Arts

La création littéraire étudiante à son meilleur

Le 58e numéro de L’écrit primal, la revue du Cercle d’écriture de l’Université Laval, est lancé sous le thème «Nos carnavals dorment seulement le jour»

Par : Matthieu Dessureault

«Saucissonnée, je suis ficelée jusqu’à mon tour de tête. Même mes couettes de cheveux sont retenues par des lacets dans cet enchevêtrement. […] Je suis un animal bizarre et désorienté. Les cordes tendues jusqu’aux extrémités de ma cage en poutres de bois.»

Voici un extrait de La belle de foire. Ce texte a été sacré le plus original par le comité de lecture du Cercle d’écriture de l’Université Laval (CEULa). L’auteure, Cassia Narbonne, nous plonge dans un univers éclaté aux accents burlesques. «La belle de foire porte sur la prédation, au sens propre comme au sens figuré, et sur la captivation, en passant par une certaine forme de séduction et d'enivrement, explique-t-elle. Si possible, j'aimerais susciter une curiosité, une intrigue, voire un certain vertige. Que le lectorat se sente happé et puisse se mettre à la fois en situation d'observation et d'empathie face au personnage.»

Pour son 58e numéro, L’écrit primal met à l’honneur 10 textes étudiants. On y trouve aussi le poème d’une ancienne du CEULa, Virginie DeChamplain, ainsi que de magnifiques illustrations de Maxime McKenzie. «Cette année, nous avons reçu une quarantaine de propositions de textes, ce qui est un record, se réjouit Geneviève Dufour, directrice littéraire de L’écrit primal. Le thème que nous avions choisi, “Nos carnavals dorment seulement le jour”, comprenait à la fois un aspect festif et un côté plus sombre pouvant créer beaucoup de possibilités de textes.»

L’écrit primal est une tradition bien ancrée à l’Université Laval. La revue, qui paraît deux fois l’an, a vu le jour en 1986, soit un an après la création du CEULa par Stanley Péan. Depuis, des centaines d’écrivains ont fait leurs premières armes dans ses pages. L’écrit primal se veut un reflet de la diversité de la création littéraire étudiante. Tous les genres s’y côtoient. «Pour plusieurs, la revue du CEULa est une première étape vers la professionnalisation de la pratique, indique Geneviève Dufour. Les lecteurs, de leur côté, peuvent découvrir de nouveaux noms. Des gens reconnus dans le milieu de l’édition sont de fidèles lecteurs. Pour des auteurs émergents, c’est très intéressant.»

Nul besoin d’étudier en littérature ou en création littéraire pour proposer un texte. De plus, quiconque ayant un intérêt pour la lecture peut faire partie du comité chargé de choisir les œuvres. «Même si l’initiative est très populaire auprès des étudiants en littérature, l’appel de textes est ouvert à tous, précise Geneviève Dufour. On essaie le plus possible de pousser les étudiants des autres facultés et même des autres universités à participer. C’est ce qui fait la richesse de L’écrit primal

Habituellement, chaque numéro fait l’objet d’une activité de lancement. Avec la pandémie, le CEULa a dû revoir sa formule et se tourner vers Internet. Sur la page Facebook de l’association, des capsules vidéos dans lesquelles des auteurs livrent des extraits de leur texte sont diffusées. D’autres actions de communication sont à prévoir dans les prochains jours.

On peut se procurer ce 58e numéro au café Saint-Suave, dans le quartier Saint-Sauveur, ou encore en écrivant au CEULa. La livraison gratuite à domicile est possible pour ceux qui demeurent à Québec.

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