Société

Facebook: la grande famille retrouvée

La popularité de Facebook va de pair avec le besoin d’appartenir à un réseau social, même sur Internet

Par : Renée Larochelle
Avec près de 65 millions d’utilisateurs dans le monde et une moyenne de 250 000 nouveaux inscrits par jour, Facebook s’avère le phénomène de l’heure dans le monde des échanges virtuels. Créée en 2004 par un étudiant de l’Université Harvard, et réservée jusqu’en septembre 2006 aux étudiants de cette université, cette nouvelle façon de nouer des liens est en passe de conquérir toute la planète, supplantant tout ce qui existait avant, comme les réseaux de rencontres amoureuses si populaires au début des années 2000. Combien de temps durera l’engouement pour Facebook avant qu’il ne soit remplacé par un mode de socialisation encore plus branché sur les préoccupations de ses adeptes? C’est la question qu’a posée Madeleine Pastinelli, professeure au Département de sociologie, lors d’une conférence prononcée le 22 février intitulée «MySpace, Facebook: comment évoluent nos liens sociaux?»
   
Pensez à une carte d’identité très détaillée sur laquelle figurent votre photo, vos noms et numéros de téléphone, le nom de votre employeur, les noms de vos amis ainsi que des commentaires vous concernant, et vous aurez une idée de ce à quoi ressemble Facebook. «Essentiellement, on s’y applique à renouveler ou à approfondir des liens déjà existants, que ce soit avec des connaissances ou d’anciens camarades de classe, explique Madeleine Pastinelli. C’est un espace ludique où on se permet de faire des choses qu’on ne se permettrait pas de faire en personne, comme envoyer des photos de son dernier voyage à ses voisins, par exemple.» Facebook permet aussi toutes sortes d’interactions entre ses utilisateurs: par exemple, on peut jouer à différents jeux vidéo, tester ses connaissances en groupe ou se mesurer avec des amis à toutes sortes de quiz. En somme, les possibilités d’interaction sont multiples.

Parler pour parler
«La différence entre Facebook et les réseaux de rencontres tient dans l’importance du réseau social, souligne l’ethnologue. On y échange avec des amis, quand ce n’est pas avec les amis de ses amis, et très peu avec de parfaits inconnus. Si d'aventure on souhaite rencontrer quelqu’un, on peut toujours compter sur un tiers pour connaître son opinion sur la personne dont on veut faire la connaissance, par exemple en lisant les commentaires écrits à son sujet, chose impossible avec la formule des réseaux de rencontres où les contacts sont très hermétiques.» Se présentant sous un pseudonyme, l’individu qui s'inscrit dans un réseau de rencontres est ainsi invité à se décrire, réduit par la force des choses à une image (yeux bleus, cheveux noirs, teint foncé, etc.) et à quelques traits de caractère (serein, mordant dans la vie ou amateur de plein air). Avec le résultat que la déception est souvent au rendez-vous lors de la rencontre en chair et en os entre les deux correspondants. D’ailleurs, les internautes finissent par délaisser ce mode de socialisation, généralement au bout de deux ou trois ans.
    
«Facebook met l’accent sur le réseau social et c’est cette communauté d’ententes qui fait sa force, de la même façon que les premières discussions relayées par Internet (IRC) mettaient l’accent sur le potinage dans les années 1990, dit Madeleine Pastinelli. En fait, l’impossibilité de potiner, pourrait-on dire, a beaucoup nui aux réseaux de rencontres. La présence d’une communauté en ligne comme Facebook s’apparente à la famille retrouvée.»
   
Plus ancien que Facebook, MySpace a été conçu pour permettre aux internautes de s’afficher par l’entremise d’un profil et de développer des liens entre eux. Moins convivial que Facebook, le site a surtout connu du succès auprès des artistes en arts visuels et en musique. Il demeure aujourd’hui un espace important de promotion et de découverte musicale pour de jeunes artistes.

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