Société

Le spectacle à 100 millions de dollars

Par : Renée Larochelle
Il est venu beaucoup, beaucoup de monde à Québec pour assister au spectacle de Paul McCartney, le 20 juillet, à l’occasion des fêtes du  400e. Les restaurateurs et les hôteliers n’ont pas manqué de profiter de cette manne tombée du ciel. La nouvelle de la présence de l’ex-Beatle à Québec a aussi fait le tour de la planète. Les médias qui ont parlé de l’événement touchaient plus de 200 millions de personnes, selon la Direction générale de la Société du 400e. Si tout le monde affirme que les retombées économiques sont incontestables et que l’événement a donné à Québec une très grande visibilité, que penser de sa valeur médiatique -  sa valeur en placements publicitaires – établie à plus de 100 millions de dollars par la Direction du 400e d’après un estimé fait par la firme Influence Communication?

«Le public n’entend pas parler de la façon dont on a mesuré ces résultats tout simplement parce qu’il juge qu’il n’y a pas d’intérêt à la connaître», soutient Christian Desîlets, professeur de publicité sociale au Département d’information et de communication. «Le dévoilement des résultats fait partie du spectacle, souligne-t-il. Plus on arrive à des résultats spectaculaires lors d’une évaluation, plus les méthodes d’analyse utilisées doivent être rigoureuses. Qu’il s’agisse du Grand Prix automobile du Canada ou du Championnat mondial de hockey, la crédibilité des chiffres reliés à la valeur médiatique dépend toujours des méthodes employées. Ces méthodes doivent être transparentes et le travail doit être effectué par une firme d’analyse médias indépendante des organisateurs de l’événement.» 

Un coup de maître
Revenons au spectacle de Paul McCartney. Est-ce à dire que les touristes du monde entier vont se précipiter à Québec parce qu’ils ont lu ou entendu quelque part que le célèbre chanteur y a fait un saut? Selon Christian Desîlets, ce n’est pas tout de savoir qu’il y a une ville qui s’appelle Québec, encore faut-il savoir qu’il s’y passe souvent des choses intéressantes. C’est là qu’entre en jeu le concept de «familiarité» en publicité. Cette familiarité va contribuer au choix de la destination, de la même manière qu’on choisit une marque plutôt qu’une autre, parce qu’on en a entendu parler à plusieurs reprises. Bref, plus on entendra parler de Québec, plus les gens viendront la visiter. En ce sens, la venue de Paul McCartney constitue un coup de maître pour faire augmenter la cote de notoriété de Québec.   

Professeur au Département de marketing de la Faculté des sciences de l’administration, André Richelieu croit que pour attirer des touristes à Québec, la ville doit d’abord et avant tout développer sa force d’attraction. À cet égard, la venue de vedettes internationales comme Madonna mettrait sans aucun doute Québec sur la carte, à condition toutefois que d’autres stars de cette envergure inscrivent la ville à leur agenda. «Pour les visiteurs potentiels, c’est le fait d’entendre parler souvent de Québec qui les incitera à y venir, que ce soit pour les affaires ou pour les loisirs, explique André Richelieu. C’est la même chose que lorsque vous voyez une publicité à la télé. Si vous la voyez à plusieurs reprises, vous serez davantage porté à acheter le produit et à en parler à d’autres personnes.»  

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