30 avril 2026
Sciences et mathématiques en action: un croisement avec les arts depuis 20 ans
Fondé par le professeur Jean-Marie De Koninck, SMAC a attiré à ses spectacles et ateliers plus de 200 000 élèves du primaire et du secondaire. Sa plus récente création s'intitule Salto.

Les deux animatrices et athlètes Laurence Desgagnés et Camille Bérubé durant une présentation du spectacle Salto. Elles sont diplômées de l'École de cirque de Québec.
Le samedi 2 mai, à 14h, le grand public est invité à assister gratuitement au spectacle Salto au Musée de la civilisation à Québec. Cette activité originale de vulgarisation scientifique a été créée récemment par Sciences et mathématiques en action (SMAC), un organisme à but non lucratif hébergé au Département de mathématiques et de statistique de l'Université Laval. Elle se situe au carrefour de la physique, des mathématiques et des arts du cirque. Par des démonstrations mathématiques et physiques, deux animatrices tenteront de comprendre comment font les athlètes pour repousser les limites de leur sport. Comment le centre de masse se déplace-t-il? Quelles sont les forces impliquées dans différents mouvements?
Salto se déroulera dans le cadre du 24 heures de science, l'événement de science et technologie annuel qui s'adresse aux publics de tous les âges à travers tout le Québec.
«Nous avons présenté Salto 16 fois depuis janvier, explique le fondateur de SMAC et professeur émérite au Département de mathématiques et de statistique, Jean-Marie De Koninck. Tout a commencé par une conférence que j'ai donnée sur l'innovation au personnel du Cirque du Soleil. Mon équipe et moi avons ensuite développé un concept de spectacle combinant mathématiques et gymnastique.»
Salto s'inscrit dans une longue liste de spectacles et d'ateliers, de pièces de théâtre scientifique et de jeux en ligne créés selon les demandes du milieu scolaire par le personnel de SMAC. Le but de toutes ces réalisations: démocratiser les mathématiques, les décloisonner et les sortir des salles de classe.
«Il y a 20 ans, rappelle le professeur, jouer avec les mathématiques n'allait pas de soi. La discipline était encore largement perçue comme abstraite et sérieuse, et miser sur le plaisir relevait davantage de l'intuition que d'un courant reconnu. Depuis, la recherche et les pratiques éducatives ont largement confirmé ce que plusieurs pressentaient déjà: le jeu, la curiosité et l'émerveillement sont de puissants leviers d'apprentissage. Apprendre par le jeu favorise l'engagement, la motivation et la compréhension profonde des concepts, particulièrement en mathématiques. Cette approche permet aussi de changer le rapport émotionnel à la discipline, de dédramatiser l'erreur et de donner du sens aux notions en les reliant au quotidien. Je me réjouis de voir que cette vision s'est imposée peu à peu, et que l'on reconnaît aujourd'hui l'importance de prendre plaisir à faire des mathématiques, de constater qu'elles sont partout autour de nous et qu'elles constituent avant tout un formidable outil pour comprendre le monde.»

Le professeur Jean-Marie De Koninck avec une enfant qui joue au jeu en ligne Math en jeu.
Math en jeu et Pluton va en appel
Le jeu multijoueurs en ligne Math en jeu est l'un de ces outils. Gratuit, bilingue, il s'adresse à tous les niveaux du primaire et du secondaire. Seul, en équipe ou en réseau, le joueur répond à des questions mathématiques. Comme l'ensemble des projets de SMAC, ce jeu a été structuré selon les critères du Programme de formation de l'école québécoise. «Ce jeu est devenu un outil d'apprentissage beaucoup demandé par les enseignants, soutient Jean-Marie De Koninck. Globalement, on arrive avec des activités complémentaires qui sont faites avec la complicité des enseignants et qui font rire les jeunes.»
Un autre exemple est le spectacle centré sur la rétrogradation de Pluton en 2006. Elle est devenue une planète naine après avoir été considérée comme la neuvième planète du système solaire. Cette actualité a inspiré une pièce de théâtre ludique et didactique au professeur De Koninck et son équipe pour contester cette décision de l'Union astronomique internationale. «Dans Pluton va en appel, Pluton veut contester son nouveau statut devant un juge, le Soleil, explique-t-il. Elle fait partie de quatre planètes rocheuses. Sa démarche est contestée par les quatre planètes gazeuses de notre système solaire. À la fin, le Soleil dit que les arguments pour et contre se valent. Il demande alors au public ce qu'il en pense. C'est l'occasion de parler de grands principes physiques aux jeunes, comme la gravité, la vitesse, les températures.»
Chaque année, quelque 70 000 jeunes, enseignantes et enseignants participent à l'ensemble des activités interactives de SMAC, spectacles, ateliers et Math en jeu. «Depuis 20 ans, ajoute le professeur, 193 000 jeunes ont participé à nos spectacles et ateliers. La statistique dont je suis le plus fier, ce sont les 30 000 jeunes vivant en milieu défavorisé qui ont pris part à nos activités.»
L'approche pédagogique de l'équipe SMAC est toujours restée l'apprentissage par le jeu grâce au côté ludique des mathématiques et des sciences. «Nous cherchons toujours à sortir ces matières de leur contexte magistral et de leur insuffler un peu de magie, souligne-t-il. Nous tablons sur le croisement des disciplines artistiques et scientifiques pour semer des étincelles et possiblement faire germer des carrières en sciences et en génie.»
























