Arts

Architecte de la glace

L'étudiante Déborah Nadeau Roulin remporte la deuxième place du concours Architecture éphémère de l'Hôtel de glace de Québec

Par : Matthieu Dessureault
Avec sa suite, Déborah Nadeau Roulin, que l'on voit ici avec son copain Olyvier Goupil, veut immerger le visiteur dans un espace imaginaire, inspiré de l'univers du castor.
Avec sa suite, Déborah Nadeau Roulin, que l'on voit ici avec son copain Olyvier Goupil, veut immerger le visiteur dans un espace imaginaire, inspiré de l'univers du castor.
L'ambiance était festive, vendredi dernier, pour l'inauguration de l'Hôtel de glace. Feux d'artifice, animation, musique: tout avait été pensé pour faire de cet événement un succès. Les visiteurs, nombreux, ont pu découvrir le grand hall, le bar de glace, la chapelle, l'espace spas et les 44 chambres et suites thématiques. Il fallait faire la file pour entrer dans le Refuge aux castors, la pièce conçue par l'étudiante en architecture Déborah Nadeau Roulin. Son travail lui a valu le deuxième prix du concours Architecture éphémère, en plus de récolter quelque 650 «j'aime» sur la page Facebook de l'Hôtel de glace.

Depuis onze ans, ce concours permet aux étudiants des écoles d'architecture et de design d'universités québécoises d'imaginer une suite de neige et de glace. Les projets sont évalués selon leur originalité, leur faisabilité, leur concept et leur côté innovateur. Le thème, cette année, était les rivières. Les trois projets finalistes, choisis parmi plus de trente propositions, ont eu le privilège d'être réalisés par les artisans de l'Hôtel.

Ayant travaillé pendant plus de deux semaines pour créer son concept, Déborah Nadeau Roulin n'est pas peu fière du résultat final. «Pour les étudiants, c'est très rare d'avoir la chance de voir leur projet ainsi réalisé. C'est pourquoi j'ai participé au concours Architecture éphémère. Par rapport à d'autres concours en architecture, celui-ci est très concret. Il tombe à point dans mes études, au moment où je commence à explorer des choses plus concrètes», explique celle qui entame sa deuxième session de maîtrise.

Véritable œuvre d'art réalisée à même la glace et la neige, sa chambre est inspirée de l'univers du castor. Des troncs d'arbres, que l'on devine avoir été rongés par le mammifère, ont été placés autour du lit, formant une hutte. Mise en lumière par un bel éclairage, cette structure agit comme une sorte de cabane protectrice. «J'ai voulu créer dans la chambre un sous-espace architectural, qui représente un lieu paisible et rassurant, alors que le reste de la pièce reproduit le flot d'une rivière. Il y a donc deux ambiances différentes dans la même chambre», souligne la future architecte.

Près du lit, un petit castor sculpté dans la neige semble vouloir accueillir les visiteurs. Le choix de cet animal, emblème officiel du Canada, ne relève pas du hasard. «L'Hôtel de glace est un bon prétexte pour faire découvrir notre culture. Je voulais figurer quelque chose qui soit à la fois emblématique et intéressant pour les enfants. Aussi, le castor représente un élément concret lié au thème de la rivière, contrairement à d'autres concepts plus abstraits, tournés vers la forme ou le mouvement.»
Le président-directeur général de l'Hôtel, Jacques Desbois, a été agréablement surpris de la proposition de Déborah Nadeau Roulin. «La facture de son concept nous a séduits dès que nous avons vu sa planche de rendu. L'intervention dans l'espace, avec ce dôme en 3D représentant un enchevêtrement de morceaux de bois taillés par des castors, représentait un beau défi de réalisation pour nos sculpteurs», dit-il.

Il qualifie la construction de l'Hôtel de «parcours épique», faisant allusion au temps doux qui a compliqué les travaux. Les artisans ont dû travailler sans relâche afin que le bâtiment soit prêt à temps pour l'ouverture. Fait particulier, une entente a été conclue avec l'Université afin d'utiliser de la neige fabriquée par la forêt Montmorency. Plusieurs transports de neige par semi-remorque ont ainsi permis à l'Hôtel de voir le jour. «Au moins 30% de l'Hôtel a été érigé avec de la neige produite à la forêt Montmorency. Ce fut une collaboration essentielle et déterminante», se réjouit Jacques Desbois.

L'Hôtel de glace est ouvert au public jusqu'au 28 mars. Pour plus d'information: www.hoteldeglace-canada.com.







«La cabane protectrice permet un arrêt rassurant dans le mouvement extérieur. C'est un lieu de repos dans le courant effréné de la rivière, une pause dans le flot d'évènements de nos vies. En effet, la hutte des rongeurs est englobante et confère à l'espace du lit un sentiment de protection et une chaleur rappelant nos intérieurs rassurants», explique l'étudiante sur sa planche de rendu.






Le Refuge aux castors arbore plusieurs éléments en lien avec le petit rongeur, dont un tronc d'arbre taillé permettant de s'y asseoir.







Environ 1000 personnes s'étaient déplacées pour la soirée inaugurale. Elles ont pu découvrir le hall d'entrée, le bar de glace, la chapelle, l'espace spas, la glissade intérieure et les nombreuses chambres et suites thématiques.



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