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Une enquête menée auprès d'enseignants d'écoles primaires et secondaires du Québec montre qu'il existe un décalage entre les mesures sanitaires mises de l'avant par le gouvernement du Québec et les mesures appliquées sur le terrain. «Nos résultats montrent qu'il ne suffit pas de rendre des mesures obligatoires pour qu'elles soient rigoureusement appliquées. Il faut aller plus loin, préciser les détails concernant leur application et bien les communiquer au personnel. C'est encore plus important de déployer des efforts en ce sens lorsque les mesures changent constamment», estime la responsable de l'enquête, Elena Laroche, professeure au Département de management de l'Université Laval, chercheuse au Centre d'expertise en gestion de la santé et de la sécurité du travail et membre du Réseau québécois COVID-pandémie.
L'enquête a été menée en ligne entre le 20 mai et le 5 juillet auprès de 253 enseignants. «Cette enquête a été réalisée à la suite d'une série d'entrevues auprès des enseignants et nous croyons que les résultats reflètent bien ce qui se passe sur le terrain», souligne la professeure Laroche.
Voici les principaux constats qui se dégagent de l'enquête:
La presque totalité des répondants respecte souvent ou toujours les exigences quant au lavage des mains et au port du masque chirurgical. Par contre, 17% rapportent ne pas changer de masque au moins une fois par jour.
36% des répondants portent rarement ou ne portent jamais les lunettes ou la visière de protection dans les situations où elles sont recommandées.
25% des répondants respectent rarement ou jamais la règle de distanciation de 2 mètres avec leurs élèves.
48% ne disposent pas d'écrans de protection aux endroits où la distanciation de 2 mètres n'est pas possible (bureaux, salle de repas) et 45% rapportent que les lieux ne sont pas suffisamment grands pour respecter la distanciation de 2 mètres.
59% trouvent que les consignes changent trop souvent et ils ne savent plus ce qui est exigé ou non.
51% estiment que les mesures et directives ne sont pas claires.
26% ont peur d'attraper la COVID-19 en milieu de travail.
Malgré tout, l'adhésion aux principes des mesures sanitaires est élevée chez les enseignants. En effet, plus de 92% estiment qu'il est important de respecter ces mesures afin de limiter la propagation de la COVID-19 et 96% croient qu'il est de leur devoir de montrer l'exemple aux élèves en respectant ces mesures. Toutefois, 4% des répondants ne sont pas vaccinés et ils ne souhaitent pas l'être.
— Elena Laroche
L'annonce des nouvelles directives faite hier par le ministre Jean-François Roberge ne suffit pas à informer les enseignants de ce qu'ils doivent faire au moment de la rentrée. «Il faut aller plus loin, insiste la professeure Laroche. En matière de santé et sécurité au travail, il est de la responsabilité de l'employeur de s'assurer que le personnel soit avisé des mesures adoptées par le gouvernement, d'expliquer la pertinence de ces mesures, d'énoncer clairement comment elles doivent être appliquées, de former les employés, d'assurer un suivi et de veiller à la disponibilité et au bon usage de l'équipement de protection.»


























