Arts

Au cœur de la musique baroque

La Faculté de musique fait l’acquisition d’un clavecin Beaupré fabriqué à partir d’un modèle remontant au début du 18e siècle

Ce clavecin, le 166e portant la signature d’Yves Beaupré, a deux claviers totalisant 61 notes. Les compositeurs de la période baroque ont écrit de nombreuses pièces exploitant les possibilités d’un double clavier.
Ce clavecin, le 166e portant la signature d’Yves Beaupré, a deux claviers totalisant 61 notes. Les compositeurs de la période baroque ont écrit de nombreuses pièces exploitant les possibilités d’un double clavier.

Un nouvel instrument de musique s’apprête à faire son entrée au pavillon Louis-Jacques-Casault. Et cette entrée risque fort d’être remarquée, compte tenu de la beauté du nouveau venu, un clavecin neuf et de qualité exceptionnelle, entièrement fait à la main à Montréal par un facteur d’instrument renommé, Yves Beaupré, et son fils Benoît. Le plan d’un clavecin conçu en Allemagne en 1710, par un facteur de clavecins et de harpes réputé, Michael Mietke, a servi à la fabrication de l’instrument.

«C’est un instrument somptueux, soutient le professeur d’orgue, de clavecin et de musique ancienne à la Faculté de musique, Richard Paré. Son esthétique est en tout point celle des clavecins Mietke. Cela dit, l’original de 1710 n’avait probablement pas le fa dièse grave. Or, nous avons besoin de cette note parce que de nombreuses pièces du répertoire baroque l’utilisent. Nous avons demandé à Yves Beaupré de l’ajouter.»

Ce clavecin, le 166e portant la signature d’Yves Beaupré, a deux claviers totalisant 61 notes. «Ces deux claviers sont importants, affirme le professeur. Les compositeurs de la période baroque ont écrit de nombreuses pièces exploitant les possibilités d’un double clavier.»

Un clavecin a la forme d’un piano à queue, mais en plus petit et en plus fragile. C’est un instrument à cordes pincées mécaniquement. Selon les modèles, il est muni d’un ou de plusieurs claviers. Il appartient à la famille de la lutherie avec le violon, le violoncelle et le luth. «Les parois du clavecin sont minces, sinon le son ne résonnerait pas, explique Richard Paré. L’épaisseur du bois a une importance dans la qualité sonore. Et parce qu’il est moins robuste qu’un piano, il a besoin d’être accordé plus souvent.»

Yves et Benoît Beaupré ont fait un abondant usage d’essences d’arbres. En tout, huit essences ont été utilisées. Les claviers sont en ébène et les touches en tilleul, le lutrin et les moulures intérieures en noyer, la structure interne en peuplier et pin, le sommier en chêne, la table d’harmonie en épinette blanche et les chevalets en hêtre.

«Cet instrument extraordinairement expressif m’a séduit vers la fin de mes études au conservatoire, rappelle Richard Paré. Le répertoire est magnifique. Les Français ont beaucoup composé pour cet instrument, notamment Couperin et Rameau. En Allemagne, Bach a écrit des œuvres pour le clavecin toutes plus belles les unes que les autres. Des œuvres extraordinaires nous sont venues d’Angleterre. Chez les Italiens, Scarlatti a écrit 555 magnifiques sonates pour cet instrument. Autre chose qui m’a séduit: la possibilité de jouer avec d’autres instruments. On peut faire une vie pleinement remplie avec le clavecin.»

Pour la petite histoire, le professeur raconte qu’en 1719, Jean-Sébastien Bach, alors responsable de la musique à la cour d’Anhalt-Köthen en Allemagne, s’est rendu chez Michael Mietke à Berlin pour conseiller ce dernier sur des spécifications pour un nouveau clavecin pour la cour. «Cet instrument, dit-il, a vraisemblablement servi pour la première interprétation du cinquième Concerto brandebourgeois.»

L’acquisition du clavecin Beaupré est le fruit des efforts conjoints de la Faculté de musique et de La Fondation de l’Université Laval. «À titre de doyenne, explique Carmen Bernier, j’ai présenté le projet d’acquisition d’un nouveau clavecin à un généreux donateur mélomane dans le cadre d’une démarche liée au plan stratégique et au plan de développement philanthropique de la Faculté de musique.»

Selon elle, ce clavecin aura certainement un effet attracteur pour tout étudiant ou étudiante qui souhaite faire de la musique baroque. «Ce nouvel instrument, poursuit-elle, rehausse la longue tradition et la réputation enviable de la Faculté de musique en musique baroque, sous la direction du professeur Richard Paré, cofondateur des Violons du Roy.»

Carmen Bernier souligne que des professeurs de la faculté, tels Jean-François Lapointe, Hélène Guillemette, Richard Paré et ses étudiants, participent régulièrement à des prestations de musique baroque lors de classes de maître ou de concerts des Violons du Roy.

«Enfin, dit-elle, l’impact de ce don transcende l’aspect financier puisque ce nouvel instrument enrichit l’expérience étudiante et envoie à nos étudiants un message très positif en matière de reconnaissance et d’encouragement à poursuivre dans la voie qu’ils ont choisie.»

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