
Nicole Lacasse et Éric Dutil, cofondateurs du Réseau Dg2, et Marie-Andrée Doran, coorganisatrice de l'École d'été, parmi les participants à cette formation de haut niveau.
— Marc Robitaille
L'École d'été, d'une durée de cinq jours, sur le thème «Du campus numérique au campus intelligent: échange de bonnes pratiques de gouvernance et de gestion», se déroule à l'édifice Price, dans le Vieux-Québec. Elle s'articule autour de deux thématiques. La première porte sur l'intégration du numérique aux grandes fonctions de l'université. La seconde aborde la transformation du campus numérique en smart campus. Par analogie à la notion de ville ou collectivité intelligente, la notion de smart campus fait peu à peu son apparition. L'Université de Californie à Santa Barbara est particulièrement active en ce domaine.
«Nos campus universitaires se sont transformés de façon rapide et importante depuis l'avènement du numérique, souligne Nicole Lacasse, vice-rectrice adjointe aux études et aux activités internationales à l'Université Laval et cofondatrice du Réseau Dg2. Mais cette transformation s'est opérée à une vitesse variable, selon les choix ou les moyens de chaque établissement.» Selon elle, plusieurs entrevoient les campus modernes comme des chefs de file et des modèles en matière de développement durable. «L'intégration de cette dimension à celle du numérique, poursuit-elle, soutenue notamment par la prise en compte des besoins des étudiants et des membres du personnel, permet d'établir une analogie avec le concept de ville, ou communauté, intelligente et d'examiner en quoi ce concept transforme l'université.»
Au nombre des défis qui se posent pour les communautés dites intelligentes, il y a la gouvernance transparente (partage de données), la qualité des services aux citoyens (transport, sécurité, réseaux d'eau et d'énergie) et la prise en compte de la participation citoyenne (consultation). «Toutes ces problématiques, plus généralement associées aux villes, peuvent être transposées à la gouvernance et à la gestion des universités», soutient Nicole Lacasse.
Tout au long de la semaine, une dizaine de représentants de l'Université Laval auront pris la parole. Mentionnons, entre autres, le vice-recteur exécutif et au développement, Éric Bauce, le vice-recteur adjoint aux systèmes d'information, René Lacroix, et la directrice de la Bibliothèque, Loubna Ghaouti.
Selon Marie-Andrée Doran, adjointe au vice-recteur aux études et aux activités internationales et coorganisatrice de cette première école d'été du Réseau, le thème du numérique s'est imposé naturellement. «Toutes les universités partenaires considéraient prioritaire de parler du numérique», dit-elle. Dans le cadre de l'École d'été, les participants souhaitent aller plus loin en examinant ensemble l'intégration du développement durable, et autres valeurs propres aux collectivités intelligentes, à la vie de leur campus respectif. «Nous souhaitons, poursuit-elle, définir un modèle afin que les universités membres puissent expérimenter et contribuer au développement, à l'enrichissement et à la diffusion du concept de campus intelligent. »
Fondé plus tôt cette année, le Réseau Dg2 est constitué de vice-présidents ou vice-présidents associés et de directeurs de grands services. Il a vu le jour à l'initiative de Nicole Lacasse et d'Éric Dutil, directeur général des services à l'Université de Bordeaux.
«Il y a longtemps que nous avons un partenariat très privilégié, une alliance stratégique avec l'Université de Bordeaux, explique Nicole Lacasse. Il y a longtemps que nous voulions croiser nos réseaux. La création du Réseau Dg2 nous donne cette occasion. Avec nos partenaires d'autres pays, nous nous penchons sur le défi majeur de réinventer l'université pour bien remplir notre mission, tout en répondant à des attentes socioéconomiques toujours plus élevées, avec des ressources qui demeurent limitées.»
Ce réseau d'excellence de langue française est constitué de 10 universités partenaires provenant du Québec, de la France, de la Belgique, de la Suisse, du Maroc, du Brésil, de la Colombie et de la Chine. Tous ces établissements sont reconnus comme des chefs de file en recherche dans leur pays respectif. Unique en son genre, ce réseau est structuré autour de l'organisation de rencontres formatives permettant un partage de meilleures pratiques, selon la formule des écoles d'été. Ces formations réflexives et interactives en mode intensif sont données lors d'ateliers au cours desquels les participants font connaître leur vision et leur culture organisationnelle, partagent leurs pratiques innovantes et échangent sur le contexte de leur mise en oeuvre.
«Nous voulons créer de nouvelles synergies autour des enjeux de gouvernance, de stratégie et de gestion qui se posent aujourd'hui aux dirigeants universitaires», affirme Nicole Lacasse.
Les universités membres du Réseau Dg2 décideront demain, vendredi, de l'organisation de l'École d'été 2016 du Réseau. Mais déjà un calendrier de propositions de thématique est en circulation.


























