Société

L'art de vieillir en beauté

Le vieillissement sera exploré sous l'angle de la beauté, de la créativité et de l'innovation à l'occasion d'une journée d'étude

Perte d'autonomie, infirmité, vulnérabilité, isolement: que ce soit dans les médias ou dans les discussions du quotidien, le vieillissement est souvent considéré de manière négative. Et si, au contraire, l'âge d'or était vu comme une étape de la vie propice à la beauté, à la créativité et à l'innovation? C'est l'idée derrière l'événement «La beauté, les arts et le vieillissement», qui aura lieu le 29 avril au pavillon Gene-H.-Kruger.

Initiative de la Faculté de théologie et de sciences religieuses et de la Chaire de leadership en enseignement en éthique de la vie, cette journée d'étude réunira des chercheurs en philosophie, en médecine, en sciences infirmières, en littérature et en musique. À tour de rôle, ils croiseront leurs réflexions pour jeter un regard positif sur le vieillissement.

Thierry Belleguic, professeur en littérature et responsable de la Communauté de recherche interdisciplinaire sur la vulnérabilité, remarque qu'il s'agit d'un sujet tabou dans la société occidentale. «Depuis le mouvement d'urbanisation au 18e siècle, on ne cohabite plus avec la mort. On construit les cimetières en périphérie des villes, on ne veille plus les morts. Avec le transhumanisme, il y a une sorte de négation du vieillissement, alors qu'au contraire, il s'agit d'un moment privilégié pour porter un regard sur la vie.»

Le titre de sa présentation, Je dirai malgré tout que cette vie fut belle, fait référence à un vers d'Aragon qui a inspiré Jean d'Ormesson pour un livre-testament. Achevé deux jours avant la mort de l'auteur, cet ouvrage titanesque porte sur le sens de la vie et sur l'existence de Dieu. «Nous ne pouvons rien sur la mort. Mais nous pouvons, sinon tout, du moins beaucoup dans notre vie et sur notre vie. Vivre consiste à oublier la mort qui est notre seul destin et à profiter des quelques années, des quelques saisons qui nous ont été accordées dans un coin reculé de l'univers par la puissance inconnue», peut-on y lire notamment.

D'Aragon à d'Ormesson, Thierry Belleguic fera le tour de quelques auteurs qui se sont intéressés au vieillissement, à la maladie et à la mort. «Sans enjoliver, mais sans non plus verser dans le pathétique, je crois qu'il faut aborder ces sujets avec la plus grande lucidité, dit le professeur. Dans son essai On Being Ill, Virigina Woolf tente d'établir la maladie comme un sujet de littérature au même titre que l'amour, la guerre ou l'argent. La maladie est une voie d'accès au monde, à l'imaginaire. Pour moi, la vieillesse est une maladie universelle à laquelle aucun de nous n'échappera.»

Autre invitée, la professeure en musique Andrea Creech parlera des projets qu'elle mène pour améliorer la qualité de vie des aînés. Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en musique dans la communauté, elle s'intéresse aux technologies musicales pouvant susciter leur créativité. «L'isolement, le manque de motivation et la dépression sont des enjeux importants du vieillissement, rappelle la professeure. La musique a des effets physiologiques, émotionnels, cognitifs et sociaux. Avec la créativité musicale, les personnes âgées peuvent ressentir un sentiment d'affirmation sociale et découvrir de nouvelles possibilités qui s'offrent à elles.»

Pour ce faire, la professeure organise des «activités réparatrices» qui permettent aux participants d'exprimer leur créativité. «Une activité réparatrice est une activité qui donne une sensation de fraîcheur, un sentiment d'être dans un autre monde et d'être capable de relever les défis de la vie. Dans ma conférence, je démontrerai de quelles façons la création musicale peut être vécue de cette manière, en plus de présenter les stratégies et les méthodes pouvant soutenir la musique en tant qu'activité de restauration.»

Les autres conférenciers qui participeront à la journée d'étude sont Marie-Andrée Ricard, professeure à la Faculté de philosophie, Nicolas Vonarx, professeur à la Faculté des sciences infirmières, Félix Pageau, étudiant à la maîtrise en philosophie, et Hubert Wallot, professeur à la Faculté de médecine.

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