
Le navire de recherche de la Garde côtière canadienne, le NGCC Amundsen, dans les glaces des îles de la Reine-Élizabeth lors de son expédition en 2025. La mission 2026 mènera les équipes de recherche dans la mer du Labrador, la baie de Baffin, le passage du Nord-Ouest, le détroit de Nares, la zone marine protégée de Tuvaijuittuq ainsi que plusieurs fjords du Groenland et dans l'archipel arctique canadien.
— Amundsen Science
Le brise-glace de recherche NGCC Amundsen quitte le port de Québec le 10 juillet pour entreprendre une expédition scientifique de 139 jours dans l'Arctique canadien et le long de la côte ouest du Groenland. Jusqu'au 25 novembre, plus de 200 personnes, dont 13 membres de la communauté de l'Université Laval se relaieront à bord afin de mieux comprendre les changements environnementaux et écologiques qui transforment le Nord.
Coordonnée par Amundsen Science, dont la direction est basée à l'Université Laval, en partenariat avec la Garde côtière canadienne, cette mission réunira scientifiques, étudiantes et étudiants, ingénieures et ingénieurs, partenaires inuit, artistes et journalistes provenant d'institutions et d'organisations canadiennes et internationales.
«Ces collaborations s'appuient sur les capacités propres du Canada en matière de recherche arctique et nous permettent de contribuer à la science arctique internationale en position de force, tout en renforçant notre capacité à comprendre et à gérer l'Arctique de manière responsable et respectueuse», souligne Alexandre Forest, directeur exécutif d'Amundsen Science.
Diplomatie scientifique et souffle de baleines
Dès les premières semaines, les équipes de recherche étudieront des habitats marins dans la mer du Labrador, notamment à l'aide d'ASTRID, le véhicule sous-marin télécommandé d'Amundsen Science, pour documenter et prélever des échantillons.
Le navire se dirigera ensuite vers la côte ouest du Groenland où le projet international CASCADES étudiera l'impact de la fonte des glaciers sur les fjords et les écosystèmes marins de la Baie de Baffin. Les équipes scientifiques provenant du Canada, de la Suisse, de la France et du Groenland mèneront une importante collecte de données afin d'évaluer comment la transformation accélérée de la plus grande masse de glace de l'hémisphère Nord affecte la productivité biologique de l'Arctique, les communautés nordiques et le niveau mondial des mers.
Selon Jean-Éric Tremblay, professeur au Département de biologie de l'Université Laval, directeur scientifique de l'Institut nordique du Québec et cochef scientifique de la deuxième étape de la mission, l'expédition CASCADES est «un effort sans précédent» pour mieux comprendre la transformation des glaciers du Groenland et l'impact de leur fonte sur l'océan et les communautés côtières. «La dimension planétaire de cet enjeu majeur explique pourquoi des chercheurs de plusieurs pays se mobilisent et combinent leur savoir-faire pour analyser les multiples facettes du changement, allant de la dynamique des glaciers à la réponse de l'écosystème marin qui sous-tend la productivité biologique et tempère le climat. Au-delà des nombreuses mesures qui seront effectuées, CASCADES est un bel exemple de diplomatie scientifique qui démontre le leadership rassembleur de l'Institut nordique du Québec et du Canada à l'international», dit-il.
Parmi les projets les plus novateurs figure l'étude de populations de baleines vivant dans certains fjords groenlandais. Des échantillons de leur souffle seront recueillis à distance grâce à un drone aérien qui ne perturbera pas les animaux, précise Amundsen Science. L'analyse de leur ADN permettra d'en apprendre davantage sur la réponse des groupes de baleines face aux transformations de l'environnement.
En septembre, l'Amundsen mettra le cap sur l'Extrême-Arctique canadien, où les équipes scientifiques mèneront des travaux dans certaines des régions les moins étudiées et les plus sujettes à des changements rapides.
Art et naissance de la banquise
En octobre, parallèlement à un programme de mouillages dans le détroit de Davis, des artistes en résidence travailleront à bord en collaboration avec les équipes scientifiques pour explorer des façons de raconter, d'interpréter et de partager la recherche menée dans l'Arctique auprès de différents publics.
En novembre, des équipes de recherche reviendront à bord du navire pour observer la formation et l'évolution de la banquise, pendant la période cruciale, mais peu étudiée, de gel de l'océan. Quatre stations de recherche seront installées dans l'ouest de la baie de Baffin afin de suivre les premiers stades de formation de la glace.
Former la relève et tisser des liens avec le Nord
L'expédition servira également de laboratoire pour la prochaine génération de spécialistes de l'Arctique, relève Amundsen Science. Près de 75 étudiantes et étudiants, dont 6 de l'Université Laval, participeront aux différentes étapes de la mission.
Des rencontres sont également prévues dans plusieurs communautés nordiques afin de favoriser les échanges entre les représentantes et représentants inuit, les équipes scientifiques et les membres de la Garde côtière canadienne. L'intégration des savoirs inuit et des priorités locales aux travaux de recherche demeure un élément central de l'expédition, rappelle Amundsen Science.
Depuis 2003, le NGCC Amundsen a accueilli plus de 120 équipes de recherche canadiennes et internationales et soutenu 52 grands programmes scientifiques. Le navire a été mis en service à des fins de recherche en 2002 grâce à des subventions de la Fondation canadienne pour l'innovation et d'autres partenaires.

























