10 septembre 2026
Et si l'environnement d'un festival contribuait au sentiment de sécurité?
Une équipe de recherche profitera du festival Fono pour étudier comment des aspects de l'environnement festif peuvent contribuer à prévenir les violences à caractère sexuel des festivalières et festivaliers

Stéphanie Couture, sexologue et professeure au Département de psychiatrie et de neurosciences de l'Université Laval, dirige cette étude.
L'éclairage d'un site. La densité de la foule devant une scène. La présence d'un endroit où reprendre son souffle. Ces éléments, qui font partie de l'expérience d'un festival, pourraient jouer un rôle plus favorable qu'on le croit dans la prévention des violences à caractère sexuel (VACS).
C'est du moins l'hypothèse que souhaite explorer Stéphanie Couture, sexologue et professeure au Département de psychiatrie et de neurosciences de l'Université Laval. À l'occasion du festival Fono, qui se déroulera sur le campus du 10 au 12 septembre, elle dirigera une étude visant à mieux comprendre comment certains facteurs environnementaux peuvent contribuer à rendre les milieux festifs plus sécuritaires.
L'intérêt pour cette question n'est pas anodin. Des études réalisées dans différents contextes festifs en Amérique du Nord et en Europe indiquent que plus de la moitié des personnes participantes déclarent avoir vécu au moins une forme de VACS dans de tels contextes au cours de leur vie. Ces violences peuvent prendre diverses formes, allant de commentaires non désirés aux agressions sexuelles.
«Il existe déjà plusieurs initiatives qui misent sur la sensibilisation et la formation des individus pour prévenir les violences à caractère sexuel, souligne la chercheuse. Ces approches demeurent importantes, mais les facteurs de risque et de protection liés à l'environnement ont été beaucoup moins étudiés.»
Un laboratoire grandeur nature
Pour documenter ces facteurs, Stéphanie Couture et trois étudiantes du baccalauréat en sexologie auront recours à une approche appelée «ethnographie rapide». Pendant les trois jours du festival, elles parcourront le site afin d'observer systématiquement différents éléments susceptibles de contribuer au sentiment de sécurité des festivalières et festivaliers.
L'équipe s'intéressera notamment à l'aménagement du site, à son fonctionnement et aux mesures de prévention mises en place.
Les observations seront complétées par des entrevues auprès de personnes de l'organisation et de la sécurité du festival, ainsi que par des groupes de discussion avec des personnes festivalières et des bénévoles après Fono.
Stéphanie Couture ajoute que son équipe ne sera pas passive si un incident survient sous ses yeux. «Dans ce genre d'étude, on a un protocole déterminé. Dans l'éventualité où l'équipe de recherche est témoin de quelque chose, elle collabore avec les responsables de la sécurité présents sur place afin d'assurer le relais vers les services d'aide appropriés.»
La chercheuse précise toutefois que le choix de Fono ne répond pas à une problématique particulière observée à Québec ou sur le campus. «La Ville de Québec n'est pas l'endroit où l'on rapporte le plus de violences à caractère sexuel à la police», souligne-t-elle. Le festival constitue plutôt un terrain d'étude idéal pour observer dans des conditions réelles, d'autant plus qu'il se déroule directement sur le campus de l'Université Laval.
Des recommandations applicables ailleurs
Avant même le début de la collecte de données à Fono, l'équipe avait analysé les pratiques de prévention de 126 festivals québécois à partir de leurs sites Web et de leurs réseaux sociaux.
À terme, l'objectif de cette recherche est de formuler des recommandations applicables non seulement dans les festivals, mais aussi dans d'autres lieux de rassemblement comme les bars, expose Stéphanie Couture.
«On veut montrer qu'il existe parfois des mesures simples, qui ne demandent pas un énorme budget et qui peuvent faire la différence pour améliorer le sentiment de sécurité», indique la professeure.
Dans le même esprit de prévention, la professeure rappelle que l'Université Laval offre à l'ensemble de sa communauté une formation obligatoire sur les violences à caractère sexuel.
La recherche de la professeure Couture s'inscrit dans le chantier Un campus vibrant du Plan institutionnel 2023-2028 de l'Université Laval.

























