
Des centaines de membres de la communauté de recherche ont participé à cette deuxième édition.
— Dany Vachon
Près de 730 personnes issues des 17 facultés s'étaient inscrites au deuxième Grand rendez-vous de la recherche, de la création et de l'innovation et à son gala, tenus le 31 mars au Centre des congrès de Québec. Les échanges, nourris par la diversité des perspectives et l'engagement des participantes et participants, ont témoigné de la capacité de la communauté à se mobiliser et à contribuer activement aux grands défis de notre époque.
«C'est une grande joie de pouvoir se rassembler en si grand nombre pour célébrer et souligner ce qui nous anime profondément: notre mission collective de faire progresser les savoirs et d'en maximiser les retombées», a lancé Eugénie Brouillet, vice-rectrice à la recherche, à la création et à l'innovation, lors du mot d'ouverture.

Durant son mot d'ouverture, Eugénie Brouillet, vice-rectrice à la recherche, à la création et à l'innovation, a saisi l’occasion pour souligner le 50e anniversaire de reconnaissance par la Commission de la recherche de cinq centres de recherche: le Centre de recherche Cultures – Arts – Sociétés (CELAT), le Centre d'optique photonique et laser (COPL), le Centre d’études nordiques (CEN), le Centre de recherche en aménagement et développement (CRAD) et Québec Océan.
— Dany Vachon
Elle a salué la diversité des personnes réunies, venant du corps professoral, de la communauté étudiante et postdoctorale, du personnel de recherche, du personnel technique et de soutien, du personnel administratif et des milieux partenaires. «Vous êtes toutes et tous des actrices et acteurs clés de notre écosystème», a-t-elle ajouté, en rappelant leur rôle essentiel dans ce «grand travail d'équipe qu'est la recherche».
Selon la vice-rectrice, la programmation de la journée a reflété la richesse des expertises de l'Université et la force de ses collaborations, à travers une vingtaine de présentations sur diverses recherches abordant de grandes questions de société, menées sur le campus et au sein de ses centres et milieux affiliés. Un espace exposant regroupant 78 centres, instituts, infrastructures, unités de recherche et facultés a aussi permis au public de découvrir l'ampleur et la diversité des travaux.

Toutes les facultés étaient représentées parmi les 78 kiosques de l'espace exposant.
— Dany Vachon
Une main robotique pour aider les personnes amputées
Comme nouveauté cette année, il y a eu quelques présentations conjointes de projets interdisciplinaires. Parmi les collaborations novatrices menées à l'Université Laval, le projet MAIN a été présenté par Benoit Gosselin, professeur à la Faculté des sciences et de génie, et Véronique Flamand, professeure à la Faculté de médecine. La professeure Flamand a ouvert la présentation en rappelant le rôle central, mais souvent inconscient, des mains dans les gestes du quotidien, comme tenir un café ou utiliser son téléphone. Or, près de 7000 personnes au Canada vivent avec une amputation du membre supérieur. Le défi que l'équipe de recherche souhaite relever: concevoir des prothèses réellement adaptées à leurs besoins.
Contrairement aux prothèses myoélectriques actuelles, généralement contrôlées par deux électrodes et jugées peu intuitives, l'équipe mise sur 64 électrodes afin «d'exploiter la richesse de l'information musculaire», souligne Benoit Gosselin. Combiné à l'intelligence artificielle (IA) pour la détection des gestes, le prototype permet un contrôle plus naturel.
Le projet repose sur une approche interdisciplinaire, mobilisant la bioélectronique, la robotique, l'IA, la réadaptation et les matériaux intelligents. Véronique Flamand a souligné l'importance de la collaboration avec des personnes amputées partenaires pour guider les choix de conception.

Le professeur Benoit Gosselin, affilié au Centre de recherche CERVO et au Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (Cirris), la professeure Véronique Flamand, affiliée au Cirris, les doctorants Étienne Michaud et Félix Chamberland, avec la main robotique présentée au kiosque du Centre de recherche en robotique, vision et intelligence machine. Le bracelet renferme les 64 électrodes qui captent les contractions musculaires responsables du mouvement de la main.
— Dany Vachon
Les ingrédients clés pour une paix durable
«Les guerres civiles ne s'arrêtent pas nécessairement après la signature d'un accord ou une poignée de main», rappelle Alexandre Pelletier, professeur à la Faculté des sciences sociales, lors de sa conférence. En effet, une guerre sur quatre reprendrait quelques années après la fin du conflit. La question qui l'anime: quels facteurs font que certaines paix perdurent et d'autres non? Il s'intéresse particulièrement au cas du Myanmar, où un conflit fait rage depuis 1945, et celui de l'Indonésie, qui est en paix depuis maintenant 20 ans. Pour trouver des réponses, le professeur s'intéresse à la perspective des anciens combattants.
Il ressort trois grands facteurs associés à la paix durable. Le premier est l'inclusion politique, c'est-à-dire d'inclure les groupes armés dans le processus postconflit. La transformation économique est un autre facteur clé, mais détourner les anciens combattants vers des économies légales est particulièrement difficile puisqu'elles sont souvent moins profitables. Le troisième facteur est la transformation organisationnelle. Selon le chercheur, il faut tenir compte des amitiés et des liens créés durant le conflit pour faciliter la réintégration dans la société. «Comprendre la paix, ce n'est pas seulement comprendre comment une guerre se termine, c'est comprendre ce qui survit après la guerre», conclut-il.

Le professeur Alexandre Pelletier, titulaire de la Chaire de leadership en enseignement Roméo Dallaire sur les conflits et la paix durable, a abordé les grandes lignes de ses recherches sur les groupes armés non étatiques. Son équipe a documenté la trajectoire de 380 groupes, des années 1990 à aujourd'hui.
— Dany Vachon
Les lentilles d'eau, une source de protéines prometteuses
Les lentilles d'eau sont-elles l'ingrédient du futur? C'est avec cette question que Laurent Bazinet, professeur à la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation, a amorcé sa conférence. Cet aliment présente plusieurs avantages. Les lentilles ont une croissance extrêmement rapide, doublant de masse en 24 à 48 heures. Leur teneur en protéines est élevée, et le rendement protéique par hectare est 10 à 15 fois supérieur à celui du soja. La culture pourrait se faire dans des bacs. «On a juste besoin d'eau et de chaleur», précise le professeur, qui voit aussi un intérêt du point de vue environnemental.
Mais avant d'ajouter les lentilles d'eau au menu, le professeur et son équipe ont fait des recherches sur la digestibilité de ces protéines, les peptides, de petits fragments de protéines générés lors de leur digestion, et leurs effets sur la santé. Le professeur Bazinet a rapporté une bonne digestibilité, comparable à celle du blanc d'œuf, du lait ou du soja. Du côté de la digestion, elle génère une grande diversité de peptides, dont certaines ont des propriétés intéressantes pour contrer l'hypertension et le diabète. Ces résultats pourraient inspirer de futurs médicaments et la création d'aliments santé, indique-t-il.

Le professeur Laurent Bazinet, chercheur à l'Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels, a présenté ses travaux sur les lentilles d'eau, menés en collaboration avec une équipe de l'Université de Lille dans le cadre du nouveau Réseau de recherche international SEBioVA.
— Dany Vachon
Des greffes qui donnent de l’espoir
Avec ses images de greffes pour traiter les brûlures sévères, Lucie Germain, professeure à la Faculté de médecine, a fait à la fois frissonner et espérer. Sommité dans le domaine du génie tissulaire, des cellules souches et de la médecine régénératrice, elle a expliqué en conférence la fabrication en laboratoire de peau humaine bilamellaire par autoassemblage.
Au kiosque du Centre de recherche en organogénèse expérimentale de l'Université Laval, qu’elle dirige, on pouvait voir au microscope cette peau reconstruite qui reproduit les deux couches supérieures, l’épiderme et le derme, et utilisée dans les essais cliniques pour soigner les grands brûlés partout au pays. Avec l'aide d’étudiantes et d'étudiants aux cycles supérieurs, son équipe poursuit les travaux pour améliorer notamment la pigmentation de cette peau et les annexes cutanées (poils, glandes, etc.). Un travail qui s'effectue sans relâche depuis trois décennies pour la professeure Germain, affiliée au Centre de recherche du CHU de Québec – Université Laval et lauréate d’un prix Killam, qui a conclu sa présentation en disant: «Les efforts sont récompensés par l’amélioration de la qualité de vie des patients».

La professeure Lucie Germain au kiosque du Centre de recherche en organogénèse expérimentale de l'Université Laval, en compagnie des étudiants au doctorat Henri De Koninck et Karel Ferland, et de l'étudiante à la maîtrise Anne-Julie Bernier.
— Dany Vachon
Un «ADN participatif et partenarial»
La rectrice Sophie D'Amours a clos le Grand rendez-vous de la recherche, de la création et de l'innovation en se disant comblée par cette journée de découverte, animée par la volonté de croiser les regards et d'en apprendre plus sur les travaux menés à l'Université Laval. «La recherche, ce n'est pas un sport individuel, c'est un sport d'équipe», a-t-elle souligné.
Selon elle, cette journée est un rendez-vous incontournable. Elle a d'ailleurs salué la plus grande présence d'étudiantes et d'étudiants par rapport à la première édition, avec une augmentation de 30%. «Pour moi, ce grand rendez-vous illustre la vitalité exceptionnelle de notre écosystème, ajoute la rectrice. Vous avez un ADN qui est différent, il faut être fier. Notre ADN participatif, partenarial, il n'est pas répandu partout.»
Elle a invité la communauté de recherche à faire rayonner ses travaux et à continuer de rendre les connaissances plus accessibles pour coconstruire des solutions aux défis contemporains, reconnaissant sa capacité exceptionnelle de «faire le kilomètre supplémentaire». «On est reconnu pour être une communauté qui a le courage d'explorer, d'innover et de remettre en question. C'est ça, une université d'impact», a-t-elle ajouté.

La rectrice Sophie D’Amours et Cathia Bergeron, vice-rectrice aux études et aux affaires étudiantes, et responsable de la santé, ont échangé avec des membres de la communauté de recherche lors du cocktail de réseautage qui s'est tenu à la fin de la journée.
— Dany Vachon
Le Grand rendez-vous de la recherche, de la création et de l'innovation est un projet appuyé par le chantier Les savoirs, les sciences et la société du Plan institutionnel ULaval 2023-2028.
Découvrir les 16 Prix d'excellence en recherche, création et innovation remis lors du gala en soirée

























