
Valériane Champagne St-Arnaud, chercheuse principale du projet et professeure en marketing à la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval
— Yan Doublet, Université Laval
Outil de référence mis au point à l'Université Laval, le Baromètre de l'action climatique revient en force en déployant une série d'enquêtes annuelles à l'échelle du Québec, de 2026 à 2030, en plus d'inclure un nouveau volet régional.
«L'idée de départ, qui est toujours restée, c'est de prendre le pouls de la population en matière d'action climatique. Ce que les gens sont prêts à faire ou non, leurs croyances, leurs attitudes. Par la suite, ces données permettent d'éclairer les décisions publiques», explique Valériane Champagne St-Arnaud, chercheuse principale du projet et professeure en marketing à la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval.
Ce projet d'envergure s'appuiera chaque automne sur un échantillon représentatif de 2000 Québécoises et Québécois. Depuis les débuts du projet, en 2019, le questionnaire a évolué, mais certaines questions clés demeurent, afin de bien cerner les tendances.
La professeure Champagne St-Arnaud se réjouit que ces «données inédites» soient mises à la disposition du plus grand nombre de personnes possible. Les résultats des enquêtes seront accessibles dans des bases de données ouvertes, prêtes à soutenir les gouvernements, les municipalités, les organismes et les équipes de recherche engagées dans la transition climatique.
«Avec les années, je me suis rendu compte que les données du Baromètre sont très utilisées sur le terrain. La force de l'outil, c'est son indépendance et sa rigueur. C'est pour ça que des gens de tous les horizons s'y réfèrent», ajoute-t-elle.
Bien que le projet soit réalisé à partir de l'Université Laval, la professeure Champagne St-Arnaud souhaite collaborer avec d'autres chercheuses et chercheurs de partout au Québec pour développer des thématiques et faire évoluer les connaissances de manière interdisciplinaire. Par exemple, le questionnaire 2026 s'intéressera plus particulièrement à la biodiversité.
Un Baromètre pour chaque région du Québec
Au printemps 2027, des Baromètres régionaux de l'action climatique seront réalisés pour chacune des régions administratives du Québec. Ce nouveau volet du projet permettra de répondre à un besoin grandissant de données régionales fiables, notamment pour appuyer les municipalités dans leur travail. Ces enquêtes rejoindront jusqu'à 14 000 répondantes et répondants au total.
Au cours des derniers mois, un projet pilote a déjà permis la réalisation de l'outil en Outaouais et en Abitibi-Témiscamingue. Souhaitant s'ancrer le plus possible dans les réalités territoriales, l'équipe de recherche lance maintenant un appel aux acteurs locaux des 15 autres régions du Québec.
«On va organiser des activités de concertation sur le terrain au cours de l'automne et on a besoin de gens qui vont nous aider à comprendre les enjeux climatiques très locaux. L'objectif, c'est d'adapter le questionnaire selon les besoins de chaque territoire. C'est l'occasion, par exemple, de tester l'acceptabilité sociale d'une politique qui est dans les cartons», exprime Valériane Champagne St-Arnaud.
En plus des questions propres à chaque région, les baromètres régionaux comprendront des questions communes avec le baromètre provincial, afin d'assurer la comparabilité des résultats.
Un réel appétit pour l'action climatique
Au fil des ans, la professeure a remarqué qu'il y a un décalage entre la réalité et la perception populaire que les Québécoises et Québécois sont réfractaires à opérer des changements pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
«De manière très neutre, ce que le Baromètre révèle, année après année, c'est qu'il y a un réel appétit de la population pour de l'action climatique plus musclée», indique-t-elle. D'où l'intérêt pour les décideuses et décideurs de s'appuyer sur la science pour trouver des solutions à la crise climatique, tout comme aux autres grands défis de la société.

























