Le responsable administratif de la Démarche d'engagement social de l'Université Laval, Gabriel Huot, et la professeure Vicky Drapeau qui a cosigné le guide L'engagement social en tant que saine habitude de vie.
— Université Laval – Yan Doublet
La Chaire de leadership en enseignement sur la promotion des saines habitudes de vie – Nautilus Plus et la Chaire de leadership en enseignement sur l'engagement social ont publié récemment un guide commun intitulé L'engagement social en tant que saine habitude de vie. Cet ouvrage d'une trentaine de pages est cosigné par Lesly Joyce Nkuindja, étudiante à la maîtrise en kinésiologie, Patrice Cyrille Ahehehinnou, étudiant au microprogramme en gestion de projets, et Vicky Drapeau, professeure au Département de kinésiologie.
«On savait qu'il y avait des liens entre l'engagement social et la santé, explique la professeure Drapeau. À notre grande surprise, en fouillant la littérature scientifique, nous avons été surpris de voir à quel point il y a des liens et à quel point on peut les relier à la santé globale. Ces liens touchent tous les piliers de la santé globale. Cela est confirmé par plusieurs études sérieuses.»
L’engagement social désigne des gestes volontaires et concrets qui peuvent être posés par une personne, un groupe ou une organisation. Ils mobilisent du temps, des compétences ou des ressources, parfois de l’argent, des biens ou de la notoriété. Ces actions s’alignent sur des valeurs et des aspirations personnelles ou collectives. Elles visent à améliorer le bien-être des proches et des communautés et, plus largement, à contribuer au bien commun et à la vie sur Terre.
Diverses formes d'engagement social sont possibles, notamment les dons de charité, la bienfaisance ou le bénévolat. Des études montrent que les dons de sang et d'organes peuvent avoir des effets positifs sur la santé des personnes qui reçoivent et celles qui donnent. D'autres études soulignent la contribution positive des dons d'argent à la santé cardiovasculaire et physique.
«Le concept d'engagement social est tout à fait aligné sur celui de santé durable, affirme-t-elle. Définie simplement, la santé durable est un esprit sain dans un corps sain, dans un milieu de vie et un environnement sain, sur une planète en santé. Donc, on sort de l'individualité pour améliorer la santé de tous. L'engagement social peut être une solution à l'individualisme ambiant.»
Pour une meilleure santé mentale
La partie la plus substantielle du guide porte sur les effets de l'engagement social sur la santé physique, la santé mentale et la santé sociale. Parmi les mécanismes potentiels identifiés par différents travaux de recherche et par lesquels l'engagement social influence positivement la santé globale, on peut mentionner une diminution de la tension artérielle, une diminution des symptômes de dépression ainsi que l'augmentation et l'amélioration des connexions sociales.
La santé mentale occupe une place de choix dans le guide avec sept mécanismes potentiels, dont la diminution du stress, et cinq effets potentiels, notamment l'amélioration de la qualité de vie.
«Je pense que la pandémie de COVID-19 a mis en lumière une problématique de la santé mentale qu'elle a exacerbée, avance Vicky Drapeau. À partir de là, il a fallu faire quelque chose. Un mouvement collectif s'est développé. L'engagement social en ce domaine est une solution peu exploitée, mais elle peut être intéressante.»
Les risques du surengagement
La dernière partie du guide porte sur les limites de la personne engagée. «Cette partie propose une nouvelle vision de l'engagement social», soutient Gabriel Huot, agent de recherche et de planification au vice-rectorat aux affaires internationales et au développement durable et responsable administratif de la Démarche d'engagement social de l'Université Laval. «Anciennement, poursuit-il, s'engager voulait dire se sacrifier pour une cause. Je veux me donner. Je ne m'écoute plus. Le guide met de l'avant l'importance des limites de la personne. C'est comme le surentraînement. Cela peut devenir nocif, la personne va finir par se blesser. Comme un burnout au travail. Le message à passer est l'importance de rechercher une posture plus saine. Être à l'écoute de ça donne un équilibre.»
En 2025, Gabriel Huot a copublié aux Presses de l'Université Laval un ouvrage intitulé L'engagement social. Les deux autres coauteurs sont le professeur Luc Audebrand, du Département de management, et l'étudiant Patrice Cyrille Ahehehinnou.
Selon lui, une saine habitude de vie peut se traduire par tout comportement de santé volontaire pratiqué régulièrement qui peut apporter des bénéfices pour la santé globale, physique, mentale et sociale, telle qu'elle est définie par l'Organisation mondiale de la santé.
Un témoignage éloquent
L'étudiante Stéphanie Croteau est en troisième année du baccalauréat en sciences et technologie des aliments à l'Université Laval. À sa première année, elle consacrait beaucoup de temps à des activités étudiantes, au journal étudiant et à divers comités. Et cela, en plus d'étudier et de travailler. «J'ai voulu m'impliquer à fond, raconte-t-elle. J'ai fini par être débordée. J'ai vu ma limite.» Elle dit avoir «le syndrome du sauveur». «J'ai besoin d'aider les autres, poursuit-elle. Je voulais trop aider et j'ai fini par m'oublier là-dedans. Aujourd'hui, je me limite à un seul comité dans lequel j'occupe deux tâches. C'est important de trouver le bon équilibre entre la vie sociale, le travail et les études en même temps.»
À l'Université Laval, les étudiantes et étudiants peuvent faire reconnaître leur engagement par des crédits à l'engagement social.
Lire le guide L'engagement social en tant que saine habitude de vie (PDF)
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