve Saint-Laurent pendant 20 ans, rapportant plus de 45 000 photographies. Avec le poète Francis Bélime, il cosigne ce superbe ouvrage illustré de 141 pages qui se feuillette librement, sans ordre de lecture, au gré des images et des mots.
À travers des photographies et des haïkus, ces courts poèmes d’origine japonaise, les deux auteurs proposent une façon différente de découvrir le fleuve et les paysages qui l'entourent. Chaque page met en lumière un détail qui pourrait autrement passer inaperçu: un bateau au loin, un ciel étoilé, du sable soufflé par le vent, un coucher de soleil, une lumière d'automne ou encore les animaux qui fréquentent les rives du fleuve.
De son côté, le haïku vient ajouter une petite touche de poésie, d’humour ou de réflexion à l’image. Un goéland plongeant dans l’eau, comme une flèche, accompagne ainsi les mots «faim de loup / un banc de poissons / qui tombe à pic». Dans une tempête hivernale, la silhouette noire d’un arbre dénudé tranche sur un paysage entièrement blanc: «blancheur d’âme / en toute simplicité / rester debout». Ailleurs, un vieux bâtiment agricole qui semble être sur le point de s'effondrer est accompagné de ces mots: «crépuscule / ressentir doucement / le poids des ans».
Plus qu'un livre d'art, Le Saint-Laurent, source d'émotions offre une parenthèse contemplative, où les images et les mots se répondent pour nous faire voir autrement un paysage que l'on croit pourtant bien connaître. Une belle invitation à prendre le temps, tout simplement, pour apprécier ce que la nature nous offre.
Une partie des profits de la vente du livre est versée à la Société Provancher, un organisme qui se consacre à la préservation des milieux naturels le long du fleuve.
— Extrait
Et le chant reste beau (Presses de l'Université de Montréal), par Sara Garneau

Fraîchement détentrice d'un doctorat en études littéraires de l'Université Laval, Sara Garneau signe un premier roman aussi sensible que bouleversant. Après le suicide de l'homme qu'elle aimait, la narratrice retrouve une lettre et un colis contenant des livres de Rilke, Nietzsche, Camus, Hesse, Thoreau, Melville et Andreas-Salomé, des personnalités littéraires qui avaient une place importante dans leur histoire commune. Elle décide de lui répondre à son tour, en s'appuyant sur les textes qu'il lui a laissés.
À travers ces lectures, elle tente de mieux comprendre l'homme qu'il était et ce qui a pu le pousser à partir. Mais cette quête la ramène aussi à elle-même, alors qu'elle doit composer avec l'absence et l'impuissance qui suivent son décès. Les livres deviennent ainsi une façon de maintenir un lien avec celui qui n'est plus là, tout en l'aidant peu à peu à avancer.
Mélange de récit, d'autofiction, de lettre et d'essai, ce livre raconte un parcours marqué par la douleur, mais aussi par le pouvoir de la littérature et de la philosophie.
— Extrait
Haute saison (Hurtubise), collectif

Pour souligner le cinquième anniversaire de sa collection «La Ruche», la maison d'édition Hurtubise réunit cinq plumes dans ce recueil de nouvelles où les récits se font écho.
Marie-Christine Chartier, titulaire d'une maîtrise en psychopédagogie de l'Université Laval, ouvre le bal avec Steven, une nouvelle qui nous plonge dans le quotidien d'un homme taciturne qui vit en forêt avec Whisky, son vieux labrador malade. Alors que la fin approche pour son fidèle compagnon, Steven accueille une ancienne amoureuse qui entretenait de l'affection pour Whisky. Tout près de chez lui, des locataires se succèdent dans le chalet qu'il offre en location.
C'est dans ce même décor, au cœur de la nature, que se déroulent les quatre autres récits, chacun proposant un regard différent sur les lieux, les personnages et les événements qui s'y déroulent. Lui aussi diplômé de l'Université Laval, Benoit Picard signe l'un de ces récits, aux côtés de Marianne Brisebois, Valérie Chevalier et Sophie Laurin.
Une belle façon de découvrir cinq univers et cinq voix qui, chacune à leur manière, ont contribué au succès des éditions Hurtubise.
— Extrait
Tellurisme (La Mèche), par Émile Lévesque-Jalbert

Ville de Québec, dans un futur aux accents apocalyptiques. Les technologies sont omniprésentes. Les forêts sont fermées par des grillages et interdites au public. Pour soulager ses acouphènes, un homme décide de s'y aventurer quand même. Après avoir inhalé des spores dans une clairière, son corps commence à se transformer: sa peau se couvre de champignons, de lichens et de mousses, tandis que sa perception du monde devient de plus en plus étrange.
Bienvenue dans l'univers d'Émile Lévesque-Jalbert, titulaire d'un baccalauréat en littérature de l'Université Laval et d'un doctorat en études françaises de l'Université Harvard, qui signe ici son premier roman. À la fois inquiétant et fascinant, Tellurisme nous entraîne dans une histoire où il devient difficile de distinguer la maladie de l'hallucination et où la nature prend une place inattendue.
Au fil de cette mystérieuse transformation, le personnage cherche à comprendre ce qui lui arrive, alors que la médecine et la technologie se révèlent impuissantes à arrêter le processus. Le titre du roman prend alors tout son sens: le tellurisme désigne l'influence de la Terre, du sol et des phénomènes naturels sur les êtres vivants. Et si, dans cette histoire, c'était finalement la Terre elle-même qui cherchait à se faire entendre? Un roman écopoétique qui nous invite à réfléchir à notre rapport à la nature et au vivant.
— Extrait
Inondables (Alto), par Marilyne Busque-Dubois

En mai 2023, Baie-Saint-Paul était frappée par de violentes inondations. Si les médias ont raconté abondamment les dommages et les pertes matérielles, le sort des espèces animales dont l'habitat a été bouleversé est passé largement sous silence. C'est de ce constat qu'est né Inondables, premier roman de Marilyne Busque-Dubois, titulaire d'un baccalauréat en études littéraires de l'Université Laval et d'une maîtrise de l'Université du Québec à Montréal, qui a élu domicile à Baie-Saint-Paul.
Lorsque sa maison ancestrale est engloutie par les eaux, la narratrice voit son quotidien basculer. Les descriptions des dégâts, comme du bouleversement intérieur qu'elle traverse, sont particulièrement émouvantes. Pour traverser cette épreuve, elle se tourne vers le vivant et observe les stratégies de survie déployées par les animaux et les plantes: migrer, se transformer, s'adapter, recommencer. À travers ce regard, le récit dépasse la catastrophe pour explorer les liens qui unissent les humains et les autres espèces à leur environnement.
Mélange d'autofiction, d'essai et de poésie, Inondables propose une réflexion sur les changements climatiques, la force de la nature et les formes de solidarité qui émergent dans l'adversité.
— Extrait
Mon Québec inclusif (Éditions Somme toute), collectif

Michel Dorais, professeur émérite en sociologie, et Radjoul Mouhamadou, doctorant en science politique, codirigent ce recueil qui réunit 12 voix autour d'une même question: comment construire un Québec où chacun et chacune trouve sa place?
À travers des récits autobiographiques et des réflexions sur diverses réalités, les auteurs et autrices abordent des enjeux liés à l'immigration, à l'identité de genre, à l'itinérance ou aux Premiers Peuples. Ces textes nous plongent dans des réalités souvent peu entendues. Une personne transgenre y raconte ainsi ses réflexions sur ses rapports avec des femmes elles-mêmes marginalisées, tandis qu'un metteur en scène revient sur sa rencontre avec une personne neurodivergente ayant participé à ses ateliers de création. Alexis Vollant, étudiant en droit à l'Université Laval, aborde quant à lui l'inclusivité queer en contexte autochtone.
Mon Québec inclusif montre comment l'ouverture et la rencontre avec l'autre peuvent transformer le vivre-ensemble. Un recueil qui invite à réfléchir à ce qui nous rassemble et à imaginer un Québec plus diversifié et accueillant.
— Extrait
Le bien ne fait pas de bruit (Boréal), par Monique Proulx

Figure bien connue de la littérature québécoise, Monique Proulx est l'autrice de plusieurs romans, recueils de nouvelles et scénarios, dont Enlève la nuit. Titulaire d'un baccalauréat en littérature et en théâtre de l'Université Laval, elle propose avec Le bien ne fait pas de bruit un roman inspiré de personnages ayant réellement existé, mais dont elle a transformé librement les parcours.
Flora consacre son existence à prendre soin des autres. Dans sa maison au cœur d'une forêt dans les Laurentides, elle veille sur sa famille, tout en portant la même attention aux animaux et à la nature qui l'entourent. Son quotidien est bouleversé par l'arrivée de Margaret Myre, une écrivaine célèbre qui s'installe dans le chalet voisin. Entre ces deux femmes que tout semble opposer – l'une vivant dans l'ombre et le dévouement, l'autre habituée à la reconnaissance du public – se noue une belle relation.
Inspiré par l'histoire d'amitié entre Gabrielle Roy et Berthe Simard, ce roman rend hommage à ces personnes discrètes qui façonnent la vie des autres. À travers Flora, Monique Proulx s'intéresse à une forme de bonté sans éclat ni recherche de reconnaissance, tout en accordant une place importante à la nature. Un roman lumineux sur l'amitié, la bonté et la résilience.
— Extrait
Révolution silencieuse. La transformation de l'identitaire québécois (Boréal), par Jocelyn Létourneau

Professeur émérite et spécialiste de l'histoire et de la mémoire québécoises, Jocelyn Létourneau s'intéresse dans cet essai à la transformation de l'identité collective québécoise depuis le milieu des années 1990.
L'auteur observe un changement progressif dans la manière dont les Québécois se définissent, se racontent et envisagent leur avenir. Pour lui, le rapport à l'histoire, à l'Autre, à l'anglais et aux héritages qui composent la société se transforme, tandis qu'une nouvelle vision de l'identité prend peu à peu forme. Une évolution discrète, mais profonde.
En évoquant un «passage du paradigme de l'indépendance au profit de celui de l'interdépendance», le professeur Létourneau invite à réfléchir à ce que signifie être Québécois aujourd'hui.
— Extrait

























