Vie universitaire

Dévoués pour soigner

Enseignants et étudiants de la Faculté des sciences infirmières ont mis beaucoup de cœur et d’effort, depuis le début de la pandémie, pour finaliser les cours prévus, mais aussi pour rendre plus disponibles des professionnels de la santé

Ils sont près de 500 et pour la plupart âgés dans la trentaine. De ce nombre, environ 80% sont des femmes. De qui parle-t-on? Des étudiantes et étudiants de la Faculté des sciences infirmières inscrits au DEC-BAC.

Être au DEC-BAC, c’est d’avoir en main, au début de son baccalauréat, une technique en soins infirmiers.

La majorité des étudiants de ce programme travaillent à temps plein dans le milieu de la santé et plusieurs ont une vie familiale.

«Avant la COVID, la plupart de mes étudiants travaillaient déjà à temps plein, affirme Guylaine Pepin, chargée d'enseignement. Or, avec le contexte de pandémie, plusieurs ont vu leurs heures augmentées ou leurs horaires de travail chamboulés. Ajouté à cela, tout le stress. Car il ne faut pas l’oublier: travailler à l’hôpital ces jours-ci, c’est très stressant.»

Guylaine Pepin et son collègue Pierre Verret donnent ensemble le cours Fondements en sciences biomédicales/Examen clinique au DEC/BAC. Compte tenu du contexte exceptionnel dans lequel étaient plongés leurs étudiants, ils ont dû faire particulièrement preuve d'ouverture et de flexibilité. De plus, et tout comme les enseignants de l'ensemble du campus, ils ont procédé rapidement au réajustement de leur cours. Lorsque le confinement a été déclaré, à la mi-mars, bien des évaluations leur restaient à faire.

Guylaine Pepin, qui enseigne la portion théorique du cours, a donc réalisé des capsules vidéos narrées, permettant ainsi à ses étudiants de prendre connaissance de la théorie «à leur heure» et à distance. Elle a aussi organisé des rencontres sur Skype, afin de permettre aux étudiants de poser des questions en direct sur la matière.

Mais son collègue, Pierre Verret, qui enseigne la portion pratique, soit les examens cliniques, avait quant à lui tout un défi. Lui qui prend souvent des étudiants comme cobayes durant ses cours: comment allait-il faire?

Alors qu’il garde son petit-fils James, âgé de 8 ans, tout au début de la période de confinement, il a l'idée suivante: concocter des capsules vidéos d’examens cliniques pour ses étudiants dans lesquelles James allait jouer le rôle du patient.

«Par exemple, dans le cadre de l’évaluation du système neurologique, je souhaitais montrer à mes étudiants comment évaluer une partie du cerveau associée à la proprioception, qui est en fait la perception, consciente ou non, de la position des différentes parties du corps. Pour ce faire, on peut évaluer par exemple la capacité de reconnaître les objets par le toucher. On demande donc au patient de fermer ses yeux, puis on lui dépose des objets un par un dans la main comme une règle, un crayon ou un bonbon… Celui-là, James l’a deviné bien rapidement (rires).»

Tout au début de la période de confinement, Pierre Verret a eu l'idée suivante: réaliser des capsules vidéos d’examens cliniques pour ses étudiants, dans lesquelles son petit-fils James allait jouer le rôle du patient. Et visiblement, au grand plaisir de ce dernier!

Étudiante au DEC-BAC, Julie Lacroix est maman de deux enfants et pratique le métier d’infirmière depuis 13 ans, dont 10 ans en urgence. Pour elle, Pierre Verret est plus qu’un homme passionné: il est totalement dévoué à ses étudiants. «C’était trop hot. C’est incroyable de voir à quel point il tient à ce que nous comprenions tous la matière. Il est très humain et a aussi un certain sens de l’humour. Et de voir son petit-fils se prêter gentiment au jeu de la simulation… wow!»

Mélanie Carrier, également étudiante au DEC-BAC et maman, travaille à titre d’infirmière dans le domaine de la pédopsychiatrie juvénile depuis 15 ans. Côtoyer des jeunes souffrant d’anorexie, de troubles bipolaires ou de grave dépression fait partie de son quotidien. Pour elle, ces capsules se sont avérées une aide inestimable. «Grâce à ce cours, je pourrai éventuellement faire une évaluation physique d’un patient et du coup, établir un bon diagnostic, à savoir si je dois ou non le transférer vers un milieu hospitalier.»

Il faut dire que Pierre Verret est reconnu internationalement dans le domaine de l’examen clinique, lui qui a été invité à de nombreuses reprises en France, au Liban et en Suisse à titre d’expert, et ce, non seulement pour monter des programmes universitaires, mais aussi pour former des étudiants et des enseignants. Sans compter tous les comités d’administration auxquels il siège (Leucan, Héma-Québec, etc.).

Une fois ces capsules vidéos vues par les étudiants, comment déterminer si ceux-ci sont en mesure de bien réaliser un examen clinique? «C’était ma seule limite, précise le chargé d'enseignement. Je pouvais leur faire des démonstrations, mais c'était évidemment impossible pour moi d'évaluer si chaque étudiant était en mesure de réaliser un examen clinique correctement.»

Les évaluations pratiques ont donc été annulées, mais ce n'est que partie remise: lui et sa consœur prévoient déjà des activités de rattrapage dès l’automne.

«Nous sommes tellement dans quelque chose d’exceptionnel; il faut donc savoir penser en dehors de la boîte, indique Guylaine Pepin. Somme toute, je demeure enchantée de cette gigantesque collaboration qui a eu lieu entre nous, mais aussi de voir à quel point tous nos étudiants, qui vivent une situation particulière, avaient la volonté de terminer leurs cours.»

Guylaine Pepin et Pierre Verret donnent ensemble le cours <em>Fondements en sciences biomédicales/Examen clinique</em> au DEC-BAC de la Faculté des sciences infirmières.

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