Société

Mères après mûre réflexion

Avoir un enfant après 35 ans a plus de conséquences positives que négatives, affirme Réjean Tessier, professeur à l’École de psychologie

Par : Renée Larochelle
Nathalie a 39 ans et vient tout juste d’accoucher d’une belle petite fille. Elle qui avait fait en quelque sorte une croix sur la maternité a rencontré son conjoint actuel il y a deux ans. La décision d’avoir un enfant avec cet homme à ses yeux idéal n’a pas été difficile à prendre, d’autant plus que la marge de manœuvre pour avoir un bébé diminuait d’année en année. Comblée dans sa vie professionnelle, ayant beaucoup voyagé, Nathalie se dit qu’elle a tout pour elle dans cette nouvelle vie qui commence. Au Québec et au Canada, de plus en plus de femmes décident d’ailleurs de retarder le moment où elles auront un enfant. Celles qui vivent en couple depuis longtemps et qui sautent le pas de la maternité ne le font pas non plus les yeux fermés et ont souvent longuement mûri leur décision.

L’âge de raison
Avoir un enfant après 35 ans comporte beaucoup d’avantages pour la femme, affirme Réjean Tessier, professeur à l’École de psychologie, qui participait récemment à une causerie portant sur les mères matures. «Généralement, dit-il, elle a eu le temps de se connaître et de se réaliser pleinement professionnellement, soutient Réjean Tessier. Elle sait que ce qu’elle veut vraiment dans la vie. Et puis, 40 ans, c’est l’âge de raison et des grandes décisions, celui où nos priorités sont bien établies. Sans compter qu’on a plus de patience et qu’on est souvent en meilleure situation financière qu’à 20 ans.»

Cela dit, la maternité à un âge avancé présente des risques de complications physiologiques plus élevées pour le bébé à naître, dont la prématurité et les anomalies génétiques. Dans la majorité des cas toutefois, la future mère fait l’objet d’un suivi prénatal très serré. Par ailleurs, selon une récente étude effectuée par Statistiques Canada, les bébés nés de mères âgées de 35 ans et plus sont en aussi bonne santé que ceux nés de mères plus jeunes. Que ce soit au plan moteur ou intellectuel, ils connaissent un développement identique. En somme, ils disent leurs premiers mots et font leurs premiers pas en même temps.

Comme tout n’est pas rose dans la vie, il peut arriver que les nouvelles mamans aient une surcharge de travail parce qu’elles doivent s’occuper à la fois de leur jeune enfant et de leurs parents âgés en perte d’autonomie, par exemple. Passé un certain âge, les grands-parents, sur qui on peut compter lorsqu’on a des enfants de façon plus précoce, ne peuvent plus donner un coup de main. Ajouté au fait qu’on a moins d’énergie qu’à 25 ou 30 ans pour s’occuper de sa progéniture, il y a risque de fatigue à l’horizon. Malgré tout, conclut Réjean Tessier, la maternité après 35 ans est associée à des conséquences plus positives que négatives. Et pour la mère, et pour l’enfant.



         

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