Arts

De marionnettiste à artiste visuel

Le chargé de cours Puma Freytag participe à une exposition en marge de la 58e Biennale d'art de Venise

<i>La Grande Confusion</i>, par Puma Freytag
Dès demain, le Palazzo Mora s'animera au rythme de la Biennale d'art de Venise, la plus grande foire d'art contemporain au monde. Six mois durant, plusieurs milliers d'aficionados convergeront vers ce bâtiment emblématique pour visiter l'exposition satellite Personal Structures. Sur l'un des murs, aux côtés de grands artistes internationaux, ils pourront découvrir sept toiles et des dessins signés Puma Freytag.

Tout près des œuvres sera affiché le blason de l'Université Laval, source de fierté pour ce nouveau venu dans le milieu de l'art visuel. «Pour moi, il était important que ce logo soit visible, indique Puma Freytag. L'Université Laval, c'est mon alma mater et c'est là que j'enseigne depuis plus de vingt ans. C'est aussi le seul établissement qui a soutenu ma démarche d'exposition en m'octroyant une bourse de perfectionnement.»

Puma Freytag est chargé de cours au Département de littérature, théâtre et cinéma, où il enseigne le théâtre et l'art de la marionnette. En France, son pays d'origine, il a été à la tête de l'Atelier de l'Arcouest, une compagnie qui a fait le tour du monde avec ses spectacles. Installé à Québec depuis qu'il a entamé son doctorat en 1996, il a tôt fait de s'impliquer à l'Université, entre autres comme chercheur au Laboratoire des nouvelles technologies de l'image, du son et de la scène (LANTISS) et président du Syndicat des chargées et chargés de cours.

«Au cours de mes nombreuses réunions professionnelles et syndicales, dit-il, j'ai toujours dessiné en marge de mes cahiers de notes. Pendant 15 ans, j'ai accumulé plus de 200 dessins desquels je trouvais qu'il se dégageait quelque chose d'intéressant. J'ai eu envie, à l'aube de la retraite, de transposer ces œuvres sur des toiles.»

À partir des croquis numérisés, l'artiste a retouché les dessins avec un logiciel, puis il les a projetés sur une toile. Par la suite, il a tracé le contour des images au crayon de plomb avant d'appliquer de l'acrylique. Ainsi est née la série Dramaturgies oniriques, qui a tapé dans l'œil de la GAA Foundation, l'organisation à but non lucratif qui gère l'exposition Personal Structures.

Chargées, les œuvres de Puma Freytag prennent la forme d'univers imaginaires où s'entremêlent plusieurs éléments narratifs. «En tant qu'homme de théâtre, c'est plus fort que moi: lorsqu'on regarde le détail, mes œuvres sont composées de plein de petites histoires et de personnages. Plusieurs lectures s'offrent au public. Tout au long du processus créatif, je tenais à garder l'aspect aléatoire ou inconscient des dessins», dit celui qui évite de trop théoriser son travail.

Joint à Venise, alors qu'il était en pleine préparation de l'exposition, l'artiste vit à fond cette expérience outre-mer. «La première fois que je suis entré dans la salle où mes toiles ont été accrochées, j'ai éprouvé un mélange de bonheur et de fierté. Cette émotion me rappelle ce que j'ai vécu dans les années 1980 quand l'Atelier de l'Arcouest a joué au Berliner Ensemble, à Berlin. Mettre le pied sur la scène où Bertolt Brecht avait joué, c'était quelque chose! Cette fois, de me retrouver au Palazzo Mora, un lieu chargé d'histoire où se déroulent plusieurs manifestations artistiques, c'est très émouvant.»

Dans les prochains jours, Puma Freytag compte bien se tenir près de ses œuvres pour observer les réactions des passants. «Ce qui est fantastique avec la Biennale, c'est que le monde entier des collectionneurs, des galeristes et des musées se retrouve à Venise! On prévoit qu'il y aura au moins 500 000 spectateurs d'ici la fin de l'exposition, le 26 novembre. Pour un artiste qui expose, c'est un peu comme se retrouver à Londres, New York ou Paris; la visibilité est extraordinaire, et qui sait ce qui peut arriver?»

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