
La preuve par l'image et Science Exposed permettent de célébrer l'image comme moyen de communication scientifique.
— Getty Images, scyther5
L'Acfas et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada ont dévoilé les œuvres finalistes aux concours annuels de photographie scientifique La preuve par l'image et Science Exposed. Sept des images finalistes ont été réalisées par des membres de la communauté de l'Université Laval.
Ces concours permettent de célébrer l'image comme moyen de communication scientifique dans tous les domaines de la connaissance.
Quatre bourses de 2000$ sont en jeu à chacun de ces concours. Le jury récompensera les 3 œuvres les plus remarquables parmi les 20 finalistes. De plus, un prix du public sera décerné à l'œuvre qui aura recueilli le plus de votes d'ici le 27 septembre à La preuve par l'image et à Science Exposed. Enfin, La preuve par l'image décernera un prix de 2000$ à la meilleure photo dans la catégorie «Humains-Nature».
Voici les photos finalistes qui ont été prises par des membres de la communauté.
La nature de l'apprentissage
Caroline Bouchard, professeure
Faculté des sciences de l'éducation, Université Laval
Anne-Sophie Parent, professeure
Université de Montréal

Une éducatrice d’un centre de la petite enfance avec deux jeunes enfants, dans un arbre
— Marie-Pierre Lajoie
Installée au creux d'un arbre, cette éducatrice d'un centre de la petite enfance axé sur l'éducation par la nature écoute attentivement les propos de deux jeunes enfants explorant leur environnement. Elle les accompagne dans le développement de leur faculté de raisonnement. Dans une étude, plusieurs éducatrices et éducateurs ont analysé leurs interventions en visionnant des vidéos prises dans des situations de jeu en milieu naturel. Elles et ils ont dit avoir hésité parfois entre donner aux jeunes la bonne réponse et les encourager à émettre des hypothèses. L'ensemble de cette démarche permettrait de bonifier leurs pratiques en matière de soutien à la pensée des enfants.
Quand les acides gras nourrissent la vie
Morgane Goux, étudiante au doctorat en médecine moléculaire
Faculté de médecine de l'Université Laval

Une coupe d’ovaire et de trompe utérine de souris photographiée par microscopie confocale
— Morgane Goux
Cette coupe d'ovaire (en haut) et de trompe utérine (en bas) de souris révèle des ovocytes, soit des ovules immatures, à différents stades de développement. En bleu: le noyau de plusieurs types de cellules. En magenta: des cellules produisant une protéine, la FATP2. Dans d'autres organes, cette protéine permet aux cellules d'accumuler des acides gras essentiels tels que les oméga-3. Cette protéine jouerait-elle aussi ce rôle clé au sein de l'ovaire, dans la production d'hormones et la maturation des ovocytes? La réponse serait utile pour améliorer le traitement de certains cas d'infertilité féminine.
Ravageur au repos
Florent Sylvestre, stagiaire postdoctoral
Nicolas Plante, professionnel de recherche
Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation

Une cicadelle de la pomme de terre installée sur une feuille de luzerne
— Florent Sylvestre et Nicolas Plante
Cette minuscule cicadelle de la pomme de terre, bien installée sur une feuille de luzerne, a faim. Des bleuets aux fraises, en passant par les pommes de terre, le soya et la luzerne, de nombreuses plantes plaisent à cet insecte originaire des États-Unis. Au printemps, Empoasca fabae migre au Canada en se laissant porter par les vents. Des scientifiques tentent de contrôler ce ravageur qui endommage les végétaux en aspirant leur sève. Ces spécialistes testent divers outils de lutte biologique en combinant écologie, génétique et microbiologie, une approche moins nocive que les pesticides chimiques.
Dans les abysses de l'insuffisance rénale
Emma Cavarocchi, stagiaire postdoctorale
Maude-Émilie Boudreault, finissante au baccalauréat en sciences biomédicales
Faculté de médecine

Une coupe d’un rein de souris sous microscopie optique
— Emma Cavarocchi et Maude-Émilie Boudreault
On pourrait se croire au fond des mers, entre coraux et méduses. On voit plutôt ici, dans cette coupe d'un rein de souris, des glomérules (formes rondes, en bleu) et des tubules (formes ovales, en rouge). Cet ensemble constitue le néphron, l'unité de filtration du sang et de production de l'urine. Cependant, les perles rouges inquiètent. Elles révèlent la présence de gras accumulé dans les tubules, un signe d'insuffisance rénale aiguë. Pour prévenir de tels dommages, la recherche de médicaments est primordiale, protégeant du même coup le merveilleux aquarium que nous sommes.
Barrière hydraulique du cerveau
Floriane Bretheau, stagiaire postdoctorale
Faculté de médecine

Une coupe du plexus choroïde sous microscopie confocale
— Floriane Bretheau
Le plexus choroïde, dont on voit ici, en coupe, une infime partie, produit le liquide cérébro-rachidien dans lequel flotte le cerveau. Un liquide qui protège ce dernier des chocs, mais qui facilite aussi la circulation de substances nutritives et l'élimination des déchets. Au centre, on distingue (en turquoise) les globules rouges d'un vaisseau sanguin et sa mince paroi (en vert). La structure qui serpente autour se compose d'une lame basale (en vert). Elle sert de support aux cellules choroïdales (en violet). Celles-ci filtrent le plasma, extrait du vaisseau sanguin, pour le transformer en liquide cérébro-rachidien et veillent à la surveillance immunitaire du cerveau.
Floraison mitotique: une poussière d'étoiles cinétique
Suparba Roy, étudiante au doctorat en biologie cellulaire et moléculaire
Faculté de médecine, Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval et Centre de recherche sur les protéines PROTEO-ULaval

Un noyau cellulaire photographié au cours de la prométaphase
— Suparba Roy
Cette image montre un noyau cellulaire mis en lumière à l'aide de colorants fluorescents, photographié au cours de la prométaphase, la deuxième phase de la division cellulaire (mitose), lorsque l'enveloppe nucléaire se désagrège. Le bleu fait ressortir la chromatine, qui constitue le cœur de la «floraison». La chromatine est un complexe d'ADN et de protéines qui forme les chromosomes présents dans les cellules humaines. La «poussière d'étoiles» jaune montre la phosphorylation de l'histone H3 au niveau de la sérine 10, un marqueur épigénétique classique nécessaire à la condensation et à la séparation correctes des chromosomes pendant la mitose. La cellule représentée provient d'une lignée cellulaire de cancer colorectal humain.
Le baiser interdit
Amir Kafaei, étudiant au doctorat en génie chimique
Faculté des sciences et de génie

Deux bulles d'air qui se touchent à l'intérieur d'un gel polymère complexe.
— Amir Kafaei
Dans le monde des fluides, l'intimité a généralement des conséquences: lorsque des bulles se touchent, elles fusionnent instantanément. Mais à l'intérieur d'un gel polymère complexe, les règles de l'attraction changent. Cette image capture un «baiser interdit» entre deux bulles d'air. Initialement piégées par la résistance à l'écoulement du gel (son seuil d'écoulement), les bulles ont été libérées par des vibrations verticales. La plus grosse bulle, située en bas et s'élevant plus rapidement, a rattrapé sa petite compagne. La milliseconde exacte où elles se sont touchées a été capturée: la bulle inférieure s'est effilée en un cône pointu dirigé vers le haut, tandis que la bulle supérieure formait une calotte arrondie au sommet. Étonnamment, les propriétés uniques du gel agissent comme un bouclier, empêchant les bulles de fusionner. Au lieu de ne faire qu'une, elles échangent leur quantité de mouvement, se séparent et poursuivent leur ascension chacune de leur côté. Au-delà du laboratoire, comprendre comment les vibrations libèrent les bulles piégées dans des matériaux comme le béton frais, les boues de forage et les gels cosmétiques est essentiel pour garantir la sécurité et la qualité de ces produits.

























