11 février 2026
Changer le visage de la foresterie: une étudiante engagée pour la visibilité des femmes
Auparavant technologue en physiothérapie, Laurianne Mignault Gagnon s'implique activement pour renforcer la place des femmes en sciences et sensibiliser aux enjeux du milieu

Laurianne Mignault Gagnon, étudiante à la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique
— Université Laval, Yan Doublet
Laurianne Mignault Gagnon, finissante en aménagement et environnement forestiers à l'Université Laval, raconte avoir grandi en étant exposée à certains stéréotypes de genre. Avant de déménager à Québec pour ses études en physiothérapie, il y a 10 ans, jamais elle n'aurait pensé poursuivre dans un domaine qu'elle percevait «typiquement masculin» comme la foresterie.
«Je me suis rendu compte que je n'avais pas besoin de fitter dans un moule, que je pouvais faire ce que je voulais», ajoute-t-elle. Après quatre ans sur le marché du travail comme technologue en physiothérapie, Laurianne Mignault Gagnon s'est lancée dans une réorientation de carrière.
Découvrir une réalité encore très masculine
Avant de commencer le baccalauréat, l'étudiante n'avait pas réalisé que l'écart de nombre entre les hommes et les femmes était si grand dans ce domaine. «Je ne savais pas trop dans quoi je m'embarquais, mais une fois les deux pieds dedans, j'ai été confrontée à la réalité.» La minorité de femmes paraissait moins en début de parcours puisqu'il y a plusieurs cours communs avec d'autres programmes où il y a plus de filles, raconte l'étudiante. «Quand on commence à avoir des cours spécifiques à notre programme, c'est là qu'on voit vraiment l'écart.»
Selon Laurianne Mignault Gagnon, les femmes apportent des perspectives et des approches complémentaires en foresterie. «Beaucoup d'entre nous accordent une grande importance à la communication et à l'écoute, ce qui est essentiel dans une discipline qui touche autant la société que le territoire», souligne-t-elle. Elle estime qu'il existe un besoin croissant d'améliorer le dialogue avec les parties prenantes et de mieux informer la population sur les pratiques d'aménagement forestier.
S'impliquer pour faire une différence
Cette prise de conscience a renforcé sa volonté de s'engager dans son milieu. Dès sa première session, Laurianne Mignault Gagnon s'est impliquée pleinement dans la vie étudiante. Grâce au soutien financier de la bourse Fontaine en foresterie, qui encourage les personnes souhaitant faire un retour aux études ou une réorientation de carrière, elle a pu consacrer du temps au comité local de l'International Forestry Student Association (IFSA), d'abord comme participante, puis comme trésorière, avant d'en devenir la présidente. «Notre rôle, c'est d'enrichir la formation universitaire de nos membres et de porter la voix de la jeunesse dans les défis environnementaux en participant à des événements d'envergure, comme la COP 30», précise-t-elle.
Au fil de son parcours, Laurianne Mignault Gagnon a participé à l'organisation du Congrès nord-américain de l'IFSA en 2024, accueillant des étudiantes et étudiants de différentes universités aux États-Unis et au Canada. Durant le congrès, l'étudiante a été profondément touchée par un panel de discussion sur la place des femmes en foresterie, tenue lors de la Journée de la femme, le 8 mars. Cela l'a inspirée, avec des amies, à offrir un espace où les étudiantes de la Faculté pourraient se rencontrer et discuter des enjeux qui les touchent. «On a organisé un premier cercle de partage à l'hiver 2026 et ça a vraiment été une réussite.»
Portée par ces discussions, les étudiantes ont voulu pousser la réflexion plus loin avec l'organisation d'une projection du documentaire Picture a Scientist, le 12 février 2026, dans le cadre de la Journée internationale des femmes et des filles de science. Dans ce documentaire, des femmes de divers domaines des sciences témoignent de leur réalité et des enjeux qu'elles ont vécus.
Laurianne Mignault Gagnon rapporte que le documentaire a déjà été projeté à la Faculté il y a environ cinq ans, avant qu'elle n'arrive au baccalauréat. «Ça avait été vraiment populaire. L'idée, c'est de refaire cet événement et de se demander si les choses ont changé depuis ce temps.» Pour approfondir cette réflexion, un panel de discussion avec des femmes du milieu suivra la projection.
Selon l'étudiante, il est primordial d'attirer des femmes et des filles dans les domaines où elles sont sous-représentées pour qu'elles puissent contribuer aux disciplines qui font avancer notre société. «Plus il y aura de modèles féminins, plus les nouvelles générations vont être inspirées de se lancer en sciences. Il faut être solidaires», conclut-elle.

























