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Université Laval au coeur de nos vies

Professeure à la découverte du Nord

Grâce une équipe de recherche multidisciplinaire dirigée par Céline Vaneeckhaute, la population du Nunavik aura davantage accès à de l’eau traitée pour une utilisation quotidienne

Par : Claudine Magny
La municipalité de Kangiqsualujjuaq, au Nunavik
La municipalité de Kangiqsualujjuaq, au Nunavik

Malgré son jeune âge, cela fait des lunes que Céline Vaneeckhaute est passionnée par la protection de l’eau et de l’environnement. Dans sa Belgique natale, enfant, elle adorait les sciences et la nature. Elle avait toujours le nez dehors et aimait construire des campements, dormir en forêt avec des amis ou simplement jardiner. «J’aimais bien arriver à la maison toute sale, les mains pleines de terre, car, pour moi, ça signifiait que j’avais eu une agréable journée», dit-elle d’un rire presque enfantin.

Sa passion pour la protection de l’environnement la suivra jusqu’à l’Université de Gand, où elle entame, en 2005, des études en bio-ingénierie avec une spécialisation en technologies environnementales. «J’ai toujours souhaité faire un métier qui donnerait un sens à ma vie et qui contribuerait également à aider les autres et à protéger la planète. De plus, le fait que je m’intéressais déjà beaucoup à la protection de l’environnement, des plantes, de l’eau et de l’air et que je souhaitais faire ma part en faisant bouger les choses et en apportant des solutions a fait en sorte qu’à la maîtrise, c’est le génie environnemental qui m’a interpellée.»

Céline Vaneeckhaute a toujours eu une passion pour les sciences, la nature ainsi que la protection de l’eau et de l’environnement. 

Son projet de recherche à la maîtrise portait sur un sujet qui lui tient encore aujourd’hui beaucoup à cœur: la biométhanisation. À preuve, elle travaille présentement sur un projet important dans ce domaine avec la Ville de Québec. «Mon stage se déroulait dans une usine de biométhanisation, Eneco Belgique, spécialisée dans la production d’énergie verte (gaz et électricité). J’ai été impressionnée quand j'ai réalisé qu’on traitait des déchets pour produire des biogaz.» Au cours de sa maîtrise, la jeune étudiante, aussi passionnée de voyages, met les pieds à Québec pour étudier une session à l’Université Laval et bien entendu… pour voyager!

«Cette session avait lieu en plein hiver et j’ai eu une véritable piqûre pour le Québec. Je m’y suis fait beaucoup d’amis et j’adorais la nature québécoise et ses vastes étendues. C’est d’ailleurs ici que j’ai commencé à faire de la raquette et de la course en montagne.»

Céline Vaneeckhaute a une véritable piqûre pour le Québec, alors qu'elle vient étudier une session, à l'hiver 2009, à l'Université Laval.

À son retour en Belgique, à l'hiver 2011, elle complète ses études à la maîtrise puis amorce un doctorat en bio-ingénierie appliquée à l’Université de Gand.

Puis, elle revient parcourir le Québec, le temps d’un été, en 2012, mais avec son conjoint cette fois. «Nous sommes tombés en amour avec une jolie maison à vendre dans Charlevoix. Et la chance nous a souri: la propriétaire nous a proposé de nous la réserver pour une année. Pour mon conjoint et moi, il n’y avait pas de doute: nous souhaitions revenir au Québec pour nous y établir!» Elle envisage aussi alors de venir finaliser son doctorat, en cotutelle, à l’Université Laval.

En 2013, le couple décide de s'établir définitivement au Québec.

En mai 2013, elle s’établit au Québec avec son conjoint. Elle terminera son doctorat, mais en génie des eaux, à l’Université Laval, sous la supervision de Peter Vanrolleghem, qui, tout comme elle, est flamand, et devient enfin propriétaire de la fameuse maison charlevoisienne. Pendant ses études, elle travaille également à titre de directrice adjointe des processus de biométhanisation à la Ville de Québec. En mai 2015, elle obtient un double diplôme de doctorat.

Roadtrip au Canada et aux États-Unis

À la fin de son doctorat, la jeune diplômée décide de partir, pendant six mois, avec son conjoint, à la découverte du Canada et des États-Unis. Pendant ce long voyage, elle joint le boulot à l’agréable, en offrant, dans plusieurs villes, une série de conférences dans son domaine. «J’ai visité plusieurs usines de traitement des eaux usées et j’en ai évidemment profité pour élargir mon réseau de relations. Mes conférences, qui visaient principalement à conscientiser les gens sur l’importance de la protection de l’environnement et sur les répercussions des changements climatiques ainsi qu'à présenter mes projets en cours ou les résultats de mes recherches de doctorat, s’adressaient autant au grand public qu’à des employés d’usine.»

Une nouvelle étape de sa vie s'amorce, en 2016, alors qu'elle devient professeure au Département de génie chimique de l’Université Laval.

L’étudiante aux multiples projets devient professeure

Au cours de ce voyage, elle apprend qu’un poste de professeur est affiché au Département de génie chimique de l’Université Laval et qu’une personne spécialisée en environnement est plus précisément recherchée. Elle décroche le poste et devient professeure. «J’ai toujours adoré enseigner. Comme je le disais, j’aimerai toujours réaliser des choses qui ont un sens, qui sont utiles pour les autres, mais aussi pour moi. J’aime m'investir dans la formation des autres, puis constater leur succès. On me considère comme une personne très énergique, et j'adore l’interaction avec les étudiants, leur énergie, leurs intérêts, leur motivation. Enseigner me confère un certain sentiment d’accomplissement.» 

Depuis juillet dernier, un autre beau et grand défi doit être relevé par Céline Vaneeckhaute, puisqu'elle est devenue titulaire de la Chaire de recherche du Canada en récupération des ressources et ingénierie des bioproduits (niveau 2).

Dans la première étape du projet de recherche, la qualité des eaux usées sera caractérisée et des cibles de traitement seront spécifiées pour la municipalité de Kangiqsualujjuaq au Nunavik.

La chercheuse met le cap sur le Grand Nord

Céline Vaneeckhaute apprend, en même temps que son équipe de recherche en janvier dernier, l’heureuse nouvelle suivante: son projet «Développement d’une infrastructure municipale résiliente de traitement des eaux usées visant la réutilisation de l’eau au Nunavik» est approuvé par Sentinelle Nord.

Les cochercheurs de ce projet de recherche d’envergure sont Younès Messaddeq (physique, génie physique et optique), Caroline Huot (médecine sociale et préventive) et Marc Journeault (comptabilité dans un contexte de développement durable). Des collaborateurs tels Manuel Rodriguez (aménagement du territoire et développement régional), Stéphanie Guilherme (Université d’Ottawa) et Sidney Ribeiro (São Paulo State University) font également partie du projet. Le Centre d’études nordiques, Purolite, Bionest et BioSmart Nanotechnology en sont les partenaires.

Rappelons qu'à l'été 2015, l'Université Laval a décroché une subvention de 98 M$, soit la plus importante de son histoire, pour Sentinelle Nord. Financé par le Fonds d'excellence en recherche Apogée Canada du gouvernement fédéral, ce projet oriente les forces de l'Université Laval en recherche nordique et en optique et photonique vers des objectifs communs: mener des recherches transformatrices, concevoir et déployer de nouvelles technologies, former une nouvelle génération de chercheurs transdisciplinaires et améliorer notre compréhension de l'environnement nordique et de son influence sur l'être humain et sa santé.

«Encore une fois, c’est un projet qui a un sens. Dans ce cas-ci, il s'agit de travailler pour des régions qui ont des besoins, disons-le, urgents. Notre objectif principal est d’arriver à effectuer le traitement des eaux usées à l’aide des systèmes que nous avons développés, et ce, afin que les citoyens du Nord puissent être en mesure de réutiliser l’eau ainsi traitée pour un usage quotidien qui ne nécessite pas de l’eau potable, comme l’eau de la toilette, par exemple.»  Cette recherche aborde à la fois la problématique de l’approvisionnement durable en eau et celle de la résilience limitée des infrastructures d’assainissement dans le contexte du changement climatique. Je suis à la fois très enthousiaste et très stimulée, car il s’agira de mon tout premier projet de recherche pour le Grand Nord.»

Bien qu’elle ait plusieurs cordes à son arc, Céline Vaneeckhaute se considère comme une éternelle apprenante. La tête débordant de mille et un projets – et voyant précisément les projets qu’elle a à diriger se multiplier –, elle a décidé d’entamer, récemment, un cours en gestion (Professionnel en gestion de projets – PMP), reconnu par le Project Management Institute, question de peaufiner ses connaissances en la matière. Notre aventurière planifie aussi, en 2022, afin d'enrichir son parcours professionnel, de faire un séjour d'études et de recherche à l’Université d'Auckland, en Nouvelle-Zélande.

«Lorsque nous enseignons, oui, nous transmettons des connaissances et du savoir aux autres. Mais nous aussi, nous apprenons! Sur les différences de caractère, sur l’intelligence intellectuelle, sur l’intelligence émotionnelle aussi. Et conséquemment, nous réalisons ce sur quoi nous souhaitons, personnellement, en apprendre davantage», conclut l'énergique professeure.

Céline Vaneeckhaute adore la nature québécoise et ses vastes étendues. La voici en pleine séance de course à la montagne.

Pour voir comment la professeure Céline Vaneeckhaute améliore la vie des gens, visionnez cette vidéo consacrée à ses recherches, produite dans le cadre de la série Université Laval au cœur de nos vies.

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