
Hugo Laporte en pleine prestation dans l'opéra Il mondo della luna de Haydn, présenté par l'Orchestre symphonique de la Faculté de musique de l'Université Laval, en mars 2015.
— Catherine Charron-Drolet
Parmi les expériences qui l'y ont aidé, Hugo retient celle comme soliste avec l'Orchestre symphonique de Montréal, sous la direction de Kent Nagano, en août 2015, devant 45 000 spectateurs, au Parc olympique. Sa performance, saluée par la critique, l'a amené à rayonner partout au Québec.
Mais sa carrière a beau démarrer très rapidement, le jeune homme garde la tête froide. «En plus de son talent musical, il a la sagesse pour faire ce métier, s'enthousiasme son pianiste-accompagnateur Jean-François Mailloux qui, en près de 10 ans à la Faculté, estime n'avoir jamais vu une carrière décoller avec autant d'aplomb. Hugo sait intégrer les ajustements qu'on lui propose de manière instantanée. C'est pourquoi il avance aussi vite.»
Quand il n'est pas en répétition, le baryton peaufine son instrument avec sa professeure Patricia Fournier, deux heures par jour, au maximum, pour ne pas en abuser. Le reste de son temps est consacré à lire les partitions, à disséquer les textes, à les mémoriser, à en intégrer le rythme, tâches qu'il apprécie autant que la scène. «C'est dans ma personnalité, j'aime tout analyser sous tous les angles.»
En plus des nombreux engagements qu'il a honorés en 2015, Hugo Laporte s'est trouvé parmi les gagnants du Concours international de chant de Marmande, en France, et s'est classé dans le palmarès des 30 musiciens classiques de moins de 30 ans établi par le diffuseur public anglophone CBC. Il a aussi été le candidat le plus primé au Gala international d'opéra des Jeunes ambassadeurs lyriques, qui l'a sacré Jeune espoir lyrique canadien en plus de lui offrir cinq bourses de déplacement pour se produire en Europe.
À ce propos, le 20 décembre, Hugo était soliste au Grand théâtre national académique d'opéra et de ballet de la République de Biélorussie. Il était le cadet, comme c'est presque toujours le cas lorsqu'il se produit: «Ce n'était pas intimidant, assure-t-il. Tout le monde était gentil; je n'ai senti ni jugement ni compétition».
En plus de ses études, son agenda pour 2016 comprend d'autres engagements outremer en Italie, en Allemagne et en France. Heureux d'accéder à l'Europe, l'artiste ne prévoit pas s'y installer. «Pour l'instant, je préfère me déplacer comme invité dans différentes maisons d'opéra.» Aucune n'a sa préférence. «Je ne base pas ma satisfaction sur la renommée d'un endroit, assure le jeune homme, mais sur les oeuvres que je découvre et les gens que je rencontre.»
Performer devant les siens lui procure aussi beaucoup de plaisir. Par exemple, il a hâte de prendre part à La Bohème de Puccini, présenté par l'Opéra de Québec en mai prochain. Avant cela, en février, il sera Figaro dans Le Barbier de Séville à la Société d'art lyrique du Royaume à Chicoutimi. «Ce rôle, je rêve de le jouer», avait-il confié au Fil, l'an dernier, sans savoir qu'il y arriverait si vite. Quel serait le désir suivant sur sa liste? Incarner Papageno dans La Flûte enchantée de Mozart. Au rythme où vont les choses, cela ne saurait tarder.
Pour entendre Hugo Laporte à l'Université Laval, rendez-vous les 8 et 9 avril, à 19h30, à la salle Henri-Gagnon du pavillon Louis-Jacques-Casault. Il sera l'un des solistes de la Petite messe solennelle de Gioacchino Rossini, un concert qui fait partie de la série des Grands ensembles de la Faculté de musique.
D'autres étudiants de la Faculté se sont distingués en 2015. Parmi eux, Alexandre Lavoie, inscrit à la maîtrise en interprétation classique, a remporté le deuxième prix d'interprétation, dans la catégorie Percussion, du Concours OSM Manuvie.


























