
Entièrement fait en bois, le pavillon Gene-H.-Kruger est considéré comme une infrastructure écologique de pointe.
— Dany Vachon
Vagues de chaleur, précipitations de neige et de pluie intenses, cycles de gel et de dégel: le campus fait face à plusieurs perturbations climatiques. Pour mieux anticiper les risques et les vulnérabilités touchant ses infrastructures et sa population, l'Université Laval a mené le projet Cartographie des aléas climatiques du campus, dans le cadre du chantier L'ambition climatique du Plan institutionnel ULaval 2023-2028.
Ce projet s'inscrit dans une démarche plus large d'adaptation aux changements climatiques déployée par le Service des immeubles (SI) et le Bureau de la responsabilité sociale et environnementale (BRSE), et s'intègre dans la trajectoire climatique pour l'Université Laval. «Les changements climatiques ont des impacts sur les infrastructures, sur l'environnement, sur les milieux de vie et sur le tissu social communautaire. Avant d'agir pour s'adapter, il fallait d'abord comprendre quels aléas allaient toucher notre campus. Le projet de cartographie est une première étape structurante de la démarche d'adaptation et qui visait à répondre à cette question», indique Anne Gaboury, coordonnatrice d'activités au BRSE au Vice-rectorat aux affaires internationales et au développement durable, qui a collaboré sur le projet.
Une cartographie nourrie par la communauté
Réalisé en collaboration avec des expertes et experts du Département de géographie de la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique, le projet a permis d'établir un portrait climatique dans le but de mieux cerner la nature, l'ampleur et les occurrences des aléas climatiques.
En plus des données climatiques disponibles, le projet s'est appuyé sur les résultats d'un sondage mené au printemps 2025 auprès de la communauté universitaire sur leurs perceptions des aléas climatiques sur le campus. «On a demandé aux personnes d'identifier les îlots de chaleur et les zones problématiques en cas de pluie ou de neige importante. On a ensuite placé ces informations sur une carte», explique Benoît Lalonde, responsable des travaux pratiques et de recherche au Département de géographie, qui a travaillé sur le projet. Selon lui, ce travail a permis de développer une expertise climatique au sein du personnel et d'élargir la réflexion au-delà d'une approche strictement technique de l'adaptation en intégrant des dimensions liées à la santé, à la qualité des milieux de vie et à l'usage des espaces.

La cartographie des îlots de chaleur sur le campus de l'Université Laval
— Courtoisie
Orienter les futures mesures d'adaptation
Selon Anne Gaboury, le projet peut sembler à première vue très ciblé, mais il illustre bien le pouvoir transformateur que peuvent avoir des initiatives bien ancrées dans la communauté universitaire. «C'est un projet avec des retombées beaucoup plus importantes qu'on pourrait le croire sur la façon de collaborer et de mobiliser les expertises internes en misant sur le croisement des savoirs scientifiques et pratiques, pour penser la résilience de notre campus et élaborer un premier plan d'adaptation évolutif», souligne-t-elle.
La cartographie servira à soutenir les travaux d'un comité de travail interdisciplinaire réunissant diverses expertises, unités et services internes, soit le Vice-rectorat aux études et aux affaires étudiantes, le Service de sécurité et de prévention, le Vice-rectorat aux ressources humaines et le Vice-rectorat à la recherche, à la création et à l'innovation, pour identifier les composantes du campus les plus vulnérables et les risques qui y sont associés.
Selon Hazar Garbouj, directrice adjointe – Expertise technique au SI et coresponsable de la démarche d'adaptation, c'est essentiel de connaître les aléas climatiques pour sélectionner des mesures d'adaptation réalistes, puis émettre des recommandations pour renforcer la résilience du campus. «Ce projet était une belle occasion d'identifier les enjeux auxquels fait face notre campus en termes d'aléas climatiques et de développer nos façons de concevoir nos aménagements et nos bâtiments, en plus de bonifier nos exigences de conception pour y répondre. Ce projet démontre qu'avec la mobilisation des expertises internes, il est possible de transformer une contrainte, les changements climatiques, en une occasion collective d'apprentissage, d'innovation et surtout, d'action», conclut-elle.

























