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Ne tuez pas le goût de l'eau

L’eau potable de l’arrondissement de Beauport goûte et sent le chlore et le moisi-terreux à des niveaux variables selon la période de l’année et selon le secteur où on la boit

Par : Yvon Larose
L’arrondissement de Beauport et ses 70 000 résidents reçoivent 14 % de toute l’eau potable distribuée sur le territoire de la ville de Québec. Selon François Proulx, étudiant au doctorat en aménagement du territoire et développement régional, cette eau traitée au chlore goûte et sent le chlore à des niveaux variables sur le réseau de distribution. «On observe une variation spatiale, explique-t-il. Le goût et l’odeur s’atténuent à mesure que l’on s’éloigne du point de chloration.»

Demain, le vendredi 6 février, François Proulx sera au Musée de la civilisation de Québec à l’occasion de la 14e édition du Colloque étudiant pluridisciplinaire du Centre de recherche en aménagement et développement de l’Université Laval. Il présentera la méthodologie employée durant sa recherche doctorale, ainsi que certains résultats d’analyse descriptive. Sa recherche porte sur un suivi spatio-temporel des goûts et des odeurs dans le réseau d’eau potable de l’arrondissement de Beauport.

«L’eau potable de cet arrondissement se caractérise par un second phénomène de goût et d’odeur, le moisi-terreux, indique François Proulx. Ce phénomène saisonnier est causé par des organismes biologiques communs à toutes les sources d’eau de surface: les algues.» Selon lui, c’est l’été que l’eau goûte et sent le plus le moisi-terreux alors que la croissance des algues est à son maximum dans la source d’eau brute que constitue la rivière Montmorency. «Le chlore, précise l’étudiant, a un effet masquant sur les goûts et les odeurs, mais comme il diminue à mesure qu’on s’éloigne du point de chloration, le moisi-terreux se remarque davantage sur la fin du réseau de distribution. Comme le chlore, les molécules responsables des goûts et des odeurs de moisi-terreux sont sans effet sur la santé humaine.»

Dans le cadre de sa recherche, François Proulx a déterminé six zones sur le réseau de distribution présentant des problématiques particulières de goûts et d’odeurs. Il a aussi constitué un panel de dégustation de dix personnes à l’aide desquelles il a effectué des analyses sensorielles d’échantillons d’eau potable prélevés à différents endroits du réseau. «En premier lieu, explique-t-il, chaque échantillon a été séparé en deux sous-échantillons. Le premier, destiné aux analyses d’odeurs, a été chauffé à 45 degrés Celsius. Le second, destiné aux analyses de goût, a été maintenu à 20 degrés. Le goût, l’odeur et l’aspect en bouche, en un mot la flaveur, ont été analysés. Les analyses ont mis en lumière une variabilité spatiale et saisonnière des goûts et odeurs dans l’eau potable étudiée. Il est ressorti une corrélation significative entre ces résultats et les zones problématiques que j’avais identifiées.»

Une méfiance face au chlore
L’aqueduc de la Ville de Québec est long de quelque 2 500 kilomètres et dessert un demi-million de personnes. Neuf réseaux d’eau potable alimentent Québec. Le réseau le plus important est la rivière Saint-Charles qui alimente 230 000 citoyens. Dans les arrondissements La Cité et Sainte-Foy/Sillery, les plaintes relatives à la qualité de l’eau potable concernent principalement le goût et l’odeur de chlore. «Il existe une méfiance, dans la population, face au chlore, indique François Proulx. Les autorités gouvernementales ont beau avoir rehaussé les normes en matière d’eau potable, un nombre grandissant de citoyens tend à consommer de l’eau autre que celle du robinet. Parmi les facteurs identifiés qui influencent la perception des consommateurs se trouvent les goûts et odeurs liés à l’eau du robinet.»

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