
Les îlots de chaleur urbains dans la région de Québec durant la période 2020 à 2022
— Ville de Québec
Jeanne Picher-Labrie est professionnelle de recherche au Département de géographie de l'Université Laval. Le lundi 25 mai, elle a présenté les grandes lignes d'un projet de recherche dirigé par le professeur Marc-André Bourgault et auquel elle participe. Cette recherche s'intitule «Température intérieure des logements situés en îlot de chaleur dans la Capitale-Nationale: influence de l'environnement bâti et comparaison aux données météorologiques». L'exposé a eu lieu au pavillon La Laurentienne dans le cadre du 3e Rendez-vous de l'action climatique, une activité mise sur pied par l'Institut en environnement, développement et société de l'Université Laval. Le Rendez-vous met en lumière le rôle clé du milieu universitaire dans la compréhension des défis climatiques et l'expérimentation de solutions concrètes à travers des projets de recherche collaboratifs.
«L'équipe de recherche du professeur Bourgault a réalisé un premier projet en 2022-2023 sur la cartographie des îlots de chaleur dans l'agglomération de Québec, a expliqué Jeanne Picher-Labrie. Le nouveau projet a démarré en 2025. Les chercheurs s'intéressent cette fois à décrire les températures intérieures des logements non climatisés situés en îlots de chaleur urbains des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches sous l'angle de l'influence de l'environnement bâti. Nous voulons comparer les températures intérieures mesurées avec celles des stations météorologiques régionales et avec les données micrométéorologiques.»
L'équipe s'intéresse aux îlots de chaleur dans un contexte de changements climatiques parce que les scientifiques s'attendent à une augmentation des épisodes de chaleur extrême dans les prochaines années. «Or, nous passons environ 90% de notre temps à l'intérieur, a souligné la professionnelle de recherche. Les épisodes de chaleur extrême vont entraîner une augmentation des hospitalisations et une augmentation des mortalités chez ceux qui n'ont pas accès à l'air climatisé, principalement chez certains groupes vulnérables comme les aînés, les malades et les personnes à mobilité réduite.»
En 2022 et 2023, 80 capteurs ont été installés dans 29 des 35 quartiers de Québec, en plus des secteurs de Saint-Augustin-de-Desmaures et de l'Ancienne-Lorette. Les données ont permis de créer une modélisation spatio-temporelle de la température maximale journalière partout sur le territoire. «Cet outil a permis de montrer une différence de température quotidienne maximale de cinq degrés entre les quartiers les plus frais et les plus chauds de la ville, a indiqué Jeanne Picher-Labrie. Les chercheurs ont pu aussi identifier un peu plus de zones chaudes dans les quartiers chauds.»
En mai 2026, l'équipe de recherche a commencé l'installation d'un à trois capteurs dans des logements non climatisés de la ville de Québec, dans la pièce la plus chaude comme le salon ou la chambre à coucher. Ces petits appareils – il y en a 150 – mesurent la température toutes les heures. L'équipe fait aussi la collecte de quelques informations générales sur le logement, par exemple l'orientation des fenêtres et le nombre de pièces. La récupération des capteurs aura lieu en septembre ou octobre prochain.
Le but du projet vise à mieux comprendre la chaleur dans les logements sans climatisation dans un quartier très chaud et où les personnes sont plus à risque face à la chaleur. Mesurer la température permettra d'identifier les logements qui sont les plus à risque lors de ces périodes. Parmi les résultats attendus, mentionnons, entre autres, des appartements qui se refroidissent peu la nuit et des logements situés aux plus hauts étages plus chauds que ceux au rez-de-chaussée.
Mentionnons que les citoyennes et citoyens qui désirent participer au projet peuvent encore le faire. La principale condition est de ne pas avoir accès à la climatisation dans son logement.

























