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Un après-midi jazzé

La Faculté de musique a accueilli Oliver Jones, véritable légende vivante du jazz, pour une classe de maître qui s'est avérée un franc succès

Par : Matthieu Dessureault
On lui avait donné carte blanche, le 23 octobre dernier, pour donner une représentation à la salle Henri-Gagnon, bondée pour l'occasion. C'est avec simplicité et une touche d'humour que le pianiste natif d'un quartier modeste de Montréal a parlé de son ascension dans le monde du jazz: «Je n'aurais pas imaginé faire carrière dans la musique. Mon père voulait que je sois comptable. Mais j'avais d'autres idées. J'étais le mouton blanc de la famille!»

Oliver Jones a donné son premier concert à l'âge de cinq ans. Propulsé par son voisin d'enfance, le renommé Oscar Peterson, il a tôt fait de se produire aux quatre coins de la planète. Il a enregistré des oeuvres avec certains des plus grands noms du jazz et a reçu maintes récompenses. Il a été nommé, entre autres, officier de l'Ordre du Canada, chevalier de l'Ordre national du Québec et citoyen honoraire par la Ville de Montréal.

Mais le célèbre pianiste et conférencier de réputation internationale ne s'est pas contenté de raconter son histoire, déjà bien connue des aficionados de jazz. Il a joué quelques pièces, dont une adaptation fort émouvante de When Summer Comes, accueillie à grand renfort d'applaudissements. Puis, il a invité des étudiants en musique à venir le rejoindre sur scène, à tour de rôle, pour jouer un morceau. Calme et attentif, le mentor leur a donné de judicieux conseils. «Faire du jazz, ce n'est pas jouer le plus de notes possible dans un temps record. Le jazz est avant tout une question de feeling!», a-t-il dit à l'un d'entre eux.

Accompagné d'un contrebassiste et d'une saxophoniste, l'étudiant à la maîtrise Jean-François Aubin a interprété la pièce Blues in the Closet. La prestation a visiblement ravi Oliver Jones, qui a demandé à l'étudiant s'il voulait jouer une autre pièce avec lui. Surpris, celui-ci a choisi une oeuvre d'Oscar Peterson. «Je ne m'attendais pas à ce qu'il me demande de faire une deuxième pièce, et encore moins qu'il la joue avec moi! J'ai apprécié cet échange. On aurait dit que j'étais moins stressé de jouer avec lui que devant lui», a-t-il confié, peu après sa rencontre.

Le musicien et professeur de piano Rafael Zaldivar est celui qu'il faut remercier pour ce beau moment. Ayant lui-même partagé la scène à quelques reprises avec Oliver Jones, il a fait appel à différents partenaires, dont le Cégep de Sainte-Foy, pour concrétiser ce projet de classe de maître. Un simple coup de fil a suffi à convaincre Oliver Jones. «Il croit beaucoup en la nouvelle génération d'artistes qui se développent dans des établissements comme l'Université Laval. C'est pourquoi il n'a pas hésité avant d'accepter», relate le professeur, qui l'a connu à l'époque de ses études à l'Université McGill.

Julian Gutierrez, étudiant en deuxième année de doctorat, était aux anges après la classe de maître. «Je l'avais vu jouer souvent sur YouTube, mais jamais en vrai! De le rencontrer, lui serrer la main et finalement recevoir ses félicitations, ça m'encourage à continuer à pratiquer afin de m'améliorer.»

Il faut dire que cet étudiant d'origine cubaine est déjà sur la bonne voie. Jouant du piano depuis plus de vingt ans, il fait de la salsa au sein de la formation Habana Café, dont l'album Mi Camino était en lice au dernier gala de l'ADISQ. Dès qu'il obtiendra son diplôme, il compte enseigner et former un quartette de jazz. Nul doute que sa rencontre avec le grand Oliver Jones fera partie des moments marquants de sa carrière!

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