17 juillet 2026
Des composés naturels de la canneberge pourraient aider à mieux contrôler la glycémie
Une étude de l'Université Laval révèle que ces composés naturels ralentissent l'absorption du glucose dans l'intestin et améliorent le contrôle du sucre sanguin

Riches en polyphénols, les canneberges contiennent notamment des proanthocyanidines, des composés étudiés pour leurs effets bénéfiques sur le métabolisme du glucose.
— Getty Images, Vermontalm
L'obésité et le diabète de type 2 touchent un nombre croissant de personnes partout dans le monde. Bien que plusieurs traitements permettent de mieux contrôler la glycémie, c'est-à-dire le taux de sucre dans le sang, ils ne sont pas efficaces chez toutes les patientes et tous les patients et peuvent entraîner des effets secondaires. Des équipes de recherche s'intéressent donc de plus en plus à de nouvelles pistes, notamment aux composés naturels présents dans certains aliments, comme les polyphénols de la canneberge.
Dans une étude publiée dans The FASEB Journal, une équipe de l'Université Laval montre que des extraits de canneberge riches en proanthocyanidines, une famille de polyphénols naturellement présents dans certains végétaux, améliorent le contrôle de la glycémie chez des souris présentant une obésité établie. Contrairement à ce que l'on croyait jusqu'ici, ces effets ne seraient pas liés à une perte de poids, mais plutôt à une action directe dans l'intestin.
«Depuis plusieurs années, on savait que les polyphénols de la canneberge amélioraient le métabolisme, mais les mécanismes l'expliquant demeuraient mal compris. Nos résultats montrent que l'intestin constitue probablement leur principal site d'action», explique Alexandre Caron, professeur à la Faculté de pharmacie de l'Université Laval, chercheur à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec et responsable de l'étude.
Un effet qui commence dans l'intestin
L'équipe de recherche a observé que ces composés naturels réduisent l'activité de l'α-amylase, une enzyme qui participe à la digestion de l'amidon. En ralentissant cette étape de la digestion, le glucose est absorbé plus progressivement dans le sang après les repas, permettant ainsi une meilleure régulation de la glycémie.
«C'est un peu comme si ces composés agissaient comme un limiteur de vitesse. Au lieu que le glucose arrive rapidement dans le sang après un repas, son entrée est ralentie. Cela évite une montée trop brusque du taux de sucre et permet à l'organisme de mieux maintenir l'équilibre», illustre le professeur Caron.
L'équipe a également constaté une augmentation d'Akkermansia muciniphila, une bactérie naturellement présente dans le microbiote intestinal et associée à une meilleure santé métabolique.
Pour mieux comprendre les mécanismes en jeu, il restait à vérifier si les effets des composés de la canneberge dépendaient de l'activation du tissu adipeux brun, un type de graisse qui brûle de l'énergie pour produire de la chaleur. Pour ce faire, les chercheuses et chercheurs ont comparé des souris exposées au froid, une condition qui stimule ce tissu, et d'autres maintenues à une température où il est moins sollicité. Les améliorations du contrôle de la glycémie ont été observées dans les deux conditions, ce qui indique que les effets bénéfiques des composés de la canneberge ne reposent pas sur l'activation du tissu adipeux brun.
«Les effets des composés de la canneberge sur la glycémie semblent résulter d'une combinaison de mécanismes: une digestion plus lente des sucres, une absorption retardée du glucose et une modification positive du microbiote intestinal», résume le professeur Caron.
Vers des approches nutritionnelles innovantes
Ces travaux permettent de mieux comprendre comment les molécules naturelles présentes dans la canneberge influencent la façon dont l'organisme transforme et utilise le sucre. «Bien que d'autres études soient nécessaires avant d'envisager des applications chez l'humain, ces résultats pourraient contribuer au développement de nouvelles approches nutritionnelles visant à améliorer le contrôle de la glycémie en ciblant directement l'intestin», conclut le professeur Caron.
Les signataires de l'étude publiée dans The FASEB Journal affiliés à l'Université Laval sont Sarra Beji, Mathilde Mouchiroud, Laura Tribouillard, Bernie Efole, Lia Perazza, Léa Favereaux, Audrey Poirier, Wandy Idris, Yves Gélinas, Thibault V. Varin, Fernando Forato Anhê, Frédéric Picard, Mathieu Laplante, André Marette, Andréanne Michaud et Alexandre Caron. Carole Rovère est affiliée à Université Côte d'Azur (France).
Raphaëlle Vallée est chargée de communication à la Faculté de pharmacie.

























