Arts

Pour le bonheur des cinéphiles

Le FCVQ lance ses festivités avec une programmation à laquelle ont collaboré de nombreux professeurs et étudiants de l'Université Laval

Par : Matthieu Dessureault
Musique, tapis rouge, cinéma en plein air: la place D'Youville était bien animée, hier, pour l'ouverture du FCVQ.
Musique, tapis rouge, cinéma en plein air: la place D'Youville était bien animée, hier, pour l'ouverture du FCVQ.
C'est le grand rendez-vous annuel des amoureux du 7e art et on comprend pourquoi: jusqu'au 22 septembre, le meilleur du cinéma d'ici et d'ailleurs sera présenté sur les écrans du Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ). Grâce au sous-titrage réalisé par des étudiants du programme de traduction de l'Université, le public pourra voir (et surtout comprendre!) près de 30 courts-métrages et 8 longs-métrages provenant de divers pays.

Depuis 2015, le FCVQ fait appel à des étudiants du baccalauréat en traduction et de la maîtrise en traduction et terminologie pour la production des sous-titres. Chaque année, dès le mois de novembre, le professeur Louis Jolicoeur part à la recherche de stagiaires pour ce projet chronophage. «Au début, dit-il, j'avais peur de ne pas avoir assez d'étudiants, mais, maintenant, c'est le problème inverse: tous veulent faire le stage, même s'il n'est pas rémunéré. Les étudiants ont beaucoup de plaisir. Leur rémunération, c'est de voir le résultat de leur travail à l'écran, en plus d'avoir leurs noms aux génériques et d'être invités aux activités du Festival.»

Cette année encore, la quinzaine d'étudiants ayant pris part à ce projet ont été encadrés par un ancien du programme, Patrick Paré. D'un film à l'autre, ils ont dû relever moult défis. «Le sous-titrage au cinéma comprend des contraintes qui lui sont propres, notamment par rapport au niveau de langue. Souvent, les films sont réalisés dans un langage familier. Les étudiants doivent donc les traduire dans un français à la fois international et familier, ce qui n'est pas toujours facile. Pour les films réalisés dans des langues exotiques, les stagiaires travaillent à partir des scripts en anglais fournis par les maisons de production; parfois, il faut apporter des corrections, car le traducteur a fait des erreurs», relate Louis Jolicoeur.

Il n'y a pas que les étudiants en traduction qui ont apporté leur touche à la programmation du FCVQ. Le Département de littérature, théâtre et cinéma fait également partie des partenaires de l'événement. Le 22 septembre, à 15h30, dans le magnifique décor de la cathédrale Holy Trinity, il présentera l'activité «Vues d'autrefois: le cinéma au Québec et au Canada, une histoire colorée». De rares archives en couleurs datant de la première moitié du 20e siècle seront diffusées sur grand écran. Il s'agit d'une initiative de deux spécialistes du cinéma des premiers temps, Louis Pelletier, chercheur postdoctoral à l'Université de Montréal, et Jean-Pierre Sirois-Trahan, professeur à l'Université Laval. Tous deux seront sur place pour contextualiser les images.

C'est un réel voyage dans le temps qu'ils nous feront vivre. «Notre but est de restituer les conditions dans lesquelles les films étaient présentés à l'époque, indique Louis Pelletier. Toutes les archives ont été restaurées. Dans plusieurs cas, nous avons numérisé les films à partir des versions originales. Dans d'autres cas, ce sont des copies de projection d'époque qui ont été numérisées. Il ressort de ce travail une qualité d'image qui est absolument incroyable!»

On pourra voir, entre autres, ce qui est considéré comme le plus vieux film couleur québécois existant. Ces images montrent une famille en vacances dans la région de Charlevoix en 1929. Le film a été tourné avec un procédé obsolète, le Kodacolor. Pour restituer les couleurs d'origine, les chercheurs ont utilisé des pièces d'un projecteur d'époque issu de la collection François Lemai, à la Bibliothèque de l'Université Laval. «Le transfert des images a été toute une aventure! Durant la projection, je profiterai de l'occasion pour raconter cette histoire», dit Louis Pelletier.

La séance comprendra aussi d'anciennes images de la ville de Québec. Il y aura, par exemple, des extraits d'un film tourné par l'abbé Maurice Proulx à l'Exposition provinciale de Québec, ou encore des images du Carnaval, avec défilé de chars allégoriques et course de boîtes à savon dans les rues de la basse-ville. À cela s'ajoutent le film Quebec in Summertime, du cinéaste américain James A. FitzPatrick, et un documentaire animalier tourné au Nouveau-Brunswick, Tobique Secrets.

Cerise sur le sundae, une version intégrale de Hen Hop, un court-métrage d'animation de Norman McLaren datant de 1942, sera présentée. «Ce film, central dans l'histoire de l'animation, illustre une chanson incitant le public à acheter des obligations de la Victoire durant la Seconde Guerre mondiale. Sa version originale comprenait un couplet qui a été coupé par le réalisateur lorsque le film a été réédité après la guerre. Louis a retrouvé la copie intégrale perdue dans une collection privée. Cela démontre qu'il y a souvent des versions radicalement différentes d'un même film qui circulent et qui sont étudiées par les historiens. Ce qui se retrouve sur DVD n'est pas forcément la version ultime», souligne Jean-Pierre Sirois-Trahan.

La projection de ces archives sera suivie, plus tard dans la soirée, par un spectacle de lanterne magique, l'ancêtre du cinéma. Invité par l'Université, l'Américain Terry Borton offrira une reconstitution de cet art qui consiste à projeter des images peintes sur des plaques de verre. Une pianiste et chanteuse partagera la scène avec lui. «Il s'agit d'une occasion unique de voir un spectacle de lanterne magique tel que ça se faisait au 19e siècle, promet le professeur Sirois-Trahan. La reconstitution de Terry Borton est authentique. Sa famille pratique cet art depuis quatre générations. Ce sera un spectacle à la fois très beau, spectaculaire, drôle et interactif. Bref, ce sera un événement à ne pas rater!»

Plus d'information sur le FCVQ

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Ian Gailer, directeur général et artistique du FCVQ, et Olivier Bill Bilodeau, directeur de la programmation, lors du gala d'ouverture du Festival.

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