Vie universitaire

Elle et Elles: récit empreint d’espoir

De la Syrie au Québec, la médecin-chercheuse Aida Bairam raconte son histoire fascinante dans une autobiographie

Par : Matthieu Dessureault
Aida Bairam
Aida Bairam

La réalité de la guerre, Aida Bairam connaît. Devoir couvrir les fenêtres de son appartement avec du papier pour bloquer la lumière. Les sirènes qui envoient un cri strident pour avertir la population d’un raid aérien. Écouter la radio avec le son au minimum pour suivre l’évolution du conflit.

Née en Syrie, Aida Bairam a vécu quatre guerres depuis qu’elle est enfant. Il y a eu la guerre des Six Jours, qui a opposé l’État d’Israël à ses pays arabes voisins. À cela s’ajoutent la guerre du Kippour et une autre au Liban. La quatrième, celle qui se déroule actuellement en Syrie, elle la vit de loin, au Québec, où elle a immigré.

Professeure au Département de pédiatrie et chercheuse au Centre de recherche de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec–Université Laval, Aida Bairam relate son parcours dans un livre, Elle et Elles, qui vient de paraître aux Éditions Amalthée. «La guerre en Syrie m’a énormément touchée. J’ai eu envie d’aider mon pays. Je crois que c’est avec l’éducation que l’on pourra faire un monde meilleur. Je me suis dit qu’écrire mon cheminement, qui n’est pas simple, pourrait aider des gens et leur donner de la motivation à poursuivre leur vie et leurs études», dit-elle.

La professeure a choisi de verser les bénéfices des ventes de son livre au Fonds de bourses Aida-Bairam pour l’excellence académique, qu’elle a créé. Ce fonds, géré par la Fondation de l’Université Laval, a pour but de soutenir des étudiants d’origine arabe, prioritairement des Syriens. Depuis l’automne 2016, sept bourses ont été remises pour un total de 21 000$.


« Pour moi, la philanthropie est une façon de donner au suivant et de remercier tous ceux qui m’ont soutenue. »
Aida Bairam
Dans son livre, Aida Bairam témoigne de son quotidien en Syrie tout en abordant la situation sociopolitique de ce pays en proie à une guerre civile depuis 2011.

L’histoire d’Aida Bairam est marquée par son désir d’aider les autres. Alors qu’elle avait 11 ans, sa mère décède d’un cancer du sein. C’est à ce moment qu’elle décide de devenir médecin pour «trouver un médicament à cette maladie».

À l’Université d’Alep, la jeune femme découvre les joies de la pédiatrie. Diplôme en poche, elle part pour la France, où elle apprend la langue de Molière et obtient sa spécialité en néonatologie et un doctorat en pharmacologie néonatale. Une rencontre avec un chercheur-clinicien l’amène ensuite à faire un stage de recherche à l’Université McGill. Puis, à son retour en France, c’est au tour de l’Université Laval de la recruter.

Aujourd’hui, Aida Bairam est reconnue comme une sommité dans son domaine. Ses recherches ont permis de faire avancer les connaissances en matière d’apnée du prématuré et de problèmes respiratoires chez les nouveau-nés. Son laboratoire réunit plusieurs chercheurs et accueille régulièrement des étudiants qui viennent y poursuivre leur formation.

Le livre d’Aida Bairam porte un message d’espoir pour ceux qui, comme elle, ont leur lot de défis à surmonter. «Oui, il peut y avoir des embûches, mais il est toujours possible de les traverser, affirme-t-elle. Si le plan A ne fonctionne pas, il existe un plan B et un plan C. On peut à la fois trouver notre plaisir et réaliser nos rêves, même si ces rêves évoluent avec le temps.»

Une cinquième guerre à son compteur

Pour la première fois, la professeure Bairam fait face à une guerre qui touche l’ensemble de la planète: celle du coronavirus. À l’instar de tous ses collègues du milieu de la santé, elle est aux premières loges pour en voir les effets. «C’est une guerre où l’on n’entend ni obus ni sirène. Nous sommes en guerre, mais contre un ennemi invisible qui n’en est pas moins redoutable. Cette situation est très lourde à supporter pour plusieurs personnes», constate-t-elle.

À l’image du parcours raconté dans son livre, son message, encore une fois, est rempli d’optimisme. «Il faut avoir de la peur, mais il ne faut pas vivre la peur. Avoir un minimum de peur permet de se protéger et de protéger les autres. Si on applique les mesures de prévention, je suis sûre qu’on va s’en sortir. L’arrivée d’un vaccin nous permettra de nous défendre contre ce virus. Je suis vraiment optimiste pour l’avenir.»

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