
La conférence d'Isabelle Soucy, présentée en collaboration avec Infuse Magazine, avait pour titre «Antidote au stress».
— Matthieu Dessureault - Université Laval
Dans un monde où tout va vite – parfois trop vite – le stress n'est plus l'exception, mais la norme. Déferlement de nouvelles catastrophiques, inquiétudes face à l'avenir, pression de performance, charge mentale élevée: notre système nerveux est constamment sollicité, parfois au-delà de ses capacités. Or, il existe des solutions simples et efficaces.
Ce constat est celui de la psychologue Isabelle Soucy, qui s'intéresse au sujet depuis ses recherches doctorales à l'Université Laval. Le 25 avril, au Centre des congrès de Québec, elle a donné une conférence dans le cadre de l'Expo Manger santé et vivre vert. Plusieurs personnes ont assisté à sa présentation debout, faute de places assises, une affluence qui témoigne de l’intérêt mais aussi de l’actualité du sujet.
«Si on recule dans le temps, il y avait certainement plusieurs sources de stress, mais la vie présentait peut-être davantage d'occasions de retour au calme du système nerveux. Aujourd'hui, on vit une accumulation de microagressions qui s'ajoutent aux sources de stress. Résultat: notre système nerveux a perdu de sa flexibilité», a-t-elle expliqué à ULaval nouvelles en marge de sa conférence.
Pour illustrer cette surstimulation constante, la psychologue donne l'exemple des notifications de téléphones, ces fameux ding, qui entraînent une augmentation du taux de cortisol, l'hormone du stress, dans le sang. «Si notre système nerveux réagit à ce son-là, on peut imaginer combien de fois par jour il est sollicité, et combien il y a d'autres petits stresseurs, qu'on a appris à banaliser ou à ignorer. Le système nerveux, lui, reste en mode surcharge. Ce n'est pas pour rien que les gens ont plus de difficulté à dormir le soir, qu'ils vivent plus d'anxiété ou d'épuisement professionnel.»
Afin de permettre au système nerveux de se réguler et de retrouver un état de sécurité, la conférencière a présenté au public un outil à la fois simple et accessible: la pleine conscience. Être attentif à ses sensations, à sa respiration ou à ses pensées permettrait de créer de petits espaces de régulation, même au cœur d'une journée chargée.
«Souvent, les gens associent la pleine conscience à une discipline exigeante: s'asseoir pendant 20 minutes, ne rien faire, ne rien penser. Ils trouvent ça long, plate, et ils ont l'impression que c'est une tâche de plus qui s'ajoute à une liste déjà interminable. Ils savent que c'est bénéfique, mais ils n'ont pas envie… alors ils ne le font pas», a-t-elle observé.
Selon elle, la pleine conscience peut aussi se pratiquer de manière simple, ludique et intégrée au quotidien. Parmi les pistes proposées, le «jeu des découvertes»: lors d'un trajet familier – par exemple en marchant pour aller à l'épicerie ou porter les enfants à l'école –, il s'agit de s'amuser à repérer des détails jamais remarqués auparavant. Autre suggestion d'exercice: la «minute magique». Il suffit de régler un minuteur à 60 secondes et s'accorder ce court moment pour se concentrer sur le moment présent. Bref, nul besoin de bouleverser son quotidien ou d'adopter des pratiques complexes pour apaiser son système nerveux.
Sans promettre de solution miracle, Isabelle Soucy a également mis de l'avant une notion parfois négligée: l'émerveillement. Prendre le temps de s'arrêter devant un paysage ou un moment de beauté aurait un effet direct sur le système nerveux, favorisant l'apaisement et le sentiment de connexion. «Je considère que les moments d'émerveillement sont des antidotes au stress. Ce sont des bouffées d'air frais dans une vie où l'on peut facilement crouler sous la pression. En tant qu'adultes, on peut perdre ce potentiel d'émerveillement, mais il est possible d'y renouer: retrouver l'esprit de l'enfant, regarder les choses comme si c'était la première fois et remettre du positif dans une vie qui peut parfois être lourde.»
Un parcours ancré à l'Université Laval
C'est au cours de ses études à l'École de psychologie de l'Université Laval qu'Isabelle Soucy a développé un intérêt marqué pour la question du stress. Sous la direction du professeur Martin Provencher, elle a amorcé des recherches sur les bienfaits de l'activité physique sur la santé mentale, plus particulièrement dans le traitement de la dépression.
Dans le cadre de son doctorat, elle a fait un stage et un internat dans une clinique pour anciens combattants, où elle accompagnait des patients vivant avec un trouble de stress post-traumatique.
Parallèlement à ses études, Isabelle Soucy a entrepris une formation en enseignement du yoga. Si son intérêt initial portait sur l'aspect physique de la pratique, elle a rapidement constaté les effets positifs des techniques de respiration sur la régulation du système nerveux. Elle a ainsi commencé à intégrer ces outils à sa pratique clinique.
«Ces approches permettaient aux personnes de se sentir moins impuissantes face à leurs symptômes et moins portées à se tourner vers des comportements compulsifs, comme la consommation d'alcool.»
Les bienfaits de la méditation, de la pleine conscience et des techniques de respiration observés chez ses patients ont graduellement orienté son parcours professionnel vers le domaine du bien-être psychologique.
Aujourd'hui, Isabelle Soucy partage ses connaissances à travers des conférences, des livres, des articles de vulgarisation, des formations, des ateliers et des contenus audio accessibles en ligne. «C'est devenu ma mission personnelle. On en a tous besoin, moins y compris.»

L'Expo Manger santé et vivre vert a rassemblé plus de 300 exposants, en plus de proposer conférences et démonstrations culinaires.
— Matthieu Dessureault - Université Laval

Outre des conférences de membres de la communauté scientifique, l'événement a mis à l'honneur des entreprises issues de l'Université Laval, comme Maple3, cofondée par un étudiant de la Faculté des sciences de l'administration, qui propose une eau d'érable biologique.
— Matthieu Dessureault - Université Laval
























