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4 octobre 2022

Le coût des programmes sport-études, un fardeau très lourd pour certaines familles

Près de 40% des programmes coûtent plus de 5000$ par année

Par : Jean Hamann
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— Getty Images/Fertnig

Les coûts annuels de participation aux programmes sport-études constituent un fardeau économique important pour certaines familles et, dans certains cas, ils rendent ces programmes difficilement accessibles. C'est ce que constatent le doctorant Alexandro Allison-Abaunza et la professeure Andrea Woodburn, du Département d'éducation physique de l'Université Laval, après avoir compilé les frais annuels associés aux différents programmes sport-études offerts au Québec.

Les données qui ont servi à l'étude ont été fournies par 256 gestionnaires de programmes sport-études offerts dans des écoles secondaires du Québec. Elles portent sur 448 programmes couvrant 35 sports pour l'année 2017-2018. Les coûts de participation incluent les frais d'inscription, les frais d'affiliation et les services spécialisés d'encadrement ainsi que les frais associés aux compétitions. «Ces coûts ont sûrement augmenté depuis, notamment en raison de l'inflation et de la hausse du coût de l'essence et de l'hébergement», estime Alexandro Allison-Abaunza.

Les analyses des chercheurs, qui ont été publiées dans la revue scientifique Society and Leisure, révèlent que les coûts annuels de participation se chiffrent, en moyenne, à 5230$. Il y a toutefois d'importants écarts entre les disciplines sportives puisque ces montants vont de moins de 2000$ à plus de 16 000$. Les programmes qui coûtent plus de 5000$ représentent 39% de l'ensemble. À peine 1,4% des programmes coûtent moins de 1000$.

Coûts annuels par sport dans les programmes sport-études couverts par l’étude

SportFrais totaux ($)
Athlétisme2 364
Badminton4 720
Baseball3 585
Basketball1 586
Biathlon1775
Boxe1 720
Canot kayak3 694
Cyclisme5 840
Escrime2 340
Golf8 520
Gymnastique4 939
Handball1 650
Hockey5 035
Judo2 773
Karaté3 913
Natation3 325
Nage synchronisée6 141
Patinage artistique12 635
Patinage de vitesse3 694
Planche à neige4 888
Plongeon4 506
Ringuette4 225
Ski alpin12 211
Ski de fond3 380
Ski acrobatique6 600
Soccer3 072
Softball2 400
Taekwondo2 563
Tennis13 199
Tennis de table5 075
Tir à l’arc5 910
Triathlon3 008
Voile16 333
Volleyball2 007
Waterpolo2 468

1. Le biathlon est un cas particulier parce que ce programme sport-études est financé par la Fédération québécoise de biathlon.

Certains programmes très populaires se situent sous la moyenne au chapitre des coûts. C'est le cas du basketball (1586$), du soccer (3072$) et du baseball (3585$). D'autres programmes dépassent largement la moyenne. C'est le cas du ski alpin (12 221$), du patinage artistique (12 635$), du tennis (13 199$) et de la voile (16 333$).

En se basant sur le coût médian des programmes (3733$), les chercheurs estiment que les frais de participation représentent 5% du revenu net moyen des ménages de deux parents, et 10% du revenu net moyen des ménages monoparentaux. «Ces données suggèrent que les programmes sport-études ne sont pas accessibles à toutes les familles, constate Alexandro Allison-Abaunza. Elles impliquent que certaines familles, en particulier les familles monoparentales, ne peuvent inscrire leurs enfants à ces programmes sans couper ailleurs dans leur budget.»

« Je ne dis pas que ces programmes devraient être gratuits, mais il faudrait au moins avoir une conversation sur les coûts et sur la façon d'assurer l'accessibilité à ces programmes au plus grand nombre. La situation actuelle crée un problème d'équité. »

Alexandro Allison-Abaunza

Présentement, le coût des programmes sport-études n'est pas réglementé par le gouvernement du Québec, même si la plupart sont offerts dans le réseau public. «Peu importe le montant, il y a des parents qui sont prêts à payer pour offrir le meilleur encadrement possible à leur enfant. L'absence de règle sur le plafonnement des coûts dresse un rideau d'exclusion qui affecte les familles moins nanties, estime le doctorant. Je ne dis pas que ces programmes devraient être gratuits, mais il faudrait au moins avoir une conversation sur les coûts et sur la façon d'assurer l'accessibilité à ces programmes au plus grand nombre. La situation actuelle crée un problème d'équité.»