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En attendant le vaccin

Des chercheurs de la Faculté de médecine repèrent les embûches qui guettent la vaccination contre le virus du papillome humain

Par : Jean Hamann
L’acceptabilité du vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) est relativement élevée dans la région de Québec, mais les campagnes de vaccination risquent tout de même de frapper quelques poches de résistance, révèle une étude menée par une équipe de la Faculté de médecine. En effet, un sondage réalisé à l’hiver 2006 auprès de 471 personnes indique que 15 % des répondants ne recommanderaient pas la vaccination contre le VPH à leurs proches, et 28 % ne sont pas favorables à la vaccination des préadolescentes, le groupe pour lequel l’efficacité du vaccin serait pourtant maximale. De plus, près du tiers des répondants craignent que la vaccination des jeunes filles n’encourage la précocité des rapports sexuels, rapportent Chantal Sauvageau, Bernard Duval, Vladimir Gilca, France Lavoie et Manale Ouakki, de l’Unité de recherche en santé publique du CHUL, dans un article publié dans l’édition du 25 octobre de BioMed Central Public Health.
   
Transmis par contact sexuel, le VPH se présente sous plus de 200 types qui peuvent provoquer des verrues, des lésions génitales ou des cancers du col de l’utérus. On lui attribue près de 400 décès chaque année au Canada et le vaccin qui vient d’être mis en marché permettrait de prévenir jusqu’à 70 % de ceux-ci. Six provinces canadiennes, dont le Québec, ont décidé d’implanter un programme de vaccination contre le VPH. Comme il s’agit d’un vaccin préventif, il est souhaitable qu’il soit administré avant que les jeunes filles ne commencent leur vie sexuelle, estiment les autorités médicales. 
   
Le sondage indique qu’à peine 15 % des répondants connaissaient l’existence du VPH avant l’entrevue téléphonique. Néanmoins, après avoir entendu un bref exposé neutre qui présentait le vaccin contre ce virus, 85 % des répondants le recommanderaient à leurs filles ou à leurs nièces. «Ce taux se compare à l’appui que la population accorde à la vaccination en général, souligne Chantal Sauvageau. Même si les gens connaissent peu le VPH, ils sont très majoritairement en faveur du vaccin parce qu’ils ont confiance aux avis des responsables de la santé publique.»
   
L’appui à la vaccination contre le VPH est de 83 % chez les diplômés universitaires et de 90 % chez ceux qui ont une scolarité inférieure au diplôme d’études collégiales. Les femmes qui passent moins régulièrement un test de Pap (frottis vaginaux) pour le dépistage du cancer du col de l’utérus sont plus enclines à recommander le vaccin, bien que ce ne soit pas un substitut au test. Chez les femmes de moins de 30 ans, 56 % disent avoir la ferme intention de se faire vacciner; ce taux chuterait toutefois de moitié si elles devaient assumer le coût du vaccin (135 $ la dose).
  
«Les campagnes d’information sur le VPH auront un rôle clé à jouer pour faire comprendre à la population les raisons qui justifient le programme de vaccination, en particulier chez les jeunes filles. L’acceptabilité de la vaccination des préadolescentes ne doit pas être tenue pour acquise», conclut Chantal Sauvageau.

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