Arts

Lectures estivales

Poésie, roman, nouvelles, essai historique: voici de quoi vous sustenter durant les vacances

L’été s’accompagne souvent de moments accordés à la lecture. ULaval nouvelles en profite pour vous présenter sept ouvrages écrits par des auteurs issus de l’Université Laval.

Bonne lecture!

Nos yeux dans le bac bleu (Éditions Moult) et Aucun mot n’est tenu au miracle (Éditions du Noroît), Sylvie Nicolas

Chargée de cours en création littéraire, Sylvie Nicolas offre deux recueils de poésie publiés presque au même moment. Bien que différents dans les thèmes qu’ils explorent, Aucun mot n’est tenu au miracle et Nos yeux dans le bac bleu ont en commun une charge émotive forte et des mots qui transportent. Dans le premier ouvrage, Sylvie Nicolas se livre, tout en douceur. Dans le second, on reconnaît son style acéré, issu de sa pratique du slam.

Les deux recueils sont issus de textes entamés il y a plusieurs années sur lesquels la poète travaillait entre ses multiples projets littéraires. «Il n’était pas prévu que les deux livres sortent en même temps, mais c’est arrivé ainsi, explique Sylvie Nicolas. Aucun mot n’est tenu au miracle est mon recueil de poésie le plus intime, tandis que Nos yeux dans le bac bleu représente le coté plus résistant de ma vision du monde, mon côté grinçant.»


« Mes lèvres sont d’impasses / et de ruelles délabrées / ma langue de Saint-Laurent / et d’embruns / je suis de soleils débridés / chevauchant les horizons / de tout ce qui fouette mon sang / en même temps que se soulèvent les eaux / et que voyagent sur leur dos / les glaces au dégel »
Extrait, Nos yeux dans le bac bleu

Les crapauds sourds de Berlin (Hamac), Simon Lambert

Difficile d’interrompre sa lecture une fois qu’on a ouvert ce roman. L’histoire est celle d’un jeune homme de retour à Québec après un long voyage en Europe. Le Carnaval de Québec bat son plein et le centre-ville est chambardé par des travaux de construction. Tout en faisant des liens avec la révolution manquée de Rosa Luxembourg et l’ouvrage phare de Francis Fukuyama, La fin de l’histoire et le dernier homme, le narrateur réfléchit aux relations humaines en cette ère de consommation.

Dans le récit, la fragilité des relations fait écho à la vulnérabilité de la ville, en perpétuelle reconstruction. «L’écriture s’est cristallisée dès le départ autour d’un sentiment, celui d’habiter une ville bruyante, raconte Simon Lambert. Fouiller cette irritation a amené un constat plus large. Tranquillement, c’est la façon que nous avons d’aller les uns vers les autres qui m’est apparue incertaine, fragile. Nous savons ce qu’est l’homme, nous savons ce qu’est la femme… et nous savons ce qui doit les unir. La vérité, c’est que cette question se révèle tout à coup plus ouverte que jamais.»

Simon Lambert est diplômé en philosophie et en création littéraire. Son précédent ouvrage, La chambre, a été couronné du prix Robert-Cliche du premier roman. Il a par ailleurs représenté le Québec aux VIIIe Jeux de la Francophonie.


« Ça serait ça, peut-être, aimer: ne pas vouloir du monde tel qu’il est. »
Extrait, Les crapauds sourds de Berlin

Le tendon et l’os (Éditions de l’Hexagone), Anne-Marie Desmeules

Contrairement à ce qui est dépeint dans plusieurs ouvrages, la maternité n’est pas toujours synonyme de moments magiques. Anne-Marie Desmeules aborde ce sujet délicat dans Le tendon et l’os. Gagnant du prestigieux Prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie Poésie, ce recueil raconte la relation difficile entre une mère et son enfant. Malgré la gravité du propos, Le tendon et l’os offre une poésie accessible où l’on a l’impression de recevoir les confidences d’une nouvelle maman.

«L’écriture du Tendon et l’os a été déclenchée par un cauchemar dans lequel je maltraitais mon fils, explique Anne-Marie Desmeules. D’abord effrayée par ce que le rêve évoquait, j’ai décidé d’aller au bout du malaise et de donner la parole à cette femme qui, en moi, souffrait non seulement d’être mère, mais aussi de son incapacité à entrer en communication avec son enfant – et par le fait même, avec la part de joie et de spontanéité en elle-même. Ça a été un processus difficile, mais extrêmement libérateur.»

Anne-Marie Desmeules est étudiante au doctorat en études littéraires. Il s’agit de sa seconde publication chez l’Hexagone après Cette personne très laide qui s’endort dans mes bras. On lui doit aussi des textes dans des revues et des spectacles multidisciplinaires.


« Il n’y a pas eu de contrées parfumées / de rencontre mystique / de lumière en cascade / mais une plongée / opaque longue / asphyxiante / l’enfant a rompu les eaux / qui se sont refermées sur moi »
Extrait, Le tendon et l’os

La vie au-dehors (Boréal), Geneviève Boudreau

Vingt-huit nouvelles et autant d’univers fascinants qui se déroulent dans le milieu rural: voilà ce qu'offre Geneviève Boudreau dans ce recueil. Loin de l’image apaisante ou bucolique souvent associée à la campagne, ses histoires entraînent le lecteur dans des ambiances tantôt étranges, tantôt mélancoliques ou bouleversantes. L’isolement, la difficulté du travail à la ferme et le rapport avec les animaux font partie des thèmes explorés par l’auteure.

La vie au-dehors marque une première incursion dans l’univers de la nouvelle pour la poète. «Le recueil constitue un hommage aux anecdotes complètement inusitées qu’on m’a racontées sur le milieu agricole. Elles ont servi de point de départ à plusieurs nouvelles. Ce qui relie chaque texte, c’est toutefois un paysage, celui où se situe la ferme de ma belle-famille, qui sert de décor à La vie au-dehors. J’ai voulu rendre à la fois la grandeur et la dureté de ces lieux, de ces histoires», explique cette diplômée d’une maîtrise en études littéraires.


« Dehors, la lumière est différente et dore doucement les sapins. Les ombres étirées gagnent des tons de mauve et de bleu. On dirait qu’une fine pellicule de sable a adhéré à la surface des végétaux. »
Extrait, La vie au-dehors

Le nœud des racines (Les Écrits d’à côté), Odile Brunet

«L’un des plus beaux recueils de l’année», «une poésie d’une grande maturité», «une lecture apaisante»: chez les afficionados de poésie, les éloges pleuvent au sujet du tout premier recueil d’Odile Brunet. «Mes écrits empruntent le ton du murmure et de la confidence pour exprimer une façon personnelle d’intérioriser le monde, explique la principale intéressée. Le nœud des racines témoigne des liens qui ancrent une vie quotidienne au travail ou à la maison. Il évoque la nature et les souvenirs qui éclairent le quotidien, malgré la routine et les chocs.»

Étudiante à l’Université du 3e âge de Québec, Odile Brunet est une fidèle habituée des ateliers de poésie de Michel Pleau. Cette diplômée en communication, psychologie et administration a été lauréate du Prix Piché de poésie, qui récompense des poètes de la relève, en plus de remporter le concours Et si j’étais poète? et d’être deux fois finaliste au Prix national de poésie pour les aînés du Festival international de la poésie de Trois-Rivières.


« À la fin du jour / les heures ne comptent plus / je m’approche du ciel / je marche vers les origines / sans savoir / quel arbre choisir »
Extrait, Le nœud des racines

Georges-Henri Lévesque. Un clerc dans la modernité (Boréal), Jules Racine St-Jacques

Derrière la création de l’École des sciences sociales de l’Université Laval se cache une histoire passionnante que raconte Jules Racine St-Jacques dans Georges-Henri Lévesque. Un clerc dans la modernité. Cet essai abondamment documenté revient sur les grandes réalisations du prêtre dominicain. Il y est question, entre autres, de sa participation à la Commission royale d’enquête sur l’avancement des arts, des lettres et des sciences au Canada et de son engagement pour l’éducation en Afrique.

Auteur d'une thèse sur le sujet, Jules Racine St-Jacques livre ici une biographie qui confirme l’importance de ce religieux dans la modernisation du Québec. Son ouvrage permet de mieux comprendre les grands enjeux d’une époque effervescente de l’histoire intellectuelle, sociale et politique de la province. La préface est signée par Martin Pâquet, professeur au Département des sciences historiques.

En prime, un vidéo-poème

Médecin et poète, Jean Désy a été doublement interpellé par la pandémie. L’enseignant de la Faculté de médecine a réalisé un vidéo-poème pour rendre hommage aux travailleurs de la santé et à tous ceux qui sont engagés dans le combat contre la COVID-19. Cette œuvre, intitulée Monte avec moi, est diffusée sur Vimeo.

Université Laval

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Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

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