Arts

Quand la magie opère

Invité par le Département des littératures, le grand projectionniste américain Terry Borton propose un voyage dans le temps avec son spectacle de lanterne magique

Par : Matthieu Dessureault
Un spectacle digne de l'époque victorienne. Voilà ce à quoi aura droit le public, le 10 avril, dans le somptueux décor de la salle des Promotions du Séminaire de Québec. Ancêtre du cinéma, la lanterne magique est un appareil d'optique qui permet la projection d'images peintes sur des plaques de verre. Cette soirée-là, des oeuvres originales de l'artiste Joseph Beale seront diffusées sur un écran grâce à une authentique reconstitution. Soutenu par du piano et des chants, le spectacle offrira une adaptation des récits Evangeline, A Tale of Acadie et The Song of Hiawatha, du poète Henry Longfellow. Des images rares de Québec datant de la Belle époque seront aussi présentées. «Un spectacle de lanterne magique, c'est amusant, étonnant et très participatif. Les images, à elles seules, valent le détour. Elles sont tout simplement exceptionnelles!», s'exclame Terry Borton, fondateur du mythique American Magic-Lantern Theater.

Considéré comme le dernier grand lanterniste américain, il a donné plus de 1 000 représentations à travers le monde. Son spectacle, qualifié par certains médias de «trésor national», n'a été présenté qu'à deux reprises au Québec, une fois à Montréal, au Congrès Domitor, puis à la salle d'opéra Haskell de Stanstead, en Estrie. «Il est fort probable qu'il n'y ait pas eu de spectacle de lanterne magique à Québec depuis plus de cent ans. Nous allons vivre un moment unique», promet le professeur de cinéma Jean-Pierre Sirois-Trahan.

Présenté par le Département des littératures, en collaboration avec l'organisme Antitube, cet événement est son initiative. Spécialiste du cinéma des premiers temps, le professeur a rencontré Terry Borton à Chicago en 2014, alors qu'il donnait une conférence dans un congrès. Une amitié s'est vite tissée entre les deux hommes. «Il est venu me voir après ma présentation et m'a invité chez lui, dans son musée de lanternes magiques. Sur place, il m'a lu l'histoire d'Evangeline, en me permettant de tenir dans mes mains les plaques de Joseph Beale. Son interprétation était si émouvante qu'elle m'a tiré les larmes des yeux!», se souvient Jean-Pierre Sirois-Trahan. «Evangeline est une triste et belle histoire, qui raconte la vie de deux amoureux, séparés durant la Déportation des Acadiens. Ce récit trouve une résonance particulière chez les Canadiens francophones. Il n'est pas écrit à la première personne, mais je le présente comme si j'étais l'un des protagonistes, en imitant l'accent français», explique le lanterniste, qui à l'autre bout du fil, ne se fait pas prier pour livrer quelques extraits.

Le sympathique personnage profitera de sa visite chez nous pour remettre à l'Université Laval une dizaine de dessins originaux de Joseph Beale. Ces oeuvres, qui portent sur l'histoire de la France, seront conservées précieusement dans les collections de l'établissement, qui regroupent déjà plusieurs artéfacts et objets liés au cinéma et à l'art visuel.

Le dimanche 10 avril, à 19h, à la salle des Promotions du Séminaire de Québec, située au 3, rue de la Vieille-Université. Les places sont limitées. Les billets seront mis en vente le soir de l'événement. Le spectacle sera présenté en anglais, avec un livret bilingue.

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

Demande d’information

Suivez nous!