Arts

Ravissements numériques

Le 20e Mois Multi sera l'occasion de découvrir l'univers créatif de nombreuses artistes issues de l'École d'art de l'Université Laval

Delphine Hébert-Marcoux, étudiante à la maîtrise en arts visuels, conçoit des dispositifs audio, vidéo, mobiles et automatisés. Elle présentera l'œuvre <i>À partir du mur</i> dans l'exposition <i>double/doubles</i>.
C'est sur le thème «Résistances et ravissements» que se déroulera le prochain grand rendez-vous des arts multidisciplinaires et électroniques. Du 24 janvier au 3 mars, une soixantaine d'artistes présenteront leur création un peu partout dans la ville. Étoffée, la programmation fait la part belle aux installations interactives, aux performances scéniques, aux expérimentations sonores et visuelles, à la musique électronique, aux expériences virtuelles, aux jeux vidéo et aux spectacles pour enfants.

Afin de souligner le 20e anniversaire du festival, la commissaire responsable des installations, Jeanne Couture, a fait appel à Pascale LeBlanc Lavigne, Fred Lebrasseur et Mathieu Fecteau pour créer un projet collectif intitulé Infiltrations. Ces trois artistes ont eu comme mandat de revisiter les espaces du complexe Méduse. Résultat: une quinzaine de sculptures et de machines bricolées seront installées ici et là dans les aires de circulation de l'établissement. «Nous préparons plusieurs œuvres qui s'imposeront ou s'infiltreront dans le lieu. On vise la quantité plutôt que la qualité! Il n'y aura pas d'œuvres monumentales, mais bien plusieurs petits projets réalisés sur place», explique Pascale LeBlanc Lavigne, étudiante à la maîtrise en arts visuels.

Entre autres, il y aura une machine à barbe à papa réinventée dans la cage d'escalier reliant le rez-de-chaussée aux quatre étages du bâtiment. Le sucre et les ingrédients seront versés dans un entonnoir disposé tout en haut et rejoindront le réceptacle de l'appareil grâce à un système de tuyauterie. Les visiteurs pourront donc se procurer un bâtonnet de la délicieuse friandise tout en poursuivant leur exploration du complexe Méduse. Les artistes prévoient aussi investir les bureaux de Recto-Verso, l'organisme derrière le Mois Multi, et la petite galerie de l'Œil de Poisson, où l'on pourra observer toutes les sculptures grâce à des écrans reliés à des caméras.

Pour l'étudiante, c'est un réel bonheur de prendre part à cette résidence de création. «Le Mois Multi est un événement d'envergure; je ne pensais pas y participer de sitôt. Je suis très contente que l'on ait fait appel à moi et que cette première expérience de diffusion se fasse dans un contexte de cocréation, ce qui enlève un peu de pression», admet-elle.

Autre projet collectif à mettre à l'agenda: l'exposition double/doubles sera présentée dans un local commercial abandonné sis au 644, rue Saint-Joseph Est. Du 26 janvier au 10 février, on y trouvera les œuvres de Carol-Ann Belzil-Normand, Sarah Booth, Delphine Egesborg, Marie-Soleil Fortier, Delphine Hébert-Marcoux et Nathalie LeBlanc, toutes étudiantes ou diplômées de l'École d'art.

Cette activité satellite du Mois Multi a été initiée par Charlotte Boisvert-Simard, étudiante à la maîtrise en histoire de l'art, et Delphine Egesborg, diplômée d'un baccalauréat en arts visuels et médiatiques. Leur but: mettre en lumière la relève en arts numériques de la ville de Québec tout en tissant des liens entre leurs pratiques. «Nous voulions travailler avec des artistes dont les intérêts s'inscrivent dans les préoccupations du Mois Multi, mais étions ouvertes à repenser les arts multidisciplinaires et électroniques. En d'autres mots, nous nous sommes autorisées à envisager les arts numériques dans une vision élargie et étions bien à l'aise d'intégrer diverses approches qui excèdent les limites habituelles de cette catégorie», dit Charlotte Boisvert-Simard.

Les artistes qui ont été choisies travaillent autant avec l'animation que l'art sonore, la photographie, la sculpture, la vidéo et le dessin. Elles proposent ici un parcours d'œuvres colorées, contemplatives et immersives ayant comme fil conducteur la question du dédoublement. «Certaines artistes emploient des dispositifs in situ qui mettent en scène miroirs, séquences filmées en direct et diffusions sonores. Ces interventions soulèvent, grossissent et multiplient des particularités d'un espace architectural. D'autres œuvres opèrent quant à elles une traduction d'un langage vers un autre, une transformation impliquant création et perte d'information. Ces doubles imparfaits traduisent alors une vision légèrement décalée, celle d'un monde où plusieurs points de vue se superposent», souligne Charlotte Boisvert-Simard.

mois-multi montage

Dummy Interface, de Nathalie LeBlanc, et Sans titre (Les mains), de Delphine Egesborg



En plus de ces deux expositions, le Mois Multi propose son lot de spectacles et de performances, entre autres avec le Théâtre Rude Ingénierie. Ce collectif, formé d'anciens étudiants en théâtre, présentera Alice bricolé, un spectacle destiné au jeune public. Le directeur de l'École d'art, Georges Azzaria, fait aussi partie des artistes du Mois Multi. Avec quatorze autres musiciens, il participera à un spectacle dirigé par Fred Lebrasseur, L'Ensemble inachevé. Ça se passera le 31 janvier, à 20 h 30, à la salle Multi.

moismulti.org

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

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