2 avril 2026
Comprendre la désinformation: une soirée éclairante pour les diplômées et diplômés de l’Université Laval
Plus d'une centaine de personnes se sont réunies à l'invitation de la Direction de la philanthropie et des relations avec les diplômées et diplômés pour une soirée consacrée à un enjeu devenu incontournable

L'animateur de la rencontre, Paul Larocque (à gauche), en compagnie des panélistes (de gauche à droite) Julie Couture, Antony Bertrand‑Grenier et Malia Kounkou.
— Dominic Gouin
Plus d’une centaine de diplômées et diplômés de l’Université Laval se sont réunis au siège social de Québecor à Montréal, le 26 mars, pour une soirée de discussion sur la désinformation, une question centrale dans l'univers médiatique d'aujourd'hui. Il s'agissait aussi, pour plusieurs, d'une occasion de renouer avec leur université ainsi que d'anciennes et d'anciens camarades de classe.
Pour discuter du sujet, trois personnes diplômées de l'Université Laval aux parcours complémentaires ont accepté l'invitation lancée par leur alma mater: Julie Couture, journaliste terrain et cheffe d'antenne à TVA depuis près de 30 ans, Antony Bertrand Grenier, physicien médical, ingénieur et doctorant en épistémologie, auteur d'un ouvrage sur la pensée critique, ainsi que Malia Kounkou, journaliste multiplateforme, réalisatrice-monteuse et fondatrice du média Chambre d'Écho.
L'importance de vérifier l'information
Dès le début des échanges, menés par le journaliste et animateur Paul Larocque, les panélistes ont brossé un portrait clair de la situation actuelle: la désinformation n'est pas nouvelle, mais l'intelligence artificielle et la vitesse de diffusion des contenus amplifient considérablement son impact. Julie Couture a expliqué comment les salles de rédaction doivent redoubler de vigilance pour valider l'authenticité des images et des informations avant de les diffuser. «Dans un monde où tout va vite, il est nécessaire de ralentir et d'appliquer les principes journalistiques. Avant de publier, on doit s'assurer que l'information ait été confirmée par au moins deux sources crédibles.» Pour illustrer son propos, elle racontait une histoire récente où des médias ont partagé de fausses images de guerre pendant qu'elle et son équipe creusaient davantage pour atteindre le degré de certitude souhaité avant d'en faire la diffusion. L'image, pourtant très réaliste, avait été générée par l'intelligence artificielle et les médias qui l'avaient partagée ont ensuite dû rectifier le tir.
Inspiré par une étude publiée récemment par l'Académie de la transformation numérique – Université Laval, qui nous apprenait que 42% des répondants de 18-34 ans s'informent régulièrement par l'entremise d'influenceurs, Paul Larocque a par la suite demandé à Malia Kounkou comment il était possible d'identifier les personnes qui livrent de l'information de qualité dans un environnement Web dépourvu de règles. Pour elle, il n'y a pas de recette magique. «C'est un peu de l'essai-erreur. C'est en écoutant, en analysant et en vérifiant le propos que l'on peut mesurer la qualité de l'information transmise.»
Les trois panélistes étaient unanimes: vérifier l'exactitude d'une information peut parfois être un exercice fastidieux et tout le monde, aussi rigoureux soit-il, peut être floué un jour ou l'autre. À ce sujet, Antony Bertrand-Grenier a lancé un appel à la vigilance. «Abordez toujours chaque nouvelle ou contenu comme si c'était le 1er avril.» À l'instar des deux autres panélistes, il a insisté sur l'importance de remonter à la source pour vérifier la validité d'un contenu, mais en y ajoutant des balises. «Une affirmation ordinaire nécessite des preuves ordinaires, alors qu'une affirmation extraordinaire exige des preuves extraordinaires», en faisant référence au principe de Sagan, qui stipule que le poids de la preuve doit être proportionnel à l'étrangeté ou à l'aspect surprenant d'une affirmation.
L'université, lieu de formation à l'esprit critique
Après le mot de bienvenue, la rectrice Sophie D'Amours a rappelé le rôle essentiel des universités dans la transmission du savoir et la formation de l'esprit critique. Un message qui a trouvé un écho particulier dans le contexte de la soirée.
Pierre Karl Péladeau, président et chef de la direction de Québecor et hôte de l'événement, a ensuite réitéré son profond attachement à l'Université Laval, même s'il n'en est pas lui-même diplômé. Cet attachement s'explique notamment par le fait que son père, Pierre Péladeau, y a reçu un doctorat honorifique, et que son grand ami, feu le très honorable Brian Mulroney, en était un fier diplômé.
Après le panel, les conversations se sont poursuivies lors du cocktail, tantôt entre personnes diplômées, tantôt en compagnie des panélistes, qui se sont volontiers joints aux convives.

























