Vie universitaire

Vers le déplacement durable tous azimuts

Laissez-passer universitaire, étalement des horaires de cours: l'Université Laval enrichit sa gamme de services en écomobilité

Dans les instants qui ont suivi la fin de la conférence de presse. On aperçoit, dans l'ordre habituel, le maire de la ville de Québec, Régis Labeaume, la rectrice Sophie D'Amours, la présidente de la CADEUL, Laurence Vaillancourt, le président de l'AELIÉS, Nicolas Pouliot, et le vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes, Robert Beauregard.
«J'habite sur la rive sud, j'ai une auto, mais je n'avais pas l'intention de venir à l'Université en voiture parce qu'il y a trop de trafic et le stationnement est coûteux, explique Justine Bouffard, inscrite au certificat en criminologie. Avec le Laissez-passer universitaire (LPU), c'est plus facile de se déplacer en autobus, de traverser les ponts et de prendre les voies réservées.» Stéphanie Turgeon, inscrite au baccalauréat en sciences et technologie des aliments, abonde dans le même sens. «Moi aussi j'habite sur la rive sud et j'ai une auto, dit-elle. J'ai fait ma demande pour le LPU puisque payer pour les réseaux de transport en commun des deux rives coûte cher. De plus, le LPU me donne l'option de prendre l'autobus dans des conditions difficiles, par exemple une journée de fortes pluies, ou lorsque les routes sont glacées.»

L'aspect environnemental a aussi joué dans la décision des étudiantes. Justine Bouffard réfléchissait au covoiturage. «Mais comme les cours ne sont pas toujours aux mêmes heures à l'Université, cela aurait rendu le covoiturage difficile, souligne-t-elle. De ce point de vue, l'autobus est la solution parfaite.» Stéphanie Turgeon, elle, parle de la frustration liée au trafic routier. «Ça devient frustrant pour une conductrice de rester prise dans le trafic, d'être seule dans son auto et de réaliser, surtout notre génération, les petits dommages qu'on peut faire à l'environnement, soutient-elle. Ça aide de savoir qu'on fait une petite différence en prenant l'autobus.»

Une conférence de presse en plein air


Les deux étudiantes ont livré leur témoignage en marge d'une conférence de presse qui s'est tenue en plein air le mardi 3 septembre sur le thème de la mobilité durable à l'Université. L'activité a eu lieu dans le stationnement situé devant la Maison Marie-Sirois, près de la roulotte de la Coop Roue-Libre et d'un boisé.

À cette occasion étaient présents la rectrice Sophie D'Amours, le maire de Québec, Régis Labeaume, le vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes, Robert Beauregard, la présidente de la Confédération des associations d'étudiants et étudiantes de l'Université Laval (CADEUL), Laurence Vaillancourt, et le président de l'Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIÉS), Nicolas Pouliot.

Les intervenants ont abordé trois sujets: le lancement officiel du LPU, en vigueur depuis le 1er septembre, la poursuite du projet d'étalement des horaires de cours visant à améliorer la fluidité de la circulation le matin et l'implantation à l'Université du futur Réseau structurant de transport en commun.

«Nous sommes persuadés que le LPU, ce nouveau titre de transport en commun, qui voit le jour à la demande de la population étudiante, contribuera à réduire la congestion routière aux alentours du campus et dans la région de Québec et qu'il encouragera cette génération étudiante et les suivantes à utiliser encore davantage les transports en commun», a déclaré le vice-recteur Beauregard.

Pour rappel, ce laissez-passer donne aux étudiantes et aux étudiants de l'Université inscrits à temps complet un accès illimité aux services du Réseau de transport de la Capitale (RTC) et de la Société de transport de Lévis (STLévis). À ce jour, 21 000 étudiantes et étudiants se sont procuré leur laissez-passer.

Les représentants de la CADEUL et de l'AELIÉS ont à leur tour souligné leur satisfaction à voir se réaliser ce projet de longue haleine, qui a nécessité plus de dix ans de réflexions, de discussions et de planification entre elles, le RTC, la STLévis et l'Université Laval.

«Il est important de souligner que l'entrée en vigueur du LPU n'est qu'un premier pas, a indiqué le président de l'AELIÉS, Nicolas Pouliot. Ce projet sera amélioré grâce au travail conjoint des partenaires. Grâce à ce projet, la communauté étudiante montre qu'elle est capable de se mobiliser autour d'un projet novateur et structurant.»

Pour sa part, la présidente de la CADEUL, Laurence Vaillancourt, a mentionné que la balle était maintenant dans le camp étudiant. «C'est à nous, étudiantes et étudiants, de faire vivre le LPU. Nous aurons tous et toutes nos raisons d'utiliser notre LPU. Que la motivation soit d'ordre pratique ou environnemental, ce sera toujours de bonnes raisons.»

Une cinquième faculté participante


Depuis un an, l'Université mène, en partenariat avec la Ville de Québec, un projet pilote axé sur l'étalement des horaires de cours de 8h30 à 9h. L'objectif est de contribuer à réduire la congestion routière à Québec et aux environs du campus durant l'heure de pointe matinale, tout en améliorant le transport collectif et actif. À ce jour, 120 cours ont ainsi été décalés. Quatre facultés participent au projet pilote, soit celles des Sciences sociales, des Sciences de l'administration, des Sciences de l'agriculture et de l'alimentation, et celle de Foresterie, de géographie et de géomatique. Une cinquième s'ajoute cet automne, la Faculté des sciences et de génie. Depuis l'automne 2018, 5 700 personnes ont participé au projet.

«D'ici la fin de l'année 2020, nous espérons doubler le nombre de personnes qui commencent les cours à 9h, a soutenu Robert Beauregard. Nous visons la participation de trois facultés de plus, pour un total de huit, soit la moitié de nos facultés.»

Selon le vice-recteur, ce projet fonctionne. «Les données probantes, a-t-il dit, nous démontrent que les étudiantes et étudiants apprécient ces horaires décalés. Leur transport est plus rapide et plus efficace. Surtout, leur expérience de venir sur le campus est plus agréable. Le LPU et les horaires décalés démontrent que la communauté universitaire est capable de faire la différence et de faire partie de la solution en matière de transport durable, tout en améliorant l'expérience universitaire.»

Un appui au Réseau structurant


Le campus est le quatrième pôle de destination en importance à Québec avec plus de 51 000 déplacements chaque jour. Cette importante plaque tournante du transport régional doit être desservie par le futur Réseau structurant de transport en commun, un ambitieux projet de la Ville de Québec. Le tracé prévoit deux stations de tramway situées devant les pavillons Alphonse-Desjardins et Agathe-Lacerte.

Dans son intervention, la rectrice Sophie D'Amours a affirmé que l'Université Laval sera toujours une alliée indispensable de la Ville de Québec. «Nous sommes partenaires dans l'emploi, dans la formation de la relève, dans l'attraction des meilleurs talents, a-t-elle expliqué. Pour attirer et retenir ces talents, nous leur vendons l'Université, mais nous leur vendons aussi Québec. Nous sommes également des partenaires dans le transport durable, un vecteur essentiel pour le développement de la région. C'est pourquoi nous croyons fermement à l'implantation du Réseau structurant, un projet rassembleur et emballant.»

La rectrice a souligné le progrès accompli lors des séances de travail avec la Ville de Québec en vue de l'implantation du réseau sur le campus.

«Nous avons confiance, a-t-elle ajouté, d'arriver à une entente et à une intégration harmonieuse et cohérente du réseau sur notre territoire. Finalement, le maire et moi partageons le même souhait: déployer un réseau performant et attrayant, pour créer une expérience universitaire mémorable et pour faire en sorte qu'habiter, travailler et innover à Québec soit plus facile que jamais, avec la venue de ce réseau de transport et du 21e siècle.»

Prenant la parole, le maire de Québec, Régis Labeaume, a insisté sur la percée que représentent les horaires décalés sur le campus. «Plus de 5 000 personnes dont on change les horaires pour arriver sur le campus une demi-heure plus tard, c'est ça casser la glace, a-t-il soutenu. À partir de maintenant, le RTC, lorsque nous irons rencontrer d'autres institutions publiques et privées, on pourra leur dire que ça existe, c'est à l'Université Laval, et ça marche.»

Le maire Labeaume a ensuite demandé pourquoi les grandes entreprises ne feraient pas une entente avec le RTC afin de permettre à tous leurs employés d'avoir un laissez-passer universel. «Pourquoi les grandes entreprises et les organisations gouvernementales ne feraient pas en sorte aussi de changer l'horaire d'une partie de leurs employés? a-t-il poursuivi. Une petite demi-heure n'est pas beaucoup, mais cela fait une très grosse différence. L'Université Laval pose un geste extraordinaire parce qu'elle fait la démonstration que c'est possible. Pour moi, c'est un départ ce matin. Dix ou quinze mille personnes qui, le matin, arrivent à 9 h à leur travail plutôt qu'à 8h30, cela doit faire une immense différence.»

Les 18 et 19 septembre, le campus accueillera le Forum international sur la mobilité intégrée. L'Université est partenaire d'Accès transports viables pour l'organisation de cette activité. Il s'agira de l'événement phare du campus pour la semaine J'embarque 2019. Information et inscription.

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