Société

Le Réseau d’analyse stratégique est lancé

Deux professeurs de science politique font partie des chercheurs, collaborateurs et partenaires réunis au sein de cet incubateur de recherche bilingue sur les questions de sécurité et de défense au 21e siècle

La création du Réseau part du constat que le Canada doit s’adapter à un environnement international de plus en plus imprévisible.
La création du Réseau part du constat que le Canada doit s’adapter à un environnement international de plus en plus imprévisible.

«De mon point de vue, la création du Réseau d’analyse stratégique tombe à point nommé, soutient le professeur Jonathan Paquin, du Département de science politique. Les enjeux stratégiques se multiplient depuis quelques années pour le Canada et pour les autres pays. Les États-Unis connaissent un déclin relatif de leur puissance, celle de la Chine se manifeste particulièrement en mer de Chine méridionale. À ces nouvelles réalités s’ajoutent les cyberattaques, le terrorisme et la robotisation des équipements militaires. Le Canada, une puissance de taille moyenne, se doit de réfléchir à ces enjeux.»

Incubateur de recherche, pépinière d’idées, le nouveau Réseau d’analyse stratégique voit le jour dans le cadre du programme Mobilisation des idées nouvelles en matière de défense et de sécurité du ministère de la Défense nationale du Canada. Ce regroupement pancanadien rassemble plus de 60 chercheurs, collaborateurs et partenaires, dont l’École supérieure d’études internationales de l’Université Laval. Une subvention de 750 000$ permettra aux chercheurs de mener leurs travaux au cours des trois prochaines années.

Deux chercheurs du Département de science politique sont appelés à jouer un rôle prépondérant au sein du Réseau. La professeure Anessa Kimball sera chercheuse régulière. Jonathan Paquin, pour sa part, sera responsable de l’un des trois grands axes de recherche du Réseau, soit l’évolution du rôle des grandes puissances dans un contexte de remise en question de l’ordre mondial.

«On part d’un constat, dit-il. Le Canada doit s’adapter à un environnement international de plus en plus imprévisible caractérisé notamment par la compétition de plus en plus grande entre les grandes puissances.»

Un monde multipolaire

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le monde a été dominé par les États-Unis et l’URSS dans le cadre de la guerre froide. Celle-ci a pris fin avec l’effondrement du bloc soviétique au début des années 1990. Le monde est ensuite devenu unipolaire et dominé par les États-Unis. Depuis le début du 21e siècle, le monde est multipolaire et caractérisé par l’émergence de puissances régionales.

«Le Réseau se penchera sur l’évolution des politiques de défense de différents pays, poursuit le professeur. Nous allons nous intéresser notamment à la Chine, à la montée en puissance de ses forces militaires, à son budget militaire en pleine expansion. Quant aux Russes, nous essaierons d’anticiper leurs décisions possibles sur le nucléaire, eux qui se sont retirés d’un important traité bilatéral de désarmement nucléaire en 2019. Les chercheurs du Réseau se pencheront sur l’évolution des grandes puissances sur le plan stratégique et ce que cela veut dire pour le Canada. Comment jouera-t-il ses cartes? Traditionnellement, nous avons été systématiquement alignés sur les États-Unis. Nous aurions peut-être intérêt à diversifier notre alignement stratégique.»

Un des objectifs du Réseau consistera à rapprocher le milieu de la défense de celui de la recherche universitaire qui traite des questions de sécurité et de défense. «Des ajustements seront nécessaires, souligne Jonathan Paquin. Nous sommes habitués à analyser la réalité sous l’angle conceptuel, de faire de la recherche sur le terrain. Les militaires, eux, fonctionnent sous l’angle opérationnel.»

Dans son fonctionnement, le Réseau sera réactif aux bouleversements de l’environnement mondial. «Pour cela, explique-t-il, plusieurs chercheurs du réseau feront de la veille sur des enjeux stratégiques. En 2014, le monde entier a été pris de court lorsque la Russie a décidé d’envahir la Crimée pour ensuite l’intégrer à la Fédération de Russie. Il est donc pertinent d’avoir des équipes de chercheurs en veille stratégique qui anticipent les enjeux et qui pensent l’inimaginable. Si la Chine décidait d’envahir Hong Kong, par exemple, nos chercheurs pourraient contribuer rapidement à stimuler la réflexion sur la manière appropriée de réagir.»

Il est à noter que l’École supérieure d’études internationales de l’Université Laval fait partie du conseil scientifique du Réseau d’analyse stratégique.

Mentionnons également l’existence d’un autre réseau de recherche actif dans le même domaine, le Réseau canadien sur la défense et la sécurité (RCDS). Deux chercheurs du Département de science politique de l'Université Laval et un autre du Département de management collaborent à ce réseau par le truchement du Centre sur la sécurité internationale. Le RCDS est composé de plus de 30 institutions partenaires au Canada et à l'étranger et de plus de 100 chercheurs. Il vise à favoriser les échanges entre les chercheurs, les responsables politiques, les membres des forces armées et la société civile. Les professeurs Anessa Kimball et Jonathan Paquin ont joué un rôle central dans la création de ce réseau.

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

Demande d’information

Suivez nous!