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Pour résoudre le casse-tête des sphaignes

Gilles Ayotte et Line Rochefort publient un ouvrage qui facilitera l'identification de ces déroutantes espèces

Par : Jean Hamann
<i>Sphagnum medium</i> est l'une des 60 espèces retrouvées dans les tourbières et les autres milieux humides de l'Est canadien.
<i>Sphagnum medium</i> est l'une des 60 espèces retrouvées dans les tourbières et les autres milieux humides de l'Est canadien.
Les sphaignes sont ces petites plantes qui forment le tapis dense et spongieux recouvrant le sol des tourbières. Pour le néophyte qui ignore qu'il en existe 60 espèces dans l'Est canadien, ces plantes se ressemblent toutes. Pour le scientifique au fait de la diversité de ce groupe végétal, ces plantes se ressemblent trop.

Les botanistes, écologistes, ingénieurs forestiers ou géographes qui, dans le cadre de leur travail, sont appelés à identifier des sphaignes disposent maintenant d'un outil pour les aider à accoler un nom sur ces déroutantes espèces. Au terme de plus de 10 ans de travail, Gilles Ayotte et Line Rochefort, du Département de phytologie, viennent de faire paraître Les sphaignes de l'Est du Canada chez Les Éditions JFD.

Les deux auteurs en connaissent un bout sur les sphaignes. À titre de responsable de travaux pratiques et de recherche, Gilles Ayotte s'intéresse à ces plantes depuis le début des années 1980. Passionné de photographie, il a constitué, au fil des ans, une banque de 10 000 images sur ce groupe végétal. Ses photos servent d'ailleurs à illustrer la clé d'identification visuelle qui est au cœur de l'ouvrage.

De son côté, Line Rochefort s'intéresse aux sphaignes depuis ses années de baccalauréat à l'Université Laval. Au début des années 1980, pendant quatre étés, elle a étudié les tourbières de la toundra québécoise au sein d'une équipe du Centre d'études nordiques. Embauchée comme professeure à l'Université Laval en 1992, elle met sur pied le Groupe de recherche en écologie des tourbières. En 2003, elle devient titulaire d'une chaire industrielle de recherche sur les tourbières qui se démarque par ses travaux sur la restauration de ces milieux après l'extraction de la tourbe.

L'idée de publier un ouvrage servant à faciliter l'identification des sphaignes remonte à 2005. Quelques mois auparavant, la professeure Rochefort avait obtenu le prix Synergie du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada pour ses travaux menés en partenariat avec l'industrie canadienne de la tourbe. Grâce à la bourse rattachée à ce prix, elle entreprend la production d'un atlas de cartes de répartition des sphaignes de l'Est canadien. En cours de route, le projet évolue et on décide d'ajouter à l'ouvrage une clé d'identification visuelle conçue et peaufinée dans les cours Écologie des tourbières boréales et Taxonomie et méthode d'échantillonnage en tourbière, offerts à l'Université Laval. Le résultat est un ouvrage technique abondamment illustré de 270 pages réunissant une clé d'identification et des cartes de répartition.

Les auteurs précisent d'emblée que leur livre n'est pas une flore et que les lecteurs devront se référer à d'autres ouvrages pour avoir une description botanique détaillée de chaque espèce. Par contre, ceux qui ont besoin d'un outil pour résoudre le casse-tête que constitue l'identification des sphaignes y trouveront leur compte.

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