Arts

Hélène Dorion: de la poésie qui fait du bien

Alors que s’achève une année haute en rebondissements, les mots de Hélène Dorion apportent un peu de réconfort, de chaleur et d’espoir

Par : Matthieu Dessureault
Hélène Dorion
Hélène Dorion

Comme à son habitude, la rectrice Sophie D’Amours a profité de l’approche du congé des Fêtes pour envoyer un courriel avec un extrait de poème aux employés de l’Université Laval. Une façon originale de transmettre ses vœux, mais aussi de mettre de l’avant le talent d’auteurs d’ici.

Cette année, il s’agit d’une œuvre de Hélène Dorion, «Sans bout du monde». Ce poème est tiré d’un recueil paru en 2006, Mondes fragiles, choses frêles. «Le fait que la rectrice partage un poème chaque année, je trouve cela extraordinaire et significatif. C’est un geste qui dit quelque chose du rôle de l’enseignement et des universités où l’on essaie de voir le monde autrement. Un poème est une vision du monde transposée dans une expérience de la langue qui n’est pas toujours celle à laquelle on est habitué. Pour moi, cette initiative de la rectrice est un rappel que la réalité est une chose très vaste. Qu’elle ait choisi l’un de mes poèmes me touche énormément», admet Hélène Dorion.

«Sans bout du monde» porte sur l’espoir. En lisant ce poème, il est difficile de ne pas faire de liens avec la crise de la COVID-19 qui n'en finit plus. «Pour moi, l’écriture est une manière de dire les ombres, mais celles qui pointent vers la lumière, explique l’auteure. «Sans bout du monde» est un poème de mouvement. Il dit que ce que l’on vit nous amènera vers autre chose. Tout est impermanent. Aussi, le poème rappelle l’importance d’écouter le silence intérieur qui nous habite. La vie est en perpétuel changement, mais le premier mouvement de transformation doit se faire à l’intérieur de nous.»


« Vient le jour où la vie ressemble enfin à la vie. / Où l’ombre et la lumière jaillissent / du même instant d’éternité / que délivre l’éphémère. »
Extrait du poème

Hélène Dorion est l’une des premières diplômées du programme de maîtrise en création littéraire de l’Université Laval. En près de 40 ans, elle a bâti une œuvre imposante et maintes fois primée (notamment du prestigieux prix Athanase-David en 2019). On lui doit recueils de poésie, romans, essais et un livre pour enfants.

Comme tant d’artistes, Hélène Dorion a été frappée de plein fouet par la pandémie. Le lancement de son dernier roman, Pas même le bruit d’un fleuve, a dû être annulé, tout comme de nombreux événements littéraires auxquels elle devait participer, dont des salons du livre, des lectures publiques, des récitals et des concerts avec les Violons du Roy.

Habituée d’avoir mille et un projets, la poète a profité de cette pause forcée pour quitter Montréal et retourner chez elle, en Estrie. «J’ai voulu faire de cet arrêt un moment de réflexion. Quand arrivent de tels moments de rupture planétaire, il est important de rester dans l’inconfort en attendant le prochain pas. Après un certain temps de silence, j’ai recommencé à écrire et à travailler sur des projets en essayant de reformuler ma présence artistique dans ces circonstances particulières», dit celle qui a lancé un livre audio chez Alto et réalisé un spectacle virtuel avec l’ensemble Constantinople.

Plus que jamais, les thèmes qu’elle explore dans ses écrits – la condition humaine, la souffrance, le rapport à l’autre – ont une résonance avec l’actualité. Il suffit de penser aux aînés et aux personnes démunies, particulièrement malmenés par le virus. «Mes livres soulèvent et promènent des questions fondamentales. Qu’est-ce que la vie humaine? Que fait-on du temps qui nous est donné? Comment sommes-nous liés aux autres? Quel est notre rapport à la nature? Que veut dire connaître ou savoir dans ce monde rempli d’informations?», énumère-t-elle.

Son désir de s’attaquer à ces grandes questions remonte à l’époque de ses études à l’Université Laval au début des années 1980. Avant son certificat et sa maîtrise en création littéraire, Hélène Dorion a fait un détour par la Faculté de philosophie, le temps d’un baccalauréat. «Mes études en philosophie ont nourri mon désir de comprendre le monde dans sa globalité et de me promener dans différentes disciplines comme l’histoire, la psychologie et l’éthique. Avec ma maîtrise en création littéraire, j’ai pu écrire un livre (Hors champ) et porter une réflexion sur ma démarche littéraire. J’ai accumulé un savoir, mais j’ai surtout appris à réfléchir, à penser le monde.»

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