18 juin 2026
Alimentation et savoirs au carrefour de l'héritage et de l'innovation
L'International Conference on Culinary Arts and Sciences a réuni sur le campus des personnes issues de la recherche et de l'industrie pour réfléchir au rôle de l'alimentation durable face aux défis actuels

Sylvie Turgeon, professeure en sciences des aliments, et Irène Neeposh, cheffe de Waswanipi, femme d'affaires et défenseure de l'autonomie financière, lors de la conférence intitulée «Un festin partagé», le 17 juin au Grand Salon.
— Yan Doublet - Université Laval
Du 16 au 18 juin, l'Université Laval a accueilli la 14e édition de l'International Conference on Culinary Arts and Sciences (ICCAS), colloque coorganisé par le Centre NUTRISS et le GastronomiQc Lab. Au cœur de ce forum d'échanges destiné aux artistes culinaires et aux scientifiques issus du monde universitaire et de l'industrie, un thème s'est imposé cette année, soit la contribution de l'alimentation durable aux défis mondiaux.
Dès la conférence d'ouverture intitulée «Un festin partagé», le ton est donné: c'est par la collaboration, l'inclusion et le partage que l'alimentation pourra être véritablement durable. Irène Neeposh, cheffe de Waswanipi, femme d'affaires et défenseure de l'autonomie financière, ainsi que Sylvie Turgeon, professeure en sciences des aliments à l'Université Laval, ont mis en lumière un projet visant à développer une chaîne de valeur alimentaire par et pour la communauté crie de Waswanipi.
Le projet de cocréation portait sur la valorisation de l'alimentation locale et la recherche en collaboration avec les communautés autochtones pour favoriser l'innovation dans leur offre alimentaire. Guidé par les principes de la «double perspective» (two eyed seeing), une approche qui valorise à la fois les savoirs traditionnels et occidentaux, le projet a permis le développement d'une technique de mise en conserve de poisson frais.
Cocréer pour un meilleur impact
Au-delà de ce format innovant, qui est adapté aux besoins de la communauté et qui propose plusieurs contextes d'utilisation (dans les bois, à la maison, lors de repas multigénérationnels, etc.), ce qui ressort est le processus de cocréation et l'écoute de la part de l'équipe de recherche. Plutôt que d'imposer une démarche classique de collecte de données, l'équipe de la professeure Turgeon a su tisser des liens de confiance avec la communauté crie de Waswanipi. «Pour une équipe de recherche, c'est très gratifiant de pouvoir mesurer la portée d'un projet», souligne Sylvie Turgeon.
Qualifié «d'étape de réconciliation» par Irène Neeposh, le projet a eu une portée bien au-delà du cadre scientifique, illustrant l'importance et le pouvoir de ce type de recherche. «Il est essentiel de montrer le positif et le dynamisme des communautés autochtones. Pour avancer, il faut se concentrer sur ce qui nous unit», conclut la cheffe.
L'édition 2026 d'ICCAS a rassemblé 120 participantes et participants, dont plus du tiers étaient issus de l'international. Le programme scientifique comprenait 42 présentations orales ainsi que 37 présentations par affiche. Laure Saulais, professeure au Département d'économie agroalimentaire et des sciences de la consommation de l'Université Laval, était la présidente de cette édition.
Consulter l'ensemble des résumés des présentations de l'ICCAS 2026.
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Émilie Chouinard-Cyr est chargée de communication à l'Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels

L'importance du respect des traditions et du savoir-faire local a aussi été évoquée lors du panel de bienvenue du 16 juin, qui rassemblait Samy Benabed, chef propriétaire de l'Auberge Saint-Mathieu, et Allison Van Rassel, communicatrice culinaire.
— Émilie Chouinard-Cyr

























