
Le 1er juillet, Gary Kobinger deviendra officiellement professeur à la Faculté de médecine et directeur du Centre de recherche en infectiologie de l'Université Laval.
— Louise Leblanc
Gary Kobinger a obtenu son baccalauréat en microbiologie à la Faculté des sciences et de génie en 1993. Après des études supérieures à l'Université de Montréal et à l'Université de la Pennsylvanie, il devient chercheur au Laboratoire national de microbiologie. Ses travaux sur les pathogènes ont conduit à la publication de 120 articles scientifiques, dont 81 au cours des 5 dernières années. Il est également détenteur de 9 brevets d'invention. Mais ce sont surtout ses travaux sur le virus Ebola qui l'ont révélé au grand public et qui lui ont valu le titre de Scientifique de l'année 2015 de Radio-Canada.
Le professeur Kobinger a participé à l'effort international pour juguler l'épidémie de fièvre hémorragique causée par le virus Ebola, qui a frappé l'Afrique de l'Ouest entre 2013 et 2015. Le chercheur s'est rendu sur le terrain pour étudier la souche très virulente qui ravageait des villages entiers et qui a fait plus de 11 000 victimes. Ses travaux et ceux de scientifiques américains ont conduit à la mise au point d'un traitement et d'un vaccin, qui ont été utilisés pour la première fois en 2014. Une étude évaluant leur efficacité paraîtra sous peu.
L'expérience que Gary Kobinger a acquise au cours de ces tragiques événements l'a convaincu que le temps de réaction était d'une importance primordiale dans l'issue de telles épidémies. À titre de directeur du CRI, il entend poursuivre la mise sur pied d'une plateforme d'intervention, incluant des outils diagnostiques, des traitements et des vaccins, qui permettrait de répondre plus rapidement et plus efficacement à de nouvelles flambées de pathogènes, qu'il s'agisse du virus Ebola ou d'autres microorganismes infectieux comme le virus Zika. Ce pathogène est connu depuis 60 ans, mais ce n'est qu'au cours des derniers mois qu'il a été associé à plusieurs milliers de cas de microcéphalie au Brésil, a rappelé le chercheur.
Les maladies infectieuses sont responsables de 26% des décès à travers le monde et l'accroissement des déplacements internationaux fait en sorte que les pathogènes constituent maintenant un problème planétaire, constate le professeur Kobinger. «Le genre de plateforme que j'envisage pour mieux répondre aux prochaines épidémies ne se bâtit pas en deux semaines. Il faut donc se préparer dès maintenant.»
Le professeur Kobinger se joint à une faculté très active en recherche. L'année dernière, 325 professeurs de la Faculté de médecine ont obtenu 122 M$ en subventions, bourses et contrats de recherche. Ces chercheurs encadrent quelque 775 étudiants-chercheurs et 150 stagiaires postdoctoraux. Signe de cette effervescence, plus de 700 personnes ont participé aux Journées de la recherche en santé, un record depuis la mise sur pied de cette rencontre annuelle de la communauté de la recherche de la Faculté de médecine.


























